LES JEUNES NON QUALIFIES PAUVRES SONT AU CHOMAGE A 49%...

MEDIAPART : LES JEUNES NON QUALIFIES DE MILIEU MODESTE SONT AU CHOMAGE A 49%...

Brigitte PASCALL : "voici un excellent article de MEDIAPART, qui rend compte d'une étude de l'INSEE publiée le 4 décembre 2013 sur le chômage des jeunes non qualifiés. Le taux de chômage de ces jeunes est passé de 29% en 1990 à 47% en 2012 (+18 points). De plus, ils sont souvent victimes de ce que l'INSEE appelle la "double peine" : les jeunes non diplômés de milieu modeste sont au chômage à 49%, quand les jeunes non diplômés de milieu plus favorisés sont au chômage à 37%...

Et j'ajouterai "la triple peine": car les jeunes non diplômés de milieu modeste vivent très souvent dans des zones rurales et péri urbaines, comme le montre l'ouvrage de Gaël BRUSTIER, JP HUELIN, "Cherche le Peuple désespérément", éditions Bourin, octobre 2009. Contrairement aux idées reçues, l'espace péri urbain est moins homogène socialement que le centre ville, comprenant aussi des ouvriers. Quant au monde rural, dans cette France des "oubliés", on compte 34,7% d'ouvriers contre seulement 8,6% d'agriculteurs. Des ouvriers chassés des villes et de l'espace péri -urbain à cause des loyers trop chers ! Non seulement ces jeunes non diplômés sont au chômage, mais, de plus, ils ont beaucoup de mal à se déplacer, faute de transports collectifs qui n'existe pas..!!!

Article :
Issus en majorité de milieux défavorisés, les non-diplômés sont plus exposés au chômage et à la précarité de l’emploi en période de crise économique, selon une nouvelle enquête de l’Insee.

Dans une enquête publiée, mercredi 4 décembre, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) révèle que les jeunes non-diplômés constituent la population la plus durement touchée par le chômage, la crise ayant encore aggravé leurs difficultés d’insertion professionnelle.

Sur la foi des chiffres fournis par l'enquête, l'Insee révèle que le taux de chômage des non-diplômés était, en 1990, de 29 % à la sortie de leur formation initiale contre 47 % en 2012. Une proportion très élevée comparée au taux de chômage des jeunes diplômés du supérieur qui ne s'élève qu'à seulement 10 %. Toujours selon l’étude, à la difficulté de l’insertion s’ajoute également la précarité de l’emploi des jeunes sans diplômes : à la fin de leur formation, 46 % des jeunes non-diplômés empochent seulement un CDD (contre 30,8 % chez les jeunes diplômés) et 24 % sont en temps partiel (contre seulement 14 % des diplômés).

Enfin, l'étude de l'Insee souligne la double peine des non-diplômés, qui sont, en majorité, issus de milieux défavorisés. L'origine sociale, la richesse du réseau relationnel et la reproduction de certains habitus sociaux constituant des éléments discriminants pour les non-diplômés et les jeunes issus de l'immigration : le taux de chômage des non-diplômés dont l’origine sociale est moins favorisée (père employé, ouvrier ou n’ayant jamais travaillé) est de 49 % sur la période 2008-2012, contre 37 % chez les non-diplômés de milieux plus favorisés. De même, le taux de chômage des non-diplômés issus de l'immigration est plus élevé que celui de leurs concitoyens non issus de l'immigration (55 % contre 43 %).

Mardi 3 décembre, l'enquête Pisa, sur le niveau des systèmes éducatifs des pays de l'OCDE, a relevé l'aggravation des inégalités dans le système scolaire français, ainsi que le nombre croissant d'élèves en difficulté.


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