1°)- Brigitte Pascall : "La Mairie parisienne, toujours aussi inculte, enlève la plaque commémorative de Guy Hocquenghem, dans une rue parisienne où il a vécu de 1974 à 1977
Pour moi, Hocquenghem, ce sera toujours l'auteur du livre étincelant et inoubliable : "Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary", édition Albin Michel, est mon livre de chevet depuis qu'il est sorti un jour de 1986. Je suis très triste que l'on ait enlevé cette plaque.
On ne peut pas réduire Hocquenghem à sa dimension homosexuelle et son amitié pour Matzneff, sauf à passer tout à fait à côté de son importance idéologique v et politique dans les années 70-80.
1°)-Il a été journaliste du premier Libération avec Serge July comme Directeur, qui l'a viré comme une vieille chaussette, parce que "gauchiste", ennemi du mitterrandisme auquel adhérait plein pot le courtisan July. Et pas en tant qu'homosexuel, dont July se fichait comme d'une guigne.
Je connais très bien le problème : mon ami et camarade feu Maurice Najman, également journaliste à LIbération à cette époque, a connu le même sort. Et je l'ai vu s'enfoncer dans la cocaïne, jusqu'à ce que Jean-François Khan lui offre un poste de journaliste dans son journal : "Les nouvelles littéraires".
2°)- Hocquenghem a rédigé : "Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary", 1986, où il étrille tous les renégats maoïstes, gauchistes, qu'il a bien connus dans les années post-68, devenus valets, laquais du roi Mitterrand.
"Vous avez évolué de l'autogestion à la monarchie. Vous aimez en Reagan et Mitterrand la vieillesse cynique du pouvoir" (sic) écrit-il dans son livre, page 28.
On pourrait dire exactement la même chose, pour les faux idéologues de la France 2020, qui ont renoncé à penser à contre-courant. Et qui aiment rien tant en Macron la jeunesse cynique du pouvoir : ce qui ne change rien au fond, tant cette jeunesse ressemble point pour point à l'exercice du pouvoir d'un Mitterrand et d'un Reagan !
Avec son livre "Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary", Hocquenghem a beaucoup de courage de se battre seul. Et à contre-courant de la Volga libérale Mitterrandienne des années 80 : triste décennie que j'ai bien connue, avec ses années fric, look et arrivisme forcené.
Certes, il y a dès cette époque d'autres "résistants" comme Alain Badiou, critiquant vertement les nouveaux philosophes, dès leur apparition chez Pivot en 1977. Le problème pour le Badiou de cette époque, est qu'il était minoritaire, ses textes tapés à moins de mille exemplaires, dans le journal du groupe maoïste qu'il anime.
Voilà pourquoi, quand on pense critique des nouveaux philosophes, on pense d'abord à Hocquenghem.
Mais par la suite, il faut savoir que Badiou, devenu célèbre avec son livre : "De quoi Sarkosy est-il le nom ?" en 2009, publie en 2017 : "Eloge de la politique", édition Café Voltaire/Flammarion.
Dans ce livre, il développe une analyse du phénomène des nouveaux philosophes plus profonde et stimulante que celle d'Hocquenghem. Montrant comment les nouveaux philosophes se sont contentés de copier les intellectuels américains réactionnaires. Et comment BHL, "a surtout joué le rôle, très important en fin de compte, de qui se propose de liquider tout ce que représentait l'intelligentsia française révolutionnaire, du point de vue mondial" (sic).
2°)- Michel Tissier, membre du Conseil National du PG, a bien connu Guy Hocqenghem :
"Il se trouve qu'avec Guy, nous avions à peu près le même âge et qu'il fait partie avec Jean-Louis Bory de ceux qui nous ont permis, dès 1970, bien avant les "débats modernes mais néanmoins nécessaires" de poser les bases qui ont permit à Badinter de dépénaliser l'homosexualité en 82, qui ont permis à Mélenchon de proposer sa loi de vie commune en 90, qui ont abouti au PACS et au mariage.
Quelle époque que celle où l'on cherche dans tel ou tel écrit le mot ou la phrase qui vont permettre de salir les mémoires de celles et ceux qui se sont battus pour une cause sans les resituer dans l'époque où ceci est supposé avoir été dit ou écrit.
Si la mairie de Paris était de gauche, elle ferait remettre la plaque en mémoire de Guy Hocquenheim mais il faudrait qu'elle soit de gauche ou simplement humaniste"(sic).