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Billet de blog 4 juillet 2020

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Macron rate son destin, en nous entrainant tous dans sa chute !

Aujourd'hui, je poste l'analyse politique stimulante de Radu PORTOCALA, écrivain roumain, dont on admire la finesse de la pensée. Dans cet article, il montre comment macron rate son destin sous nos yeux, mais en nous entrainant tous dans sa chute finale...!

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1°)- Radu Portocala : « C’est un raté », dit-on avec dédain, quand ce n’est avec une sorte de commisération irritée, mais nul ne s’intéresse jamais aux circonstances dans lesquelles s’est construit ce destin à l’envers. Chaque fois, nous constatons le fait accompli, sans pouvoir dire – cela, d’ailleurs, nous est indifférent – à quel moment, pourquoi, de quelle manière la vie du personnage s’est embourbée.

Le vrai ratage est un choix. Il s’élabore, s’organise avec une certaine obstination qui tient de la perversion ou de l’inconscience. Et c’est précisément pour cette raison qu’il ne faut pas faire l’erreur de chercher son origine dans l’adversité.

Pour ceux qui s’intéressent à l’étude de ce curieux phénomène, Emmanuel Macron constitue une opportunité rare : il rate son destin sous nos yeux, jour après jour, parole après parole, vide après vide. Avec, cependant, une particularité : si on pouvait considérer jusqu’à maintenant que le ratage est un fait éminemment solitaire, lui a choisi de nous attirer tous dans le sien. Il a reçu même mandat pour ce faire.

L’expérience nous montre qu’il y a des ratages minables et d’autres qui ont du panache. Le sien n’a rien de spectaculaire, de romanesque. Il est petit – celui d’un employé de banque qui a voulu devenir chef d’agence. Choir de rien à rien. Celui dans lequel il nous attire, en revanche, dans lequel il attire un pays entier, est une tragédie déchirante. Si son ratage n’a pour point de comparaison que sa vie, celui qu’il inflige à la France a toute l’histoire comme mesure.

Viendra-t-il un jour réclamer des lauriers pour avoir offert à la France une chute grandiose ? Allons-nous les lui offrir, dans deux ans, juste parce que nous sommes trop fatigués pour aspirer à autre chose qu’à ce ratage partagé ? Pour le triste divertissement d’assister encore quelque temps au spectacle de cette ruine ?"

2°)- Brigitte Pascall : Analyse  consistant à pointer l'échec personnel de Macron, résultat de son ultralibéralisme inintelligent (les américains savent adoucir leur libéralisme verbal par quelques mesures keynésiennes concrètes). Mais aussi à montrer comment cet échec nous entraine tous dans sa chute. Car le ratage collectif de toute la société française 2020, désaffiliée, déshumanisée, qui, sans vergogne, a laissé les presque 40 000 morts du covid-19 chuter dans le hors champ des sujets médiatiques interdits. Société esquintée, peuplés d'individualistes conquérants dressés les uns contre les autres, abattoir des plus faibles dirait Jacques Généreux ("La Dissociété", édition Seuil, 2006), est un drame aussi important que celui du petit banquier.

Tranquillement, Macron continue son imposture libérale, à coup de spectacles rhétoriques, consistant à ne jamais penser par lui même des résultats meilleurs. 

C'est une stratégie "d'imposture", au sens où l'utilise Rolland Gori, dans une conférence de Youtube de 2014. En effet, penser, créer du neuf, fait perdre du temps; c'est angoissant et incertain. Alors, on préfère le spectacle de la pensée, répondre à une commande sociale sans penser, en accomplissant avec performance un "spectacle" (au sens de la société du spectacle chère à Guy Debord).

Macron a remplacé LE SOUCI DE GOUVERNER tout le monde, par une PRESTATION RHETORIQUE  : ses passages médias "sont"  SA politique : passer à la télé est plus important que de tirer par le haut les plus faibles, futurs chômeurs et les malades du covid-19..

Comme dit Gori : "l'imposture est la soeur siamoise du conformisme" (sic). En se présentant comme "objective", il faut en réalité que rien ne bouge, dans une politique clone de celle de Giscard.'

Son but est que rien ne change dans cette société du pire, où les inégalités sont abyssales : on est passé d'un écart des revenus de 1 à 20 dans les  années 60 à un écart des revenus de  1 à 400 aujourd'hui (chiffres Martine Orange). Protégé en cela par des médias aux ordres et une fausse gôche "macroncompatible", achetée, corrompue, avec l'argent du financement de la vie politique.

Dans ce grand courant centrifuge nous entraînant tous vers la chute finale, heureusement, il y a la résistance du mouvement des Gilets Jaunes, une mobilisation idéologique sur les réseaux sociaux, autant de feux de résistance formant un début de contestation  : tant vis à vis de la gestion calamiteuse du covid-19 que des 900 000 destructions d'emplois à venir. Et qui essaie, vaille que vaille, de soulever le grand couvercle de l'exploitation et de l'oppression libérale de Macron....!

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