Le départ de notre chef bien aimé !

Le départ de notre chef bien aimé. Dans la gare, ils sont seuls. Personne à la fenêtre pour agiter son mouchoir, leur dire : "je vous aime, ce n'est qu'un au revoir, revenez-nous vite" (sic).

Peut être une image de 2 personnes et texte

Le départ de notre chef bien aimé et de Madame. Dans la gare, ils sont seuls. Personne à la fenêtre pour agiter son mouchoir, leur dire : "je vous aime, ce n'est qu'un au revoir. Revenez-nous vite" (sic).

Personne pour lui dire "on vous aime", comme les américains sur le bord de la route de Floride, saluant, applaudissant joyeusement Donald Trump et Mélina. Ils viennent de quitter la Maison Blanche (20 janvier 2021), pour aller vivre dans leur villa de Mar-a-lago de Palm Beach : deux poids, deux mesures !

Un détail : les valises sont minables : ça sent le voyage de seconde classe (un aller simple) en perspective. Et pour dormir, l'auberge de jeunesse, les petits lits durs, étroits, empilés les uns sur les autres réservés aux apprentis comme seul point de chute. A côté des dorures et des splendeurs aménagées de l'Elysée, j'en connais un qui va sentir une douleur physique dans le dos, les reins et l'âme bien méritée...!

On croit entendre la chanson d'Aznavour :

"Je n'ai connu que les succès faciles

"Les trains de nuit et les filles à soldat

"Les minables cachets, les valises à porter

"Les p'tits meublés et les maigres repas !"

(Je m'voyais déjà en haut de l'affiche)

En effet, c'est un détail : personne pour porter les valises de Monsieur et Madame. Le cher Benalla, amant du couple, aurait bien fait l'affaire. Las, il est en prison, ayant été surpris dans une nouvelle rixe, à tabasser des passants, qui lui demandaient l'heure !

Ils sont crevants tous les deux, à guetter l'horaire du prochain train public de la SNCF : eux qui n'ont eu de cesse pendant cinq ans de prendre des avions privés, à toute heure du jour et de la nuit, sur simple mot, borborygme de leur part. Ils sont crevants à se comporter comme les "riens" que nous sommes : riens sur lesquels ils ont tellement vomis depuis cinq ans. Macron ne disait-il pas à Benalla : "les riens, on les aura !"

Et telle Cendrillon après minuit, son carrosse redevenu citrouille, voici le petit banquier redevenu un "rien", un "illettré" comme nous autres, les sans nom les sans grade de l'Histoire, à attendre le prochain train, comme dans la (très belle) chanson d'Edith Mitchell : "J'attendrai le prochain train"!

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.