La FI a un boulevard devant elle !

"La FI a un boulevard devant elle" (sic) : Alain Badiou, Politique Sénat, mai 2017.

Mélenchon et Corbière paient cash leurs trahisons du Peuple en lutte à répétition :

1°)-En juin 2017, Mélenchon et Corbière ont jeté au rancart notre programme social-démocrate de gauche "L'avenir en commun" et son rédacteur Jacques Généreux, au profit d'une stratégie PS bis, pactole des 22 millions d'euros d'argent public donnés à la FI oblige !

2°)-Lors de la mobilisation contre la casse du code du travail à l'automne 2017, JLM a dit : "Macron a le point"(sic). Pire, les responsables de la FI se sont arrêtés net de participer aux manifs.

3°)-Lors de la casse du statut des cheminots (2018), Corbière bourré de fric sur la manne de l'argent public, a eu le toupet incroyable de dire que l'échec de cette mobilisation "passait par pertes et profits"! Un truc sans importance selon lui..

4°)- Pendant les manifs tous les samedis des Gilets Jaunes à compter du 17 novembre 2018, demandant une vie digne et une réduction des inégalités, les députés de la FI ont commencé à traiter les GJ de "RN". C'est une légende : en effet, la composition des Gilets Jaunes est la suivante : 50% d'électeurs de gauche, 15% du RN, 35% abstentionnistes. Traiter les GJ de "RN" comme la fait la gôche convenable (Autain en particulier), c'est un pur mensonge. 

LA FI N'A JAMAIS SOUTENU FRONTALEMENT LEURS REVENDICATIONS CONTRE MACRON, essayant au contraire de séduire le seul Eric Drouet, dans une stratégie trotskiste assumée. 

De plus, les responsables de la FI se sont battus au cas par cas contre la violence abjecte de la milice privée de Macron. Certes, elle a  soutenu Manu, dont l'oeil a été tristement arraché Place d'Italie, et on s'en réjouit. Mais elle est restée silencieuse quand Jérôme Rodriguez a perdu son oeil ; et que Geneviève Leguay d'ATTAC a été trépanée.

5°)-Puis est venu le mouvement social contre la réforme des retraites : 02 millions de manifestants les 05 et 17 décembre 2019 : du jamais vu depuis les années 70 , selon un journaliste chilien !

Ce mouvement social a duré huit semaines, soit deux fois plus que Mai 68. Au lieu de se poser en alternative politique au pouvoir macronien, comme l'avait fait Mitterrand à la fin du mois de mai 68, JLM et Corbière ont laissé sciemment pourrir le mouvement, sans jamais protester contre les indignes brutalités policières déployées contre des salariés pacifiques. Sans jamais proposer une alternative politique différente du macronisme.

Depuis 3 ans, nous assistons donc à un RENOUVEAU DE LA LUTTE DES CLASSES, grâce à une opposition "extra-parlementaire", mais non relayé par la gauche parlementaire. Au cours d'un émission sur Public Sénat de mai 2017, Alain BADIOU avait dit : "avec l'élection de macron, la FI A UN BOULEVARD DEVANT LUI" : RIEN DE PLUS JUSTE. Pour être majoritaire, il suffisait de continuer à populariser notre programme AEC, à défendre les catégories populaires et les petites classes moyennes.

Corbière et JLM ont choisi la stratégie de la trahison et de la honteuse collaboration avec Macron. Résultat : Primat du fric oblige, la FI est passée de 19,5% en 2017 à 6,3% en 2018, et presque rien du tout aux Municipales de 2020. La FI est calée sur le triple zéro à l'applaudimètre populaire, payant cash ses trahisons à répétition depuis trois ans.

Son "boulevard politique", bien réel en 2017, a été vendu à la criée 2,50 euros par un Corbière et ses appétits grossiers de fric. Macron peut estimer que la "gôche" ne lui fait pas ombrage : il a hélas mille fois raison....

Tous les jours, on se réjouit davantage d'avoir créé en juin 2019 le Rassemblement "Le Peuple d'abord" regroupant le PRCF, le PARDEM, le CNSJS, les "Insoumis Démocrates", "Les Franchement Insoumis", le courant interne/externe à la FI : "Rupture, Pouvoir aux insoumis", et leur porte-parole comme Jacques Généreux, Jacques Sapir ou Jacques Cotta. Et d'avoir rédigé un programme de rupture en vingt points.

C'EST NOUS A PRESENT  ET LES GILETS JAUNES, QUI AVONS UN BOULEVARD POLITIQUE DEVANT NOUS. En effet, en 2020, l'extrême volatilité des suffrages est telle qu'aucune formation ne peut se prévaloir d'avoir un fond de commerce de 20% comme le PCF entre 1945 et 1981.

NOUS SOMMES REVENUS AU DEBUT DE L'HISTOIRE DU SUFFRAGE UNIVERSEL EN 1848, quand Louis-Napoléon Bonaparte, candidat d'abord perdant a réussi à se rétablir et à dépasser le candidat "officiel". De plus, on assiste à une demande d'un projet clairement anti libéral généré par l'ultralibéralisme et Macron lui-même : la conjonction entre-mêlé de ces deux phénomènes donne un boulevard à notre projet et à celui des Gilets Jaunes.

Aujourd'hui, à chaque élection, les suffrages exprimés dans le scrutin précédent sont remis dans le pot commun. Et les 60% d'abstention des dernières élections municipales, notamment l'abstention des jeunes et des ouvriers, qui avaient voté à 25% pour la FI en 2017 : DONC L'ABSTENTION OFFRE UN VIVIER DE VOIX CONSIDERABLES, que l'on peut valablement mobiliser avec notre programme de rupture avec le libéralisme.

Celui-ci est au demeurant assez proche de celui des Gilets Jaunes (demande d'une vie décente pour tous, réduction sévère des inégalités, RIC), comme celui que l'on propose. De plus, le Rassemblement Le Peuple d'abord propose une sortie unilatérale de la zone euro en plan A et un recouvrement de notre souveraineté, ainsi qu'une sortie de l'OTAN et de Schengen, machines de guerre infernales.

TOUT EST POSSIBLE, TOUT EST PERMIS : RESISTANCE !

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