Raymond Aubrac, oublié des cérémonies de commémoration de la Libération de Marseille

Le grand Raymond Aubrac a été oublié des cérémonies de commémoration 2019 de la libération de Marseille. Pourtant, il était le Préfet-Commissaire de la République de la Ville, comme il le raconte dans son livre Où la mémoire s’attarde, aux éditions Odile Jacob (1996).

Le grand Raymond Aubrac a été oublié des cérémonies de commémoration 2019 de la libération de Marseille. Pourtant, il était le Préfet de la Ville, comme il le raconte dans son livre : " Où la mémoire s'attarde", édition Odile Jacob, 1996.

Voilà ce qu'écrit Aubrac dans son livre de souvenirs : "le Général de Gaulle me reçut le 7 août 1944 à la Villa des glycines. Pas un mot sur notre précédent tête à tête (rugueux). Il n' a pas été facile me dit-il de désigner un Commissaire de la république (préfet) pour Marseille. Avec l'accord de la Résistance, le choix s'est finalement porté sur vous" (sic).

Bonjour la réécriture fallacieuse de l'Histoire ! Bonjour la disparition méthodique, froide et concertée de la mémoire communiste !

Un torchon de livre "Lyon 1943", rédigé par un certain Chauvy, historien régionaliste amateur, auteur de seulement deux ouvrages raconte que Aubrac a "donné" Jean Moulin : naturellement, il s'agit d'un fake grossier. Non, ce n'est pas Aubrac qui a "donné" Moulin mais Hardy et la DST de l'époque comme l'explique Délétraz, femme agent de la DST à Mireille Albrecht, enquêtant sur ceux qui ont "donné" sa mère à la Gestpo : Berty Albrecht  fut victime elle aussi d'un coup de la DST. C'est ce qu'explique longuement Mireille Albrecht dans son livre souvenir sur sa mère intitulé "Berty" aux éditions Robert Laffont, collection vécu, 1986 :

1°)- Ele raconte comment des amis lui portèrent "France Soir" de mai 1950, à l'occasion du second procès Hardy, dont le titre en gros caractère était : "Mme DELETRAZ avoue qu'elle a livré la grande patriote Bertie Albrecht à la Gestapo" (sic).

2°)- Deletraz raconte comment elle est arrêtée en avril 1943 par la Gestapo. Voilà ce qu'écrit Mireille : "Dans les bureaux de la Gestappo, elle (Délétraz) rencontre à plusieurs reprises Multon, Mogue et HARDY, qui lui est ainsi présenté par Barbie :

- Voilà Madame un français qui a compris" (sic). Hardy fait donc partie des coupables.

Après un long interrogatoire avec Barbie, Elle prévient son chef, le commandant Broussard de la DST, qui lui dit de ne pas changer ses habitudes. Du coup, elle sert de souricière pour faire arrêter Bertie Albrecht. La deuxième fois, Barbie l'utilise pour faire arrêter Jean Moulin à Calluire. Elle était sensée donner du "menu fretin"(sic) : elle et son chef Broussard "donnèrent" Jean Moulin et Berty Albrecht... !

C'est donc la DST (DELETRAZ +GROUSSARD) + HARDY qui ont "donné" Moulin. La DST ne fut jamais inquiétée à la Libération.

On vit donc une inversion totale des valeurs : le Bien, les vrais héros comme Aubrac, sont portés au tribunal de l'Histoire par des gagne-petits menteurs comme Macron, incapable de se battre à la loyale. Le Bien est sensé être mieux que le Mal, alors qu'il participe d'une longue tradition humaniste remontant à Montaigne, structurant la vie de la société française. A présent, c'est le Mal et le Mensonge décomplexés, qui règnent en maitres absolus sur la planète. Une fois de plus je partage l'analyse d'Alain Benajam et de Chris Hedges, ex journaliste au New York Times.

PS : ARJUNA, lecteur de Médiapart, écrit : "Raymond Aubrac est le commissaire de la République qui va légaliser à Marseille les réquisitions d'entreprise sous gestion ouvrière. C'est aussi lui qui refusera le mythe mensonger de la police patriote et remplacera une police largement collaborationniste par les milices constituées en Forces républicaines de sécurité. Un bilan largement suffisant pour essayer de l'effacer de l'histoire".

 

L'OUBLIÉ DES CÉRÉMONIES COMMÉMORATIVES DE LA LIBÉRATION

 

 

 

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