Depardieu sort un livre intitulé « Ailleurs », aux éditions "Le Cherche-Midi", où il parle notamment de la gestion du covid-19 par la Macronie. Présenté être selon Le Point, où il est interrogé cette semaine, un "traité de rébellion haut en couleur" (sic). Telle n'est pas du tout notre analyse, trouvant au contraire les propos de Gégé consternants de médiocrité.
Un coup, il sort une lettre de De Gaulle à la veuve de Mauriac, histoire de faire "cultivé". J'ai souvenir, lorsque la cathédrale Saint André à Bordeaux a été rénovée, il a lu, devant les bordelais éblouis, du Saint Augustin, toujours pour montrer la culture classique qu'il n'a jamais eue à l'école.
Un autre, il parle de la religion, mais en des termes tellement généralistes que cela peut plaire à tout le monde, y compris aux athés pas trop bouffeurs de curés.
On a droit bien sûr à une sortie contre les réseaux sociaux, dont souffrerait (au conditionnel) la société française : le grand mal du siècle selon lui. Cela me rappelle un entretien de Gégé, d'il y a deux ans, où il disait rigoureusement la même chose contre Facebook et Tweeter. Là encore, c'est tellement généraliste, enfonceur de portes ouvertes, que cela plait à tous ses publics.
On trouve une vague critique contre la gestion par Macron de l'épidémie de coronavirus : mais quand on lui demande de préciser un peu, il botte en généralités hors sujet.
Gégé dit : "La France était déjà confinée, mais elle ne le savait pas": phrase assez mystérieuse, qu'il se garde bien d'éclaircir. Comme disait le Cardinal de Retz, on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment". Et poursuit : "La sauvagerie du confinement, c'est que les politiques ne savent pas où ils sont, ni ce qu'est ce putain de Covid. Il y a eu un tas de paquet d'âneries de dites depuis mars" (sic).
Et quand on lui répond qu'il y va un peu fort, il répond sommairement : "j'ai toujours détesté les politiques, car je déteste que l'on s'occupe de moi".
Pas de fausse joie, Gégé, au mois de mars, à Paris, aucun politique ne nous tenait la main. Nous étions livrés à nous même, à n'y pas croire : sans masque, avec deux barres verticales d'inquiétude dans le visage, lorsque nous faisions la queue devant le supermarché, grâce à l"heure unique octroyée royalement par Philippe, aujourd'hui supposé bien-aimé des sondages... Pendant deux mois, nous avons perdu notre aspiration à "être avec les autres", dans un délitement social qui se poursuit sous d'autres formes aujourd'hui.
Ce sont les anarchistes et leur célèbre "Ni Dieu Ni maître" , qui ont du être contents...!
Bref, une interview pour rien : j'ai eu l'impression de relire exactement ce que j'avais lu dans un autre entretien de Depardieu, il y a deux ans de cela...Les mêmes propos attrape-nigaud, qui ne déplacent pas un chemin de fer, comme aurait dit Jean Gabin....
Ce qui frappe, c'est l'incroyable dispositif médiatique mis en place pour la sortie de ce navet, histoire de faire croire qu'on a affaire à un livre de réflexion de très haut niveau : Gégé fait la "une" du Point et son interview dure 5 pages. Les superlatifs mobilisés à tort : "traité de rebellion haut en couleur" (sic), alors que ce non livre finira dans le juste anonymat des poubelles de l'Histoire, que justifie son insigne médiocrité. Et son absence totale de critiques structurées, étayées contre le système en place.
Nul doute que Depardieu sera invité à côté de penseurs reconnus : Bruno Latour ou Alain Badiou, histoire d'étayer le mensonge selon lequel il s'agirait d'un grand livre d'essai hors du commun. Bref, une stratégie de l'imposture, où le faire croire est plus important que les idées que Gégé a, en définitive, beaucoup de mal juste à faire émerger.
LEPOINT.FR
EXCLUSIF. Depardieu : « La France était déjà confinée sans le savoir »
L'acteur publie « Ailleurs » (Le Cherche-Midi), un traité de rébellion haut en couleur. Rencontre avec un géant qui a choisi de ne désespérer de rien.