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Billet de blog 12 septembre 2020

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LES GILETS JAUNES IMPOSENT LEUR PROPRE HEGEMONIE !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

1°)- Petit topo 12 septembre 2020  :  On reposte un second billet rédigé à propos des Gilets Jaunes datant du 6 septembre 2029.

On y dit que les GJ imposent leur propre corps d'idées et de revendications populaires dans le champ politique et social. Libérée du corset intellectuel d'une petite bourgeoisie politique, ne relayant pas leurs questions sociales de fin de mois et de manque d'emploi pérenne pour leurs enfants. Préférant parler d'une écologie bobo n'intéressant qu'un électorat petit-bourgeois.

L'Histoire du mouvement des Gilets Jaunes, c'est d'abord l'histoire d'une réappropriation intellectuelle : les GJ défendent leurs propres idées,, leur propre programme : une question sociale mise au rancart depuis 40 ans par les trahisons à répétition des différents partis de gôche".

Lu dans Le Canard Enchainé : "la majorité craint une rentrée sociale volcanique" (cf Le Monde du 1/9). La Macronie craint la mobilisation du 12 septembre des Gilets Jaunes. La gauche parlementarisée aussi.

VIVE LA LUTTE ET LE PROGRAMME DES GILETS jAUNES !

2°)-Article du 6 septembre 2019

On le sait : la Macronie est ébranlée par la secousse sismique des Gilets Jaunes, que rien ni personne ne semble devoir arrêter : ni le froid, ni les vacances estivales, ni les condamnations judiciaires. Ni les violences policières rappelant la sauvagerie avec laquelle les pays colonisateurs d'avant 1914 traitaient les peuples colonisés.

Ainsi, Alexandre Langlois, syndicaliste policier du syndicat WIGI Police raconte sur le Media, comment sa hiérarchie dans la salle de commandement, a obligé les CRS à commettre des actes, dont ils ne mesuraient pas l'ampleur : le 1er décembre, les gilets jaunes ont été complètement "nassés" Place de l'Etoile + Champs Elysées. La coutume veut que, dans ce genre de situation on laisse une rue libre, afin de permettre aux manifestants de s'échapper. Ce jour là, rien du tout. Les GJ n'ont eu d'autre solution que d' affronter la police, et donc de passer pour des "violents" et des "casseurs". Surtout, ils ont été traités comme des bêtes, comme dans une partie de chasse à cour.

Les gilets jaunes auront tout enduré, tout subi. Mais, comme dit leur chanson : "on est là; on est là, même si Macron ne le veut pas ! "(sic).

2.1°)-L'Hégémonie de l'ordre libéral sur le Peuple n'est plus assurée :

Premier constat : l'hégémonie de la Classe moyenne sur le Peuple des gilets jaunes n'est plus assurée. Depuis, le 17 novembre 2018, on assiste à une démonétisation accélérée de la "gôche" tenant depuis 35 ans le système sur le Peuple français. Toute une petite Bourgeoisie éduquée, délicate, en surplomb, en apesanteur du reste de la société, qui s'autorise à penser, juger seule le monde social, à l'aune du primat donné à l'idéologie du suffrage universel, comme seul moyen de "changer le monde" !

Le sociologue Alain Accardo montre que, jusque là, la petite-bourgeoisie de gauche oeuvrait activement au seul service de l'oligarchie et de l'immobilisme social (cf "Le petit-bourgeois gentilhomme. Sur les prétentions hégémoniques de la classe moyenne", édition Agone, 2009).

Or, depuis le 1er novembre, l'hégémonie de la Classe moyenne sur le Peuple n'est plus assurée. Les gilets jaunes, c'est à dire les Classes populaires et les petites classes moyennes forment sur les ronds-points et les manifs UNE REPRESENTATION DIRECTE : court-circuitant les responsables de "gôche" : PS, EELV, PCF, élus LFI...

2.2°)-LES GILETS JAUNES IMPOSENT LEUR PROPRE HEGEMONIE :

Non seulement les gilets jaunes imposent leur propre mode opératoire, - manifester chaque samedi-,  popularisent leurs propres slogans ("Une vie décente pour tous"), mais cette opposition extra-parlementaire forme aussi L' ESQUISSE D' UNE NOUVELLE UNITE POPULAIRE, UN BLOC ANTI -BOURGEOIS, à qui il ne manque plus qu'un programme politique fédérateur.

Comme écrivait Guy Debord en 1975 : "la forêt de l'Histoire est en marche contre leurs châteaux de fausses cartes, et commence déjà à en resserrer l'investissement" (sic) (cf Réfutations", 1975). Oui, la forêt des Gilets Jaunes est en marche contre le chateau de fausses cartes de la Macronie...!

Selon "Le Monde", on compterait 1 million de gilets jaunes qui sont descendus dans la rue depuis le 17 novembre. Mais on pense qu'un tel chiffre minore encore la réalité. Qu'importe : ce chiffre montre à quel point le mouvement des GJ est solidement ancré dans le pays, dans les têtes et dans les coeurs. Même Macron reconnait "la vitalité du mouvement des gilets jaunes"(sic), comme le note le Figaro du 26 février 2018.

De plus, 62% des français ont de la sympathie pour les Gilets jaunes dans un récent sondage, alors que ce taux était tombé à 50% au mois de juin : le soutien massif des français aux GJ n'est donc plus à établir.

CE QUI SINVENTE TOUS LES SAMEDIS, C'EST UNE AUTRE FACON DE FAIRE DE LA POLITIQUE que celle des urnes, inventées en 1848 par les élites, où la moitié de l'électorat s'abstient, l'autre moitié toujours déçue par les résultats confortant l'immobilisme social.

A ce stade, toute la question est de savoir si les gilets jaunes réussiront à se structurer autour d'une proposition politique nouvelle...

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