SALOMON: NOUS NE SAVONS RIEN MAIS NOUS FERONS TOUT !

 1°)-Verbatim de l'entretien de Jérôme Salomon dans Le Figaro du 08 juillet 2020:

Q: Le risque d'une nouvelle vague est-il élevé ?

1°)-Salomon : "Je l'ai déjà dit : nous ne savons pas tout sur le comportement saisonnier de ce virus qui circule toujours. Il faut se préparer à une reprise de l'épidémie, voire à une deuxième vague. Nous faisons tout pour tirer toutes les leçons de la première vague et anticiper au mieux avec l'ensemble des acteurs.

Tous les services de l'Etat, les professionnels, les acteurs de terrain sont mobilisés pour gérer les clusters éventuels et anticiper un rebond épidémique cet automne ou cet hiver. Nous avons appris beaucoup et acquis de l'expérience au cours de ces derniers mois : NOUS SAVONS TESTER et avons d'importantes capacités à le faire ; nous savons tracer et isoler tout porteur du virus. Nous savons déployer des lits de réa supplémentaires. Mais, je le répète, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce sont essentiellement nos comportements qui conditionnent la reprise épidémique : si nous voulons éviter cela; il faut que chacune et chacun continue de respecter les mesures barrière, les mesures d'hygiène, la distanciation physique et LE PORT DU MASQUE, surtout en situation de promiscuité et dans un espace clos" (sic)

 2°)-Brigitte Pascall : admirons un instant ce morceau de langage technocratique, fait de généralités hors sol, où le "pour de vrai", pour parler comme les enfants, est totalement congédié, mis au rancart.

Salomon, en vieux routier du mensonge, trop habitué au faux semblant, tu balivernes. Congédies la réalité. Lui fait débarrasser le plancher.

2.1°)- Un propos coupé de la réalité :

* On te connait : tu n'as rien anticipé, tu t'es trompé du tout au tout, lors de la première épidémie : pendant que l'épidémie de covid-19 flambait, surtout à Paris, le 93 et le Grand Est, "grâce" à toi, les français n'avaient pas seulement un masque pour se protéger (stock de 1 milliard de masques ayant fondu par ta faute) : ce que 77% des français te reprochent encore.

* Grâce à toi aussi, " la décision de confinement massif ne reposait sur aucune étude scientifique"(sic) a expliqué Didier Raoult lors de son audition à la commission de l'Assemblée Nationale. Et de citer ce charlatan de Ferguson, annonçant le faux chiffre de 500 000 morts rien qu'en France, "prévisionniste" aussitôt écouté par toute la Macronie, dont toi.

* Grâce à toi, les français n'ont pas été testés massivement. Ce n'est pas moi qui le dit, mais Didier Raoult, toujours devant la Commission de l'Assemblée Nationale, sortant :"je ne suis pas d'accord avec la décision de ne pas généraliser les tests. Tant que les tests ne sont pas faits, on ne peut rien dire sur la maladie" (sic). Certes, depuis, le nombre de  tests a augmenté, mais insuffisamment pour tester les personnes asymtomatiques.

Et tu viens encore nous donner des leçons, comme l'homme politique probe que tu n'as jamais été, recommandant in fine "le port du masque"(sic), alors que tu jurais de son inutilité pour les personnes non contaminées, il y a peu ! !

Tu pratiques le déni de réalité, consistant à modifier de fond en comble le réel et à lui substituer du verbe, de la rhétorique, du pur mensonge !

"Nous ne savons pas tout sur le comportement saisonnier de ce virus qui circule toujours. Donc, "il faut se préparer à une reprise de l'épidémie". En clair, NOUS NE SAVONS RIEN MAIS NOUS FERONS TOUT : plus illogique, plus rhétorique mensongère, tu meurs !

A aucun moment, Salomon ne "pense" le risque épidémiologique éventuel, par une réponse raisonnée, étayée, fondée sur l'analyse précise de la réalité. Sa prestation rhétorique relève de l'imposture.

DIDIER RAOULT, INFECTIOLOGUE MONDIALEMENT RECONNU, DIT EXACTEMENT LE CONTRAIRE. A propos de la grippe H1N1, il écrit : "

"D'une manière extrêmement étrange, d'autres auteurs l'ont publié comme nous en Europe, les cas (de H1N1) se sont arrêtés au début de la saison froide. C'est à dire juste avant Noël; Nous n'avons plus eu de cas de H1N1 pendant tout le reste de l'hiver de cette année d'affolement. LES EPIDEMIES SE MOQUENT DE NOS PREVISIONS. Cette grippe est restée très mystérieuse, comme le sont souvent les maladies infectieuses qui, étant des maladies d'écosystème complexes, multiparamétriques, ne peuvent faire l'objet ni de modèles mathématiques, ni de prédictions très précises. (...)

Cela a entraîné la sensation que l'Etat avait été manipulé par l'industrie pharmaceutique (pour nous vendre leurs vaccins) (sic) (cf son ouvrage : "Epidémies, vrais dangers et fausses alertes. de la grippe aviaire au covid-19", édition Michel Laffon, 2020).

"Ainsi, LA DECONNECTION TOTALE AVEC LA REALITE RAPPORTEE DEVIENT UN PROBLEME MAJEUR. Il s'agit de moins en moins d'une amplification, mais d'une distorsion de la réalité. Quand l'informateur multiplie par 20 un risque de mortalité et divise par 100 un autre risque, nous ne sommes plus dans l'exagération, nous sommes dans un autre monde"(sic)..

De la même façon, l'annonce hier par Salomon d'une supposée "seconde vague", relayée depuis à l'envi par les chaines d'info, alors que le chiffre de mortalité du covid-19 est de 50 personnes par jour contre 600 au mois de mars 2020, quand l'épidémie était à son pic, est totalement déconnectée de la réalité, profondément mensongère, puisqu'elle en repose que aucun signe annonciateur grave et vérifiable par tous.

2.2°) -Un propos qui mobilise nos affects et non notre raison :

Autre danger de ce propos : la Raison a disparu, l'affect prend seul le dessus. Rappelons que dans la pensée de Spinoza rappelée par Frédéric Lordon dans son ouvrage : "Capitalisme, désir et servitude", édition La Fabrique, 2014 que l'être humain est une masse d'affects, sans raison raisonnante. Et qu'il existe des "enrôleurs d'affects", des individus suffisamment habiles pour nous entraîner dans leur fable, leur délire lui-même uniquement fondé sur des affects. C'est le cas de Salomon qui nous enrôle dans sa peur d'une seconde vague, quand bien même elle n'existe pas, qu'aucun signe sérieux n'annonce sa survenue.

Comme écrit Danièle Bertrand : "après la politique spectacle, nous vivons aujourd'hui sous la tyrannie de l'affect instrumentalisé politiquement par le pouvoir, comme un moyen de coercition mental collectif, la peur comme auto-enfermement dans la servitude volontaire !"(sic)

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