Mitterrand : "Mon électorat ne comprendrait pas de me voir avec vous" !

"Mitterrand : "Mon électorat en comprendrait pas de me voir avec vous"(sic) (Mitterrand ayant voyagé et discuté avec le ministre de l'économie de Giscard : Jean-Pierre Fourcade).

"MITTERRAND : MON ELECTORAT NE COMPRENDRAIT PAS DE ME VOIR AVEC VOUS !"(sic) (Mitterand ayant voyagé et discuté avec le ministre de l'économie de Giscard).

La rencontre "arrangée" à Marseille JLM/Macron me rappelle une histoire. Qui se déroule au cours des années 70, Giscard étant au pouvoir. Mitterrand prend l'avion, se rendant à une "fête de la rose" socialiste. Il y rencontre le ministre de l'économie de Giscard, Jean-Pierre Fourcade, discute avec lui tranquillement pendant tout le trajet. Arrivé à destination, Mitterrand dit sobrement au ministre : "je préfère descendre tout seul : mon électorat ne comprendrait pas de me voir avec vous"(sic). Ainsi fut fait.

"Mon électorat ne comprendrait pas de me voir avec vous". En agissant ainsi, le premier secrétaire du PS avait à coeur de faire siennes les attentes radicales de son électorat "socialo-communiste", comme on disait alors : le "célèbre Peuple de gauche" des années 70, éduqué politiquement, biberonnant religieusement au "programme commun", un programme très à gauche. Ce n'est pas moi qui le dit, mais Alain Badiou, qu'on ne peut pas suspecter d'idolâtrie mittérrandienne. A propos du programme commun, il écrit : "ce programme proposait des concessions majeures. Il y avait une renationalisation de la quasi totalité du crédit. Il y avait une renationalisation de plusieurs grands groupes. C'était un programme formidable en vérité ! Bien plus important par exemple que celui du Front populaire"(sic) ("Éloge de la politique", édition Flammarion/Cafe Voltaire, 2017).

"Mon électorat ne comprendrait pas de me voir avec vous". Mitterrand le rusé savait que son accession au pouvoir, il la devrait d'abord à la lutte idéologique sans merci, la guerre de position opposant violemment le libéralisme forcené de Giscard et le programme humaniste du PC/PS. En effet, ce calcul fut "payant" : le primat du rôle joué par le programme sur tout le reste lui a bien assuré sa victoire en mai 1981, avec plus de 51% des voix.

"Mon électorat ne comprendrait pas de me voir avec vous". La stratégie de Mélenchon, c'est l'exact opposé de celle de Mitterrand, nonobstant l'admiration éperdue du candidat insoumis pour Mitterrand. Contrairement à ce dernier, il a renoncé à toute lutte idéologique menée sur la base de notre programme "L'avenir en commun" mis honteusement au rancart avec son rédacteur. Non seulement, il rencontre Macron, lui a fait des risettes "courtoises". Mais il s'arrange aussi pour que cette entrevue soit filmée , commentée, tant par les médias officiels (Le Figaro, LCI) que par les réseaux sociaux : UNE FAUTE POLITIQUE DE PREMIERE ! Comme si les électeurs insoumis, à l'instar hier des électeurs du programme commun, n'attendaient pas de sa part, une attitude plus ferme, plus carrée vis à vis du petit banquier détesté de ces mêmes électeurs.

"Mon électorat ne comprendrait pas de me voir avec vous" disait Mitterrand au Ministre. De la même façon, l'électorat insoumis NE COM-PREND PAS, au sens fort, de voir Mélenchon avec le petit poudre. Macron, cet aventurier arrivé par effraction à l'Elysee, comme il le concède lui-même ! Macron, le même qui assure le pillage de l'Etat (fin de l'ISF, soit un cadeau royal fait aux grandes fortunes) et des bijoux de familles : aéroport de Toulouse vendu à la criée ; vente d'Alsthom aux américains dans les conditions honteuses que l'on sait. Macron qui essore cyniquement le Peuple français : pensions de retraites ne suivant pas le cours de l'inflation. Mise à mort des contrats aidés. Etudiants victimes de l'immonde réforme parcourssup. 190 000 jeunes atterrissant chaque année sur le marché du travail sans création d'emplois en CDI, croissance en berne pour cause d"austérité à vie décidée par Macron oblige ! Casse ignoble de notre code du travail. Suppression du statut des cheminots. Hausse des APL. Hôpitaux fonctionnant en sous effectifs chronique : 2 aide-soignantes pour 80 malades.m 15 millions de pauvres vivant en dessous du seuil de la pauvreté, selon nos calculs, malgré le chiffre menteur de l'INSEE, qui depuis 5 ans, nous dit sans rire que le nombre de pauvres est calé sur le chiffre de 9 millions. Niveau du RSA et des minimas sociaux gelés. Nombre record de sans abris, notamment des femmes et des personnes âgées, etc.

A voir JLM causer le bout de gras avec Macron, Ruffin n'étant plus pour le Frexit, Corbière défendant la réforme du prélèvement à la source, obligeant à payer plus d'impôt que l'on ne doit..., on va finir par croire que c'est l'existence d'UNE FI CRITIQUE (insoumis démocrates autour du CID, excellents billets critiques de Bruno Adrie, Vincent Christophe Le Roux et François Cocq, notre courant "Rupture, Pouvoir aux militants, "orphelins de Mélenchon"), FI critique surgie au même moment, dans une joyeuse anarchie, qui désinhibe totalement la direction caviar de la FI : lui enlevant ses derniers scrupules à cacher une stratégie de collaboration de classes, digne d'un Robert Hue de triste mémoire... !!

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