Covid-19 : nous avons vécu un moment extra-ordinaire !

1°)- Brigitte Pascall : Je reposte un article rédigé pendant le confinement, mais qui tire un bilan lucide sur ce moment "extra-ordinaire" qu'ont été ces 55 jours. Et qu'on ne peut pas réduite à la fermeture des bars et restaurants, comme le prétendent les médias aux ordres...!

2°)-Thierry Pastor : Oui Brigitte. Tu pointes ici un aspect collatéral, qui ne l'est pas en réalité puisque c'était aussi l'un des buts recherchés, qu'est la sédentarité. En tant qu'"addict" au sport, j'ai difficilement vécu ce manque d'activité physique durant ces longues ces longues semaines de confinement.

Ce confinement a été en réalité un test psychosocial : casser, réduire à quia la société française, voilà ce que le fasciste Macron et ses sicaires, aux ordres de Rothschild et d'Attali ont comme objectif.

Cette opération a été un succès : nous venons d'entrer de plain pied dans le Nouvel Ordre Mondial...…Voir plus

3°)-Brigitte Pascall : Malheureusement, il y a du vrai dans ton analyse. Voilà pourquoi j'ai posté un second article, sur la soumission ou la révolte engendrées par le confinement.

Je pense que les choses sont plus nuancées : la contestation a continué sur les réseaux sociaux : elle est plus forte que jamais. Contrairement à toi, je ne crois pas qu'il s'agisse d'un succès total du Nouvel Ordre Mondial....!

4°)-Dominique Pastor : Là dessus, je préférerais avoir tort...

5°)- Article rédigé le mai 2020 :

Nous sommes en train de vivre un moment extra-ordinaire avec l'épreuve inhumaine qu'a été le confinement, pour des millions de femmes et d'hommes français. Chaque individu a une double aspiration : "être soi", "être avec",  cf  l'ouvrage de Jacques Généreux  : "La Dissociété", édition du Seuil, 2006. Avec le confinement, la Macronie a saboté consciemment l'aspiration à "être avec" : histoire de faire des individus diminués, fragilisés, très mal dans leur tête, incapables de se révolter, parce que incapables de se regrouper.

Jamais le sentiment de méfiance vis à vis des autres individus n'a été aussi fort : les habitants de Mulhouse, où il y a eu ce célèbre rassemblement religieux ont reçu des menaces de mort : aucun sentiment d'empathie et d'entraide de la part des autres français.

Nous  avons atteint ce que Jacques Généreux appellent le totalitarisme : voilà ce qu'il écrit dans la Dissociété : "On ne peut en dire autant d'un régime totalitaire, car ce dernier ne tolère ni l'autonomie personnelle, ni les liens sociaux qui constitueraient une société. Le totalitarisme tend en réalité à abolir simultanément l'individu et la société. La domination totale ne s'accommode ni de la survie d'une quelconque forme de solidarité collective, ni d'une quelconque activité privée. L'ouvrage de David Riesmann, "La foule solitaire"  parvient à une conclusion identique : "les extra-déterminés" que sont les êtres humains aujourd'hui ont intériorisé dès l'enfance leur source d'influence sur leurs contemporains et leur sentiment de dépendance. Ils ont appris à réagir aux signaux d'un cercle de personnes beaucoup plus vaste que celui de leurs propres parents" (sic). Il en résulte une forte dépendance à autrui, vécu y compris par  l'individualiste conquérant.

Avec l'épreuve du confinement, qui fort heureusement s'achève, la Macronie a osé tenter sur nous la folle expérience de l'isolement de chaque femme et homme résidant en France, afin de détruire nos communautés de socialisation et de révolte : Gilets jaunes, manifestants anti réforme des retraites, partis politiques de la gauche critique pour ne citer qu'eux. Résultat : les critiques formulées contre Macron, ne pouvant se manifester dans la rue, ont donné lieu à 61 contentieux devant les tribunaux, ce qui à mon modeste avis est une mauvaise solution. De tout temps, l'Histoire nous apprend que la colère populaire est un invariant, qui explose librement avec la Fronde, ou qui au contraire reste spontanément silencieuse, pendant toute la durée du règne de Louis XIV. Avec le confinement, on a inventé une nouvelle  façon de "mater" le Peuple français.

Pire encore, Jean-Pierre Combe pointe : "la volonté délibérée de refuser aux habitantes et aux habitants de ce pays d'accéder aux soins, dénoncée par plusieurs médecins qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux. Rappelez-vous l'injonction première du confinement : "rentrez chez vous et, si vous avez des symptômes, ne faites rien! N'appelez le 15 que si les symptômes s'aggravent, et alors, on vous testera et on vous hospitalisera"(sic). Avec le manque de masques, de tests, de chloroquine, de  lits de réa en nombre suffisant, la Macronie a ébranlé la santé, donc la vie privée de chacun.

L'épreuve que constitue la sédentarité forcée est venue s'ajouter à la fragilisation  médicale de chaque individu. "Danger sédentarité" : c'est le titre d'un livre médical à succès de François CARRÉ. La sédentarité tue sans bruit. Les conclusions scientifiques le prouvent : ne pas pratiquer d’exercice physique favorise le développement de nombreuses pathologies au pronostic grave, telles que l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou encore les troubles musculo-squelettiques. Personne, au cours de ces deux mois de confinement n'a soulevé ce véritable problème de santé publique, qu'est la sédentarité, alors que nous étions tous touchés. Ne plus seulement marcher, sous risque de se recevoir une amende de 135 euros, c'est anti médical au possible : et personne n'a  moufté.

Cette mutation anthropologique modifiant à la fois notre aspiration à "être avec"  et à "être soi même" est mille fois plus importante que les élections de 2022, dont on se contrefiche !

 L'Histoire montre que c'est en descendant dans la rue, formant d'immenses foules pacifiques, que les  iraniens ont viré le Shah d'Iran en 1977 (cf Alain Badiou : Le réveil de l'Histoire", édition Lignes, 2012, qu'on se le dise !

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