Depuis 10 ans, l'exascerbation de la lutte des classes ! (version 2)

Depuis 10 ans, le Peuple français mène une guerre de classes âpre dans la rue, - mouvement social de 2010 contre la réforme des retraites voulue par Sarkosy, mobilisation anti-Khomri de 2016, mouvement des Gilets Jaunes depuis le 17 novembre 2018 : alors que se meure le vieux modèle politique !

On entame une série d'articles, visant à "comprendre" la situation très particulière dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Au lieu de faire une énième analyse du mouvement des Gilets Jaunes, on le ressitue historiquement dans une décade de forte conflictualité populaire. Sauf erreur de ma part, ce travail n'a été mené par personne. Sauf Jérôme Sainte-Marie rapidement un jour à la télé : trouvant que les GJ mobilisaient "moins" que les militants anti-réforme des retraites, dans un effet de palmares assez minable. L'objectif du présent article est de restituer la socio-genèse de la conflictualité populaire depuis 10 ans, et pas de "monter" un mouvement social contre un autre.

Depuis 10 ans, le Peuple français mène une guerre de classes âpre dans la rue, - mouvement social de 2010 contre la réforme des retraites voulue par Sarkosy, mobilisation anti-Khomri de 2016, mouvement des Gilets Jaunes depuis le 17 novembre 2018 : alors que se meure le vieux modèle politique ! D'où une confictualité

aigüe et pérenne depuis plus de 10 ans, de la part des classes populaires et d'une partie de la classe moyenne, rien que pour défendre un pouvoir d'achat diminué sans cesse par les politiques libérales à vie menées par nos différents dirigeants :

Les gens descendent dans la rue massivement. Leur mal être atteint son acmé. Ils sont seuls face à la dictature de politiciens sans envergure, bénéficiant de la profonde complicité de "l'opposition"(FI), permettant à la dictature féroce de l'argent d'imposer sa seule loi.

1°)-Depuis le mouvement social contre la réforme des retraites en 2010 contre Sarkosy. Souvenons-nous : il y eut 2,3 millions de personnes dans la rue les 12 et 17 octobre 2010, soit une mobilisation record ! Facebook était à feu et à sang, soutenant mordicus chaque manifestation. On se souvient des slogans criés tant par les jeunes que par les "vieux" : "Pour ceux d'en haut, des couilles en or. Pour ceux d'en bas, des nouilles d'abord (et encore achetées à Leader Price)! "

De même, il y eut des grèves bloquant les raffineries de pétrole, grèves soutenues massivement par la population française. Celle-ci envoya des chèques aux grévistes pour "tenir". Par la suite, les bloqueurs ont raconté avec beaucoup d'émotion, qu'ils avaient de quoi tenir financièrement des semaines encore : souvent de petits chèques envoyés par des précaires ou des gens au RSA. Mais comme d'habitude, la Direction de la CGT capitula devant Sarkosy et sonna la fin du mouvement.

Alain Badiou étudia ce mouvement social très minutieusement dans son ouvrage : "le réveil de l'Histoire", éditions Lignes, 2012 : estimant qu'il aurait suffit d'une étincelle de plus, pour en faire une "émeute historique"(sic). Et Jean-Louis Borloo, qui n'est pas un bolchevik, comme chacun sait, alors Ministre de Sarko, confia que "si le mouvement avait durée 8 jours de plus, SarKosy retirait définitivement son projet"(sic) !

2°)-On eut droit aussi à une lutte des classes aigüe à l'occasion du vote de la loi Khomri : 1,4 millions de manifestants dans la rue les 31 mars et 14 juin 2016. Tout comme le mouvement contre la réforme des retraites, la mobilisation anti Khomri (14 journées de mobilisation natinale) était largement populaire dans l'opinion. Malgré les mesnonges des médias qualificant le mouvement de "minoritaire"(sic), et, déjà, la violence policière s'attaquant haineusement aux manifestants. Que l'on me permette d'évoquer une anecdote personnelle. Le soir, vers 18 heures, j'étais dans le bus 62, bloqué devant la faculté de Tolbiac alors en grève contre le projet Khomri. J'ai vu 50 camions de CRS dans la rue de Tolbiac. Et, tout à coup, sortir de ces camions, foncer sur les étudiants réfugiés dans la fac, avec une sauvagerie incroyable des lettons de 2 mètres de l'Eurogendforce....!

La loi Khomri fut adoptée à grands coups de 49-3 par le démocrate sincère Valls. Jamais, la fausse gauche ne réussit à rassembler les 54 voix de députés nécessaires pour présenter une motion de censure : il manquait systématiquement 2 voix, dont celle d'un certain Benoit Hamon ....!

Bien sûr, Hollande eut recours aux black blocs, jamais appréhendés, jamais punis par la Police, jamais condamnés par la Justice, malgré leurs saccages à répétition : on n'a pas oublié le vandalisme de l'hôpital Necker le 14 juin 2016. Saccage repris ensuite de façon hystérique par les médias aux ordres. Répétez-le vous par coeur, un mot sur 2, un mot sur 3 : "les Black Blocs sont au service du Pouvoir point barre !"

)- Aujourd'hui, on vit une intense guerre des classes aujourd'hui, avec le mouvement des Gilets jaunes depuis le 17 novembre 2018 et qui en est à sa 47 ème semaine. Les gilets jaunes ont réalisé l'impensable : ils ont fait plier Macron, obtenu de sa part des diminutions d'impôts et des primes pour les bas salaires. Bien sûr, ce sont des miettes. Mais comme disent les enfants, "c'est pour de vrai", alors que le traitre Martinez ne nous a "offert" que des capitulations, notamment face à la casse de notre code du travail vieux de cent ans!

Cependant, et contrairement à ce que disent les journalistes, les Gilets Jaunes, malgré tout leur courage, leur détermination, leur endurance depuis un an, ne sont pas un coup de tonnerre dans le ciel serein. Mais la poursuite de la lutte des classes dans la rue, telle qu'elle se déroule en France depuis 2010, voire depuis le CPE !

Voilà pourquoi, la question de la convergence des luttes, loin de mettre la mode au pays, est une idée dans l'air depuis plus de 10 ans, les jeunes par exemple étant très présents en 2010 aux manifs anti réforme de la retraite voulue par Sarkosy.

A ce jour, les Gilets Jaunes se mobilisent. Mais aussi les 200 services d'urgence. La grève générale est déclarée, à compter du 5 décembre, avec l'accord (exceptionnel) de la direction de la CGT et de FO, afin de protester contre la réforme des régimes spéciaux alignés sur le régime général. La convergence des luttes des GJ, militants syndicaux, écolos a été largement réussie le 21 septembre 2019, à l'occasion de la marche pour le climat avec 50000 personnes, dont 4000 gilets jaunes, rescapés des courses poursuites du matin avec une très violente police.

On assiste à un bouillonnement ras la marmite de tous les conflits en cours, qui finiront certainement par s'agréger dans une lutte commune anti Macron.

Mais au fur et à mesure que ces contradictions inconciliables s'approfondissent, les répressions, quelles soient judiciaires, administratives policières augmentent de façon exponentielle et deviennent le fonctionnement "normal" de la police, sans qu'aucun homme politique ne réclame un "retour en arriere", une police républicaine traitant dignement ses manifestants. Obono et Lachaud préfèrent se battre pour que la mention du sexe ne figure plus sur l'état civil (Obono) Lachaud souhaite que chaque membre du "trouple" (couple à trois très tendance à Paris) dispose d'un droit de parentalité pour un enfant né de leurs accouplements divers.

Christophe Saulière, qui a une collection de photos historiques magnifiques a montré une photo d'une manifestants française appréhendée pacifiquement par la Police en 1907. De la voir être traitée correctement, on a l'impression d être sur une autre planète !

D'aucun me diront que la lutte des classes a toujours existé depuis la Révolution Française : entre d'une part, la Bourgeoisie, d'autre part, les Classes populaires. C'est certain. Mais comme explique  Robert Goetz-Sirey dans un ouvrage intitulé : "le mouvement des grèves", on constate , selon les périodes, des trends ascendants, avec une conflictualité élevée ; et des périodes de reflux du nombre et de l'importance des grèves. Par exemple, entre 1959 et 1975, on assiste à un nombre annuel toujours croissant de journées individuelles non travaillées pour fait de grève, culminant bien sûr en Mai 68. Puis à une longue décrue entre 1976 et 1994. En ce qui nous concerne, et depuis 2006-2010, on assiste à une forte conflictualité sociale et on ne peut que s'en réjouir !

A ce stade, on identifiera trois  conséquences à long terme de cette exaspération de la lutte des Classes classe dominante/Classe spopulaires.

 1°)- LE COUP DETAT DEMOCRATIQUE DE MACRON :

2)-LES ANCIENNES REGLES DE LA POLITIQUE NE S'APPLIQUENT PLUS !

Comme écrit Chris Hedges, ex journaliste au New York Times, "les anciennes règles de la politique ne s appliquent plus." Nous ne nous sauveront qu en dressant un pouvoir contre le pouvoir. Et puisque nos 2 principaux partis politiques obéissent servilement au pouvoir des entreprises et montrent peu de differences essentielles sur presque tous les problèmes majeurs, de l impérialisme au capitalisme sans entrave nous devons partir de zéro. Les personnalités politiques, y compris celles de gauche comme Bernie Sanders sont des DISTRACTIONS. Ils n'ont aucun pouvoir au sein du parti démocrate, comme nous le rappelle souvent Nancy Pélosi. Ils servent à réduire la politique à des querelles personnelles menue monnaie de la vaste émission de télé réalité perpétrée à des fins lucratives par des médias privés. Les va et vient quotidiens de ces personnalités détournent notre attention de la consolidation rapide de la richesse et du Pouvoir par la classe dominante sic) extrait de : "Peur contre Peur", 4 octobre 2019, site Les Crises.

2bis °)- IL NY A PLUS DE CHEF DE L'OPPOSITION DE GAUCHE, véritable président bis, comme un Mitterrand par exemple dans les années 70, pour qui je n'ai jamais voté !

 

3°)- IL N Y A PLUS DE LIBERTE DE MANIFESTATION !

 

Mon texte étant déjà très long, je le finirai demain sans faute

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