LES VRAIS CHIFFRES DE LA PAUVRETE

TEXTE n° 1.6 : LES VRAIS CHIFFRES DE LA PAUVRETE

 

14 MILLIONS DE PAUVRES !!!

Pour compter le nombre de pauvres en France, c'est à dire le nombre de personnes, salariées ou non, gagnant moins de 965 euros par mois, nous totalisons trois grands ensembles :

1°)- Travailleurs pauvres travaillant à temps partiel, CDD, intérim, gagnant en dessous du seuil de pauvreté : 6 millions de personnes ( portrait social de l'INSEE d'octobre 2010).

2°)-Nombre total d'allocataires d'un des onze minima sociaux :
 3,6 millions de personnes ( chiffres DREES, publié en mars 2012).

3°)- Nombre de demandeurs d'emploi, toutes catégories confondues :
5,7 millions de personnes privées d'emploi ( chiffre Pôle emploi, février 2013).

Nous arrivons au chiffre "brut" de 15, 3 millions de pauvres. Mais, dans ce chiffre, il convient de retirer les doublons, c'est à dire le nombre de chômeurs ayant une activité réduite, également comptabilisés par l'INSEE parmi les travailleurs pauvres, travaillant à temps partiel ou en CDD. Pour ce faire, sur la base des chiffres publiés par la DARES le 26 février 2013, nous retirons les catégories B, C et C de Pôle emploi, soit :
- 624 900 (France métropolitaine) ( catégorie B comptabilisant les chômeurs ayant une activité réduite inférieure à 78 heures dans le mois).
- 886 000 (France métropolitaine) (catégorie C, comptabilisant les chômeurs ayant une activité réduite supérieure à 78 heures dans le mois);
- 353 800 ( France métropolitaine) ( catégorie E comptabilisant les chômeurs ayant un contrat aidé).
TOTAL : 1 864 700 chômeurs qui ont un petit boulot.

                                                                                                                      32

           Une fois enlevés les doublons, nous arrivons au chiffre de 13,435 millions de pauvres.

                                                                          
            En ajoutant les 740 000 jeunes au chômage (23% des jeunes) non inscrits à Pôle emploi, on parvient à 14 millions de pauvres. A ce chiffre, il conviendrait d’ajouter les 2 millions de chômeurs qui recherchent un emploi sans l’aide de Pôle emploi.  Les petits retraités, dont la pension de retraite est en dessous de 965 euros. En recherchant dans les statistiques de l'INSEE, on trouve le chiffre de 1, 039 million de personnes de plus de 65 ans vivant en dessous du seuil de pauvreté (chiffre INSEE, septembre 2012). Il faudrait également ajouter les 1, 7 millions de personnes ayant droit au RSA qui ne le réclament pas. Et les habitants des DOM vivant en dessous du seuil de pauvreté, départements où, malheureusement, le chômage et la pauvreté sont très importants et dont on n dispose que de chiffres partiels, les 400 000 sans abris…

          On voit combien le dernier chiffre de l'INSEE en matière de pauvreté, 8,6 millions de pauvres en 2010 est un chiffre de mauvaise foi, malhonnête, qui ne cherche pas vraiment à rendre compte des flots de pauvreté croissants, du ras-de-marée de misère constaté par les organisations caritatives, qui s'abat sur notre pays. Combien on sous estime la  souffrance sociale de millions de gens abandonnés de tous.

 

          Car, comme l’explique Frédéric LORDON, dans l’émission « d@ns le texte » d’Arrêt sur images sur la 5, en octobre 2010 (1), « le capitalisme a organisé la dépendance à l’argent ». Le manque d'argent subi par 14 millions de pauvres est une réalité. Mais de plus, c’est un manque d'argent d'autant plus impitoyable, que toute la société est fascinée par le culte de l'argent. Etre pauvre aujourd'hui est mille fois pire qu'être pauvre dans les années soixante : les gamins réclament leur micro, leur portable, des tennis avec une marque, pour être « comme les copains » dans la cour de récré. Voilà pourquoi, dans cette situation effrayante, on préconise (2) la création de centaines de milliers d'emplois, en particulier, via un plan de relance keynésien ambitieux.

 

(1)-Dailymotion : Frédéric LORDON à l’émission « d@ns le texte » d’Arrêt sur images, octobre 2010.

(2)-Voir Partie 6 : propositions en matière de création d’emplois, page 108. 

 

 

                                                                                                       33

 

               Et la création d'un salaire décent pour ceux qui ne peuvent pas travailler. On nous reproche souvent d'être "travaillo- centriste", c'est à dire de trop miser sur l'emploi en réponse aux problèmes des chômeurs. Une des raisons pour laquelle on ne croit pas à un revenu universel pour tous, préconisé par certains, indépendamment du travail, est que ce type de proposition, très sympathique au demeurant, est plein de contradictions : même réalisée, elle ne répond absolument pas à la fascination, la dépendance, l'addiction à l'argent organisée par le capitalisme financier, que subissent malheureusement souvent les enfants des familles de pauvres, dont on ne se défera pas du jour au lendemain. Y compris en s’employant à construire une société heureusement beaucoup moins dépendante des biens matériels. En tout état de  cause, il y aura à gérer un problème de transition, changement de valeurs, de représentations dans les têtes, qui se résoudra, mais qui mettra du temps. Par ailleurs, la proposition de revenu de base ne rompt pas avec l’ordre monétaire, dont, inconsciemment, il recrée la logique, comme l’explique fort justement Frédéric LORDON, au cours de la même émission. Même dans l’hypothèse d’un revenu d’existence versé à tous, il conviendrait de faire face à la fascination des objets, la petite joie de la marchandise inculquée dans toutes les sociétés occidentales, depuis le lendemain de la seconde  guerre mondiale, qui ne disparaitra pas comme on appuie sur un bouton.

 

14 MILLIONS DE PAUVRES !!!


Pour compter le nombre de pauvres en France, c'est à dire le nombre de personnes, salariées ou non, gagnant moins de 965 euros par mois, nous totalisons trois grands ensembles :

1°)- Travailleurs pauvres travaillant à temps partiel, CDD, intérim, gagnant en dessous du seuil de pauvreté : 6 millions de personnes ( portrait social de l'INSEE d'octobre 2010).

2°)-Nombre total d'allocataires d'un des onze minima sociaux :
 3,6 millions de personnes ( chiffres DREES, publié en mars 2012).

3°)- Nombre de demandeurs d'emploi, toutes catégories confondues :
5,7 millions de personnes privées d'emploi ( chiffre Pôle emploi, février 2013).

Nous arrivons au chiffre "brut" de 15, 3 millions de pauvres. Mais, dans ce chiffre, il convient de retirer les doublons, c'est à dire le nombre de chômeurs ayant une activité réduite, également comptabilisés par l'INSEE parmi les travailleurs pauvres, travaillant à temps partiel ou en CDD. Pour ce faire, sur la base des chiffres publiés par la DARES le 26 février 2013, nous retirons les catégories B, C et C de Pôle emploi, soit :
- 624 900 (France métropolitaine) ( catégorie B comptabilisant les chômeurs ayant une activité réduite inférieure à 78 heures dans le mois).
- 886 000 (France métropolitaine) (catégorie C, comptabilisant les chômeurs ayant une activité réduite supérieure à 78 heures dans le mois);
- 353 800 ( France métropolitaine) ( catégorie E comptabilisant les chômeurs ayant un contrat aidé).
TOTAL : 1 864 700 chômeurs qui ont un petit boulot.

 

 Une fois enlevés les doublons, nous arrivons au chiffre de 13,435 millions de pauvres.

                                                                          
            En ajoutant les 740 000 jeunes au chômage (23% des jeunes) non inscrits à Pôle emploi, on parvient à 14 millions de pauvres. A ce chiffre, il conviendrait d’ajouter les 2 millions de chômeurs qui recherchent un emploi sans l’aide de Pôle emploi.  Les petits retraités, dont la pension de retraite est en dessous de 965 euros. En recherchant dans les statistiques de l'INSEE, on trouve le chiffre de 1, 039 million de personnes de plus de 65 ans vivant en dessous du seuil de pauvreté (chiffre INSEE, septembre 2012). Il faudrait également ajouter les 1, 7 millions de personnes ayant droit au RSA qui ne le réclament pas. Et les habitants des DOM vivant en dessous du seuil de pauvreté, départements où, malheureusement, le chômage et la pauvreté sont très importants et dont on n dispose que de chiffres partiels, les 400 000 sans abris…

          On voit combien le dernier chiffre de l'INSEE en matière de pauvreté, 8,6 millions de pauvres en 2010 est un chiffre de mauvaise foi, malhonnête, qui ne cherche pas vraiment à rendre compte des flots de pauvreté croissants, du ras-de-marée de misère constaté par les organisations caritatives, qui s'abat sur notre pays. Combien on sous estime la  souffrance sociale de millions de gens abandonnés de tous.

           Car, comme l’explique Frédéric LORDON, dans l’émission « d@ns le texte » d’Arrêt sur images sur la 5, en octobre 2010 (1), « le capitalisme a organisé la dépendance à l’argent ». Le manque d'argent subi par 14 millions de pauvres est une réalité. Mais de plus, c’est un manque d'argent d'autant plus impitoyable, que toute la société est fascinée par le culte de l'argent. Etre pauvre aujourd'hui est mille fois pire qu'être pauvre dans les années soixante : les gamins réclament leur micro, leur portable, des tennis avec une marque, pour être « comme les copains » dans la cour de récré. Voilà pourquoi, dans cette situation effrayante, on préconise la création de centaines de milliers d'emplois, en particulier, via un plan de relance keynésien ambitieux.

           Et la création d'un salaire décent pour ceux qui ne peuvent pas travailler. On nous reproche souvent d'être "travaillo- centriste", c'est à dire de trop miser sur l'emploi en réponse aux problèmes des chômeurs. Une des raisons pour laquelle on ne croit pas à un revenu universel pour tous, préconisé par certains, indépendamment du travail, est que ce type de proposition, très sympathique au demeurant, est plein de contradictions : même réalisée, elle ne répond absolument pas à la fascination, la dépendance, l'addiction à l'argent organisée par le capitalisme financier, que subissent malheureusement souvent les enfants des familles de pauvres, dont on ne se défera pas du jour au lendemain. Y compris en s’employant à construire une société heureusement beaucoup moins dépendante des biens matériels. En tout état de  cause, il y aura à gérer un problème de transition, changement de valeurs, de représentations dans les têtes, qui se résoudra, mais qui mettra du temps. Par ailleurs, la proposition de revenu de base ne rompt pas avec l’ordre monétaire, dont, inconsciemment, il recrée la logique, comme l’explique fort justement Frédéric LORDON, au cours de la même émission. Même dans l’hypothèse d’un revenu d’existence versé à tous, il conviendrait de faire face à la fascination des objets, la petite joie de la marchandise inculquée dans toutes les sociétés occidentales, depuis le lendemain de la seconde  guerre mondiale, qui ne disparaitra pas comme on appuie sur un bouton.

(1)-Dailymotion : Frédéric LORDON à l’émission « d@ns le texte » d’Arrêt sur images, octobre 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.