Le candidat, proposant de réduire les inégalités, a un boulevard devant lui !

FRANCE : Il y a un boulevard pour le candidat politique, proposant de réduire les inégalités !

 Camille Peugny donne une une interview sur la question des inégalités (cf dernier numéro de Marianne). On propose  de dresser un bilan sérieux des inégalités aujourd'hui.

1°)- Les inégalités sont devenues abyssales :

* Un chiffre manque absolument dans ce topo : les revenus sont passés d'un écart de 1 à 20 dans les années 60 à un écart de 1 à 400 aujourd'hui (chiffres Martine Orange).

 Seul, Alain Badiou a le courage de dire :

- 10% de l'humanité contrôle 85% des richesses.

- 40% des classes moyennes contrôle 13% des richesses

-50% de l'humanité n'a rien du tout !

(cf son ouvrage :"Notre mal vient de plus loin, Penser les meurtres de masse" du 13/11/2015, Fayard, 2016)

De plus, la question sociale, longtemps prioritaire dans la champ politique a cédé la place au clivage Français/étranger. En ce sens, Pierre Bourdieu pointe la translation opérée à compter des années 80, entre la question sociale, importante, puis carrément mise au rancart par un monde politique, lui préférant la question raciale promue question numéro une par un certain Jean-Marie Le Pen. Suivi de Fabius, puis de tout le gratin de la gôche/EELV (cf livre : "Réflexions sur le champ politique", édition PUL, 1998).

 Résultat : le taux de profit est de 6% par an, contre un taux d'augmentation générale des salaires de 0% (chiffres BADIOU lors d'un entretien avec Thomas Piketty à Contre-courant, 2016). La part du travail dans le partage de la valeur ajoutée a perdu 10 points : aucun responsable de "gauche" ne moufte !

 2°)- Il y a un boulevard, pour le candidat politique se battant pour la réduction des inégalités : 

Analysant la Révolution égyptienne, Alain Badiou écrit : "la volonté (des deux millions de manifestants Place Tahir) notamment de bâtir un ETAT SOCIAL, qui mette fin à la terrible misère de millions de gens"(égyptiens) (sic), cf "Le réveil de l'Histoire", op cit. De façon dialectique, les égyptiens descendus massivement dans la rue opposent à la dictature de Moubarak, une société plus juste, fondée prioritairement sur la réduction des inégalités. 

De la même façon, dialectique oblige, la France, viscéralement inégalitaire de 2020, génère à contrario une forte demande d'égalité entre les femmes et les hommes de ce pays. Il  y a un boulevard politique, pour le candidat politique, se battant véritablement contre la caste au Pouvoir, ses privilèges financiers inouïs pillés sur la manne de l'argent public, quand une infirmière, une caissière, travaillant dur, ont du mal à joindre les deux bouts, comme 80% des salariés français. 

2.1°)-Cette reconstruction nécessaire d'un ETAT KEYNESIEN REDISTRIBUTEUR, notamment garant d'une société plus égalitaire, c'est ce que proposait aussi la France insoumise  au premier tour des présidentielles 2017: à travers notre programme, "L'avenir en commun", proposant un écart des revenus de 1 à 20. Hélas, ce programme fut mis  au rancart en juin 2017 au profit d'une stratégie PS bis.

2.2°)-De plus, ce n'est pas un hasard si le programme des Gilets Jaunes demande une réduction des inégalités de 1 à 20. Depuis novembre  2018, le mouvement des Gilets Jaunes se bat  énergiquement, pour que les catégories populaires obtiennent des augmentations salariales. Les miettes octroyées par macron début 2019 doivent évidemment être mises à leur crédit et à leur combat tenace.

2.3°)- De son côté le programme du Rassemblement Le Peuple d'abord comprenant les Insoumis Démocrates, Les Franchement Insoumis, le courant interne/externe à la FI : "Rupture, Pouvoir aux Insoumis", le PRCF, le PARDEM et le CNSJS, et son porte-parole comme Jacques SAPIR, ou Jacques COTTA, préconise une diminution sévère des inégalités, dans un rapport des revenus compris de 1 à 10. Et une augmentation substantielle des salaires, sauf ceux des riches et très riches.

 Ce n'est qu'un début, continuons le combat : RESISTANCE !

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