Pour en finir avec la détestation imbécile d'A. BADIOU !

Petites discussion sur les critiques les plus courantes faites à Alain Badiou.

1°)- Alexandre Clément : Vous oubliez beaucoup de choses, d'abord il se revendique toujours maoïste, alors qu'on sait que ce régime a été des plus criminels. Il défend toujours la même position sur les Khmers rouges. C'est un vrai imbécile qui récemment encore nous disait que le Hezbollah et le Hamas était la pointe avancé de la lutte des classes :

Tout ça pour couvrir un antisémitisme viscéral qu'il appelle pudiquement antisionisme. Il n'a en effet envoyé personne au Goulag, mais ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Même parmi les anciens maos il ne doit sa récente célébrité qu'au fait qu'il est un survivant : les autres sont morts !

2°)-Brigitte Pascall :

2.1°)-Sur la référence au marxisme de Alain Badiou : Moi aussi je suis marxiste, et ne le regrette pas. Il parait que les étudiants des Grandes écoles de commerce lisent "Le Manifeste du Parti Communiste", signe de son "utilité" dans leur future carrière.

Si vous aviez lu les derniers ouvrages de BADIOU, il se réfère au Marx du "Manifeste du Parti Communiste de 1848". Rien de plus juste.

Jamais la célèbre phrase de Marx, disant en substance : "la Bourgeoisie a noyé dans le lac glacé des calculs égoïstes la sentimentalité petite-bourgeoisie, la poésie et la religion" : jamais cette phrase n'a été aussi juste, aussi vérifiée qu'aujourd'hui, où ne règne que le profit omniprésent : où il en faut toujours plus aux patrons du CAC 40 : toujours plus de profit, toujours plus de "grandiose", toujours plus de part de marché internationale.

Où les salariés ont perdu plus de 10 points dans le partage de la valeur ajoutée depuis les années 80.

Où le budget public de l'Etat est systématiquement siphonné par les gros employeurs en niches sociales et fiscales (160 milliards, selon la Cour des Comptes) et en exonérations de charges sociales, qui n'ont jamais créé un seul emploi.

2-2°)- Sur le soutien des khmers rouges : je vois bien que vous êtes très mal renseigné sur Alain Badiou : ce qu'il a dit, ce qu'il a écrit.

Sur le plateau d'une émission de Frédéric Taddeï, il a reconnu publiquement, avec beaucoup d'émotion et de sincérité, qu'il s'était trompé à propos des khmers rouges. Et qu'il n'était pas le seul" (sic).

Mon souvenir personnel de l'année 1975 est que TOUT LE MONDE SOUTENAIT LES KHMERS ROUGES : le journal "LE MONDE" (Jean Lacouture), nos professeurs de lycée de province, qui nous disaient que ce que faisaient les khmers rouges, c'était du Jean-Jacques Rousseau !

S'en prendre uniquement à Badiou est donc un règlement de compte intéressé, partiel et inexact, car il était loin d'être le seul à ne pas verser dans cette "sinolâtrie" (Sollers par exemple, à qui on fiche une paix royale aujourd'hui, alors qu'il était encore plus mordu que Badiou) et "khmerolâtrie" imbéciles.

2-3°)-Le reproche d'antisémitisme opposé à  Badiou est une opération de pure stigmatisation, visant à démonétiser tel ou tel intellectuel établi, comme Alain Badiou par exemple.

Sur l'antisémitisme supposé d'Alain Badiou, le mieux est de se reporter à un excellent petit livre rédigé par Alain Badiou et Eric Hazan, intitulé : "L'antisémitisme partout", publié aux éditions La Fabrique en 2011. Badiou répond avec beaucoup de pertinence et d'ironie à ses détracteurs, l'accusant d'antisémitisme. Aujourd'hui, de sous-idéologues comme Alain Finkielkraut, BHL voient l'antisémitisme partout. Finkielkraut appelant même l'année 2002, année où Jean-Marie Le Pen avait été au second tour "d'année de cristal" : ce qui lui valut, -on l'apprend dans ce petit livre très documenté, les vertes critiques de Simone Veil elle même.

La dénonciation d'une "montée de l'antisémitisme", vendu comme seul "vrai problème" du moment fut relayée dans tous les médias. Il s'agissait d'établir une coupure entre la petite bourgeoisie blanche des villes et  la barbarie des banlieues naturellement "antisémites" (sic), au motif que cette jeunesse critique l'Etat israélien de façon maladroite.

Serge Halimi, Pierre Bourdieu et Jacques Bouveresse furent ainsi taxés d'antisémites, car  anti-américains, et soit -disant "anti démocrates".

Qu'importe la véracité du reproche : le but était, est de coller une étiquette à un intellectuel, qu'il trainerait ensuite come le scotch du capitaine Haddock. Naturellement, Badiou fait partie des intellectuels stigmatisés par cette nouvelle "mode".

Le but réel de ce reproche d'antisémitisme fantasmatique est de disqualifier les derniers intellectuels progressistes et révolutionnaires qui nous restent. Et d'oeuvrer pour  le maintien de l'ordre bourgeois établi.

Le primat de la question juive permet de mettre  au rancart la question sociale : chômage et pauvreté. Hélas, étant du côté du pouvoir, ces idéologues bénéficient d'un grand pouvoir de nuisance. Et peuvent compromettre la carrière d'un adversaire politique.

Voilà pourquoi, en conclusion, Badiou estime que la meilleure critique, c'est l'attaque ; montrer de  quelle colline politique  sont ses accusateurs, quels avantages personnels et matériels ils tirent de leurs gros mensonges.

4°)-Alexandre Clément : Votre souvenir est mauvais, en effet Le monde et des intellectuels véreux soutenaient les Khmers rouges, mais nous étions aussi nombreux à les dénoncer pour ce qu'ils étaient.

Des intellectuels comme Sollers en effet ou comme ce con de Foucault soutenaient des dictatures douteuses, en Chine ou en Iran. Alain Peyrefitte aussi. On voit bien la convergence des médiocres.

En même temps on peut se poser des questions sur ces intellectuels qui se trompent avec une telle régularité et qui en plus veulent faire la leçon à tout le monde.

Heureusement le peuple à plus d'intelligence collective que ces intellectuels qui ne vivent que de leur posture et de leur imposture.

Déjà se qualifier de marxiste n'est peut être pas très adéquat quand on sait que Marx jugeaient que tous les marxistes étaient des imbéciles ! Mais passons là-dessus. Quels que soient les défauts de Marx et il en avait, l'identifier à une dictature stalinienne, maoïste ou khmère est la preuve qu'on l'a mal lu.

Mais ce malheureux Badiou était de ceux qui traficotaient au côté d'Althusser - l'assassin de sa femme - les textes de Marx découpant ce qui leur plaisait et rejetant le reste pour en faire le leader d'une nouvelle "science", alors qu'il n'était qu'un philosophe ! Plutôt que lire Badiou, lisez Marx ou mettons Postone !

5°)-Brigitte Pascall : Pas d'accord : j'ai appris beaucoup de choses chez BADIOU : notamment l'importance d'un programme politique pour fédérer le Peuple par un corps d'idées nouvelles. Et je l'ai mis modestement en application en rédigeant un programme en 20 points pour notre Rassemblement "Le Peuple d'abord", regroupant les Insoumis démocrates, les franchement insoumis, le courant interne/externe à la FI : "Rupture, Pouvoir aux insoumis", le PRCF, le PARDEM et le CNSJS. Et son porte-parole qui est Jacques Généreux, ou Jacques Cotta, ou Jacques Sapir.

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