Je reposte le compte rendu commun, que nous avons rédigé le 28 mai 2020, Jean-Michel Morizet et moi, de l'ouvrage publié Didier Raoult : "Epidémies : "vrais dangers et fausses alertes", édition Michel Laffon, avril 2020, où il parle notamment du coronavirus.
1°)- Jean-Michel Morizet : "j'ai acheté le livre chez Leclerc pendant le confinement en avril 2020. Je voulais en faire une recension mais le livre sous-titré ''vrais dangers et fausses alertes'' recèle comme une prédiction sur les mois qui viennent.
Raoult prophétise que la pandémie ne serait pas celle de la grippe espagnole dont les 40 ou 50 millions de morts sont dus par l'absence de traitement d'une surinfection bactérienne. En effet, entre 1917 date de naissance de l'épidémie aux Etat-Unis chez les soldats et 1920, fin de la pandémie, personne ne disposait de pénicilline.
Raoult ne partage pas l'avis de l'OMS qui qualifie le SARSCov2 ''d'ennemi de l'humanité'' et inscrit cette pandémie dans celle d'une grippe saisonnière qui fait bon mal an un ou plusieurs millions de morts.
L'intérêt du livre est le regard que porte le microbiologiste sur les phénomènes de peur et de psychose autour d'une épidémie, instrumentalisés par le pouvoir politique.
A mon avis, le chapitre le plus intéressant est la conclusion sur le concept d'hyperrealite et d'altération de la conscience en période d'épidémie. Cependant, il y a des choses louches dans son livre notamment lorsqu'il refuse de dire le nom des états étrangers pour lesquels il a travaille.
2°)-Brigitte Pascall : Moi aussi, j'ai lu deux fois ce livre : une première fois rapidement. Une seconde fois chapitre par chapitre : l'utilisant beaucoup pour mes articles sur le sujet, ce qui montre son intérêt.
J'aime bien le chapitre très développé sur la grippe H1N1. Avec le Covid-19, l'OMS n'en est pas à son coup d'essai : en 2009, à propos de la grippe H1N1, l'OMS a voulu vacciner toute la planète : double vaccin ayant un adjuvant faisant très mal. Heureusement que la grippe a disparu tout à coup.
Autre point intéressant de ce livre : Didier Raoult insiste sur la saisonnalité des épidémies, leur disparition du jour au lendemain, même si ce phénomène est mal explicité sur le plan scientifique.
D'autres chapitres me laissent un peu sur ma faim, comme la canicule 2003 négligée par les pouvoirs publics : certes, le contenu est intéressant, mais l'auteur survole cet épisode majeur de santé publique, qui a traumatisé ceux qui l'ont vécu. Voilà pourquoi j'ai rédigé deux articles sur la canicule 2003 et 2019, à partir de mes modestes souvenirs.
Dans ce livre, ce qu'on ne sait pas, c'est si les coupes ont été demandées par l'éditeur Michel Laffon, ou si elles viennent de Raoult lui-même. Mais, en dehors de ces critiques de forme, ce livre est très intéressant
En tout état de cause, le livre de Raoult est numéro un des ventes, vendu à plus de 10 000 exemplaires, ce qui est beaucoup pour un livre d'essai. Pour mémoire, rappelons que les ouvrages de Pierre Bourdieu se vendaient à 2 000 exemplaires. Par son contenu scientifique original, cet ouvrage mérite amplement son statut de number one.