KEYNES ET LA CRISE. HIER ET AUJOURD'HUI
Paulo NAKATANI et REMY HERRERA
Presses Universitaires de France | « Actuel Marx »
2013/1 n° 53 | pages 153 à 168
Article disponible en ligne à l'adresse :
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https://www.cairn.info/revue-actuel-marx-2013-1-page-153.htm
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1°)-Brigitte Pascall : Alors que la pensée libérale agonise sur le bord du chemin, la pensée keynésienne est de plus en plus souvent "siphonnée" par les libéraux, histoire de se donner une ultime jeunesse. Mais, à l"exception de Joseph STIGLITZ et de Paul KRUGMAN, véritables keynésiens, le keynésianisme est utilis2 "en contrebande". Interprétée de façon bourgeoise, à peine réformiste. Il n'est bien sûr pas question de relever les salaires de façon substantielle.
Le keynésianisme est perceptible dans les politiques économiques de Bush et d'Obama. L'article datant de 2013, Trump n'est pas cité, mais il a également développé une politique assez keynésienne...
2°)- Début de l'article de Nakatani et Herrera :
Dans un contexte où les politiques néolibérales sont très critiquées, mais pas abandonnées, la gravité de la crise actuelle est propice au retour des thèses de John Maynard Keynes, surtout celles exposées dans la Théorie générale de
l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. Depuis quelque temps déjà, des théoriciens néoclassiques renommés ont pris leurs distances avec la vision d’un ajustement auto-régulé du capitalisme et ont contesté la ligne néolibérale.
Ils l’ont fait, pour la plupart d’entre eux, non pas tant pour se convertir au « keynésianisme » (ce qui reste l’un des plus sûrs moyens de perdre toute considération scientifico-académique) que pour accélérer le siphonnage de l’héritage de Keynes par le paradigme dominant et poursuivre l’œuvre de « synthèse keynéso-néoclassique » entreprise dès la fin des années 1930 par les efforts d’éminents auteurs comme Sir John R. Hicks ou Paul A. Samuelson.
Leurs descendants, demeurés fidèles à la théorie standard (au prix de quelques adaptations sur les ajustements de prix, les anticipations ou la concurrence mparfaite…), se nomment à l’heure présente Joseph Stiglitz, prix Nobel et
ancien vice-président de la Banque mondiale, ou Paul Krugman, lauréat du même prix et qui achève l’un de ses derniers livres par ses mots: « Keynes […] est aujourd’hui, plus que jamais, à l’ordre du jour;
. »
Bien qu’elles s’opposent souvent sur les degrés d’intervention de l’État, les interprétations de ces « keynésiens » de l’air du temps et des néoclassiques traditionnels participent toutes de la même matrice politico-idéologique que le lecteur nous laissera qualifier de « bourgeoise ». Les plus avancés,
malgré moult variantes et subtilités, ne formulent que des visions à peine « réformistes », introduisant de minimes modifications dans le fonctionnement du capitalisme pour le voir survivre encore quelque temps – quitte
à temporairement accepter une très forte poussée étatique à travers l’achat d’actions de banques, de compagnies d’assurance et de caisses d’épargne au bord de la faillite, même sans droit de vote ni critères de contrôle.
Si des outils « keynésiens », destinés à tenter de stimuler la consommation, sont perceptibles dans les mesures anticrise de l’administration étatsunienne – dès le plan de (l’équipe de) G.W. Bush au premier semestre histoire globale
2008 (rétrocession d’impôts) et, surtout, avec le programme de B. Obama (dépenses d’infrastructures) –, la prédominance va encore très nettement aux politiques néolibérales pour sauver le maximum de richesse financière accumulée par les oligopoles de la finance.
La conversion d’urgence de plans de sauvetage du capitalisme à un interventionnisme d’États et de
Banques centrales, actionnés de façon anti-démocratique par les dirigeants de gouvernements néolibéraux du Nord, ne peut faire illusion. Le mélange de baisses de taux d’intérêt, d’ouverture de lignes de crédit et d’achat d’actifs
bancaires demeure des plus orthodoxes et ses initiateurs sont loin de s’être extraits des dogmes de l’économie dominante.
Voyons donc les relations qu’à son époque, Keynes entretenait avec ces derniers, puis sa théorie de
la crise et, enfin, l’opportunité d’un retour aux politiques inspirées de lui.
1Dans un contexte où les politiques néolibérales sont très critiquées, mais pas abandonnées, la gravité de la crise actuelle est propice au retour des thèses de John Maynard Keynes, surtout celles exposées dans la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. Depuis ...
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Keynes et la crise. Hier et aujourd'hui
1Dans un contexte où les politiques néolibérales sont très critiquées, mais pas abandonnées, la gravité de la crise actuelle est propice au retour des thèses de John Maynard Keynes, surtout celles exposées dans la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. Depuis ...
1Dans un contexte où les politiques néolibérales sont très critiquées, mais pas abandonnées, la gravité de la crise actuelle est propice au retour des thèses de John Maynard Keynes, surtout celles exposées dans la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. Depuis ...
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