La hausse du prix du carburant n'est qu'un prétexte !

La crise des taxes sur le carburant me rappelle le déclenchement de la Révolution tunisienne contre Ben Ali en 2011...

1°)- François Licoppe : "A un moment il convient d'être lucide et de pouvoir faire un constat: la grogne qui a permis à un mouvement comme celui du 17 novembre de sortir de terre comme champignon en automne ne vient pas de rien. Si la revendication invoquée est celle de s'opposer à la hausse du prix des carburants, il n'aura échappé à personne que cela est un faux prétexte ne fut ce que pcq les prix du carburant ont déjà été plus élevés. Il y a un mouvement sourd bien plus vaste qui souffle en France et qui a des origines multiples, qui est fruit de nombreux malaises qui n'osent pas dire leur nom, de peur d'être à nouveau stigmatisés par les serviteurs du capital, la petite gauche. C'est d'ailleurs pour cette raison que cette dernière a essayé de l'assimiler à un mouvement d'extrême droite, ce qu'il est en fait pour partie dans le sens où les craintes sont bien plus larges que celle de ne pas pouvoir finir le mois. Le ralliement tardif de cette petite gauche qui a servi à cacher ces dysfonctionnements est le signe que l'état n'est plus à même de conserver par devers lui la désastreuse vérité. On peut mentir à certains tout le temps, à tous un certain temps mais pas à tout le monde tout le temps. La petite gauche voit le voile qu'elle a essayé de tendre sur la société se déchirer. Le rideau de la stigmatisation est en train de se lever. Espérons que le prochain acte de ce drame humain sera de meilleure qualité.

2°)-Brigitte Pascall : " Depuis 2016 avec le mouvement anti Khomri (14 journées nationales de mobilisation + grèves des déchetteries et des raffineries), nous vivons un long Mai 68 à éclipses. Donc, je suis tout à fait d'accord avec toi, lorsque tu parles d'un mouvement sourd dans le pays, qui va bien au-delà du prix du carburant. Pour autant, ne sous-estime pas la crainte de ne pas finir le mois, qui concerne 80% des français, comme le disait lui-même Jean-Paul Délevoye, alors Médiateur de la République (2015). Peur qui est, me semble-t--il, massive et décisive dans cette colère, qui trouve l'adhésion de 80% de français.

Dans cette colère, il y a aussi, me semble-t-il, une colère contre les directions syndicales et politiques (CGT, FI), ce que tu appelles la "petite gauche", qui ne relaient pas sincèrement et loyalement les problèmes d'emploi et de manque de pouvoir d'achat des salariés, jeunes, retraités, chômeurs, etc. Et qui n'a eu de cesse, depuis 18 mois, de sauver le soldat Macron : notamment dans l'ignoble casse du code du travail vieux de cent ans. Il parait que Macron est inquiet, mais je pense que c'est aussi le cas de Martinez et de JLM....

La crise des taxes sur le carburant me rappelle le déclenchement de la Révolution tunisienne contre Ben Ali en 2011. Tout est parti du suicide d'un jeune homme, à qui la Police avait confisqué son échoppe de fruits et légumes, son seul moyen de travailler, dans un pays où le chômage des jeunes atteint des niveaux records.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.