Quand les média veulent une défaite cuisante des cheminots grévistes...!!

QUAND LES MEDIA VEULENT LE DEFAITE CUISANTE DES CHEMINOTS GREVISTES...!!!

FRANCIS CARRER, mercredi 18 juin 2014.

Bonjour les gens …………………………………………………
Amitiés, et bonne journée ……………………………….
(Je "prtg" un "statut" de Bob Solo ……..

"On se goure complètement sur Hollande. En vrai, c’est un gauchiste acharné, révolutionnaire, extrémiste, radical. C’est juste qu’il avance masqué. C’est un infiltré, un espion. Il lutte de l’intérieur. Sa politique de droite ultralibérale, c’est fait exprès pour réveiller la colère du peuple jusqu’à l’exaspération et provoquer un soulèvement massif contre les injustices du capitalisme meurtrier. Hollande, en fait, c'est un genre de mix Lénine/Gandhi/Jésus. Un sauveur quoi. Il se sacrifie pour nous tous. C’est beau. C’est grand. C’est exemplaire. C’est héroïque. Gloire à lui.

Brigitte PASCALL :
Bonjour Francis, oui, moi aussi j'ai lu le commentaire de Bob. Mais il ne me fait pas rire. Non pas que Bob n'ait pas d'humour, loin de là...Mais le traitement médiatique pourri de la grève des cheminots me donne envie de dégobiller, très peu envie de rire... : ce matin, en allumant mon poste, je suis tombée sur des mouchardages d'un "syndicaliste" CFDT, expliquant sur BFM-TV, que les salaries non grêvistes avaient reçu "d'insupportables pressions"(sic) : en fait, juste des textos de la part de la CGT, les appelant à faire grève...Hier, c'était un "sondage" expliquant que 75% des français était contre cette grève. Le mot "POURISSEMENT DU CONFLIT" est écrit en gros en bas de l'écran...Les media non équitables auront la peau des grêvistes, si nous ne réagissons pas....

La semaine dernière, avec Antoine LEAUMENT, nous analysions le traitement médiatique de JLM, régulièrement sali, esquinté, décanillé par les media de l'idéologie dominante. A partir de Pierre BOURDIEU, je montrais comment le champ politique a cessé d'être autonome, "d'être un microcosme" pour parler comme Raymond Barre. Comment des agents vulgaires, incultes, du champ médiatique font désormais la pluie et le beau temps dans le champ politique, faisant de Marine Le Pen une nouvelle Princesse de sang avec un P majuscule : ce qui me rappelle à contrario la très belle chanson de Thierry LE LURON écrite par Bernard MABILLE sur la musique de Serge LAMA "Souvenir, attention, danger" : disant qu'en Algérie on appelait Le Pen "la vache qui rit !" Que de chemin parcouru par les média, qui pratiquaient alors un anti lepénisme, jeté depuis par leurs soins dans les poubelles de l'Histoire...!!! Tandis que ces mêmes média traitant un républicain pur jus comme JLM de triste "pouilleux", je le dis bien sur avec beaucoup de guillemets...

Et BOURDIEU de parler de "COUP DE FORCE" du champ médiatique dans le champ politique, de véritable usurpation de pouvoir, véritable coup de force d'agents extérieurs au champ politique les journaleux) imposant leur classement propre ( M Le Pen très en haut, JLM très en bas) dans le champ politique...

S'agissant du conflit des cheminots actuel, c'est la même chose : le conflit des cheminots ne se gère pas entre grêvistes, direction de la SNCF et gouvernement Hollande-Valls, autrement dit à l'intérieur du champ social : mais par media interposes, qui décident seul de l'impopularité du conflit, et donc de sa fin prochaine...: "prises d'otage", "galères des usagers", "grogne syndicale", voici les mots qui circulent en boucles dans toutes les télés, tous les journaux ( dits de droite et de gauche) de la part des journalistes hostiles au conflit, cherchant à décaniller, déglinguer la belle lutte des travailleurs du rail pour conserver leur emploi. Comme l'explique Frédéric LEMAIRE dans un très bel article d'ACRIMED du 17 juin "Grèves à la SNCF, les usagers pris en otage par les éditocrates" (posté hier sur mon mur), les média, les socialistes au pouvoir parlent comme "Le Figaro". "Le Monde", journal officiellement à gauche, n'est pas en reste : "SNCF, il faut savoir arrêter une grève"(sic) ; les syndicalistes "n'obtiendront rien" (re-sic), "vont perdre la bataille"( re-re-sic), leur grève est injustifiée "par ce qu'elle perturbe la vie quotidienne des usagers" (re-re-re-sic)...Là aussi on peut analyser cette bataille médiatique comme un véritable coup de force des média dans le champ social, afin d'imposer une fin rapide au conflit, et une défaite cuisante aux cheminots syndicalistes...

Je me demande jusqu'où les électeurs de gauche, qui ne sont pas de la pâte à modeler, marchent dans la combine...Comme me le fait remarquer Francis (Career) avec humour, et citant Michel AUDIARD : "il (Hollande) a tellement une gueule de faux témoin que cela en devient de la franchise..." Celle-là, SUPER, je ne la connaissais pas, elle n'est pas dans mon super livre "AUDIARD par AUDIARD", édition René Château, un livre compilant tous les bons mots d'AUDIARD par thème, famille, voyous, alcool, guerre..., et que je ne vous recommanderai jamais assez...

Contrairement à tout ce que l'on dit, je m'attends à des surprises, dans le prochain sondage-côte de popularité de Hollande : non pas auprès des électeurs de droite qui sont naturellement anges, mais auprès des électeurs de gauche se sentant trahis au delà du pensable, sans doute encore plus qu'aux élections européennes : se sentant trahis de voir la gestion ultra droitière de ce conflit par Valls-Hollande + champ médiatique coalisé, qui rappelle l'autisme (ultra-libéral) de Juppé en 1995. Avec en plus, ce qui n'existait pas en 1995, un champ médiatique y allant au lance flammes contre les grêvistes...

Les électeurs deêvistes dans un communique, une façon de montrer qu'ils pensent à eux. Et de dire que s'il était au pouvoir, il écouterait les vraies inquiétudes des cheminots grêvistes, craignant de perdre 24 000 emplois en 2014...j'ai écrit ces lignes à 7 heures du matin. Aussitôt, Cathy ROUSSEAU (que je remercie) m'a communiquée le dernier (et excellent) blog de JLM, qui écrit notamment : "l’usage obsessionnel des mots « prise en otage » résume l’incitation malsaine à la criminalisation de l’action syndicale qui est recherchée à cette occasion. Les professionnels du vocabulaire cherchent délibérément à provoquer la confusion entre syndicalistes et terroristes, conflit social et guerre. Que les cheminots fassent grève pour défendre l’intérêt général n’a pas effleuré un seul article, un seul reportage. Qu’ils en soient lourdement de leur poche juste avant les vacances ne veut rien dire pour un médiacrate gavé. Que la libéralisation du rail soit une calamité et un échec partout où elle a été appliquée n’est pas le débat pour eux. La seule question qui vaille ce serait la grève, pas ses causes. « Faut-il interdire la grève ? » demande même le Figaro...." La suite de son dernier billet, vous la trouverez postée sur mon mur...


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