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Billet de blog 13 septembre 2016

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OUBLIES LES SANS DENTS : LA QUESTION DE L'EMPLOI, INVITE SURPRISE DE LA CAMPAGNE 2017

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OUBLIES LES SANS DENTS : LA QUESTION DE L'EMPLOI, INVITE SURPRISE DE LA CAMPAGNE 2017...!

La question de l'emploi fait penser à ces membres de la famille peu glorieux, qu'on ne sort que pour des raisons exceptionnelles. Uniquement dans les cas de force majeure. Chacun le sait : depuis les années 80, la question sociale a disparu de tous les agendas politiques. Alors qu'elle avait structuré le champ politique entre 1945 et 1980 : avec des hommes comme Ambroise CROIZAT, Pierre MENDES-FRANCE, l'Abbé PIERRE, le Général De GAULLE, POMPIDOU, chacun voyant évidemment le social à sa porte.

Mais ensuite Le Pen père avait tout chamboule : imposant un nouveau clivage Français/étranger, dominant désormais tous les débats politiques. L'importance incroyable, démesurée accordée au port du burkini est la dernière illustration en date de cette primauté donnée au clivage Français/Musulman. Revenant à geler les intérêts populaires : silence radio hélas sur les problèmes de manque d'emploi et d'argent de 15 millions de pauvres, selon nos calculs.

Mais, dans ce silence de banquise, JLM le premier a osé parler, au cours de son discours à la fête de l'Humanité du 10 septembre 2016, de la nécessité d'ERADIQUER LA PAUVRETE (sic). Discours qui a eu d'ailleurs beaucoup de succès, en particulier de la part de jeunes l'écoutant religieusement, bouche bée...

Aussitôt, Valls lui a piqué de façon misérable son idée, grattant un tweet appelant à lutter contre la pauvreté : c'était bien la première fois que je l'entendais parler de ce problème... !

Mieux encore, Hollande a passé sa journée hier à "sauver" (sic) Alstom. On a entendu Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports sortir : "Alstom vivra", un vieux discours volontariste sur l'emploi, hier encore totalement désuet, qui paraissait tout droit sorti d'une manifestation République-Nation des années 70. : entre "socialo-communistes"(sic) comme on disait alors...! Tandis que BFM-TV, notre chaine bien aimée consacrait sa journée au "sauvetage" d'Alstom, invitant notamment l'inénarrable Attali, dont la "science" (photocopiée dans les livres des autres) n'est plus à présenter. BFM avait bien fait les choses : plaçant un énorme bandeau au bas de l'écran : "Hollande se mobilise pour Alstom" (sic). Comme aurait dit BRASSENS : "la farce était bien bonne, et valait le coup d'oeil" ("Les 4t'zarts"). Surtout lorsque la CGT vendit la mèche : Hollande avait été saisi du problème d'Alstom par une lettre de la CGT de février 2016...! Oublié le mépris pour les "sans dents" : à six mois du premier tour, qu'est ce que les pauvres ont de beaux yeux et de belles dents, ma bonne Dame...!

Et ce n'est pas tout : Thierry Arnault, journaliste politique maison, a expliqué à nos oreilles incrédules : "l'emploi va être au coeur de la campagne présidentielle !" (Sic). Si ce n'est pas une résurrection inattendue, cela y ressemble...!

Outre le très bon discours de JLM sur la pauvreté, qu'est-ce qui justifie une telle redécouverte de la question de l'emploi, dont le cadavre gisait là dans l'indifférence générale... ?

1)- D'abord, le sondage ELABE du 8 septembre : 86% des français sont mécontents de la politique de l'emploi menée par FH. Pour mémoire, ils étaient 75% à ne pas être satisfaits de la politique de l'emploi de Sarkosy : soit 11 points d'écart.

2)-Ensuite, cette analyse de Thomas Guénolé, politologue, dimanche soir sur LCI : "en ce moment, les sondages d'intentions de vote ne mesurent que la fraction la plus politisée de l'électorat français : celle qui sait déjà pour qui elle veut voter. Ces sondages sont donc biaisés, faussés, ne prenant pas en compte la moitié de l'électorat peu politisé : souvent de jeunes précaires, sans emploi : qui ne se prononceront pas avant le mois de février 2017. Et dont les intentions de vote, de par leur nombre, le statut social du votant, sont de nature à rebattre totalement les cartes politiques de la Présidentielle. Et à déplacer le curseur de la politique très à gauche.

D'où l'importance de parler de la pauvreté encore et encore, qui touche une masse très importante de gens, mais de façon sournoise, éparpillée dans de nombreux sous groupes très différents : retraites vivant avec une retraite inférieure au seuil de pauvreté, travailleurs pauvres gagnant moins de 962 euros par mois, 1,2 millions de personnes éligibles au RSA, mais ne faisant pas la demande. Jeune qui n'a pas travaillé, ni inscrit à Pôle emploi. Et ne bénéficiant pas du RSA, faute d'avoir 25 ans, chômeurs indemnises touchant 600 euros par mois...

De même, il importera de faire des propositions très précises : UNE VIE DIGNE ET DECENTE POUR CHACUN, soit à travers un emploi correctement rémunéré, soit à travers un revenu d'existence décent...!

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