GENEREUX : LA PRIORITE, C'EST DE SAUVER L'EUROPE, PAS L'EURO !!

JACQUES GENEREUX : LA PRIORITE, C'EST DE SAUVER L'EUROPE, PAS L'EURO...!!!

1°)- LE SUICIDE PROGRAMMATIQUE DE LA SOCIAL-DEMOCRATIE : 
Comme promis, nous revenons longuement sur l'entretien de Jacques GENEREUX dans RUE89 du 16 novembre 2013. Certes, l'auteur de "Nous, on peut !" termine l'interview, en préconisant une "sortie de l'euro pour mener une autre politique". Mais, ce serait très réducteur de limiter cet entretien à une seule phrase. Essayons de comprendre cette histoire très particulière de la social-démocratie, qui a choisit sciemment, de sa propre initiative de faire imploser son programme, pareil à un vieux téléviseur dont on veut se débarrasser. En 1992, les partisans de la monnaie unique veulent mettre fin à la spéculation sur les taux de change. Ils veulent l'euro, pour plus de solidarité entre les peuples. Dans le même temps, le Labour en Grande Bretagne, le SPD en Allemagne et le PS en France mettent beaucoup d'eau libérale dans leur vin réformateur. En 1997, ils valident la logique de Maastricht, c'est à dire, la création d'une grande zone de concurrence sauvage. Des son arrivée au pouvoir, Hollande met en place une grande commission sur la compétitivité des entreprises. Restaurer des marges de compétitivité est d'une stupidité crasse : si tout le monde est compétitif, chacun annule les efforts de l'autre. La politique de Hollande est conforme à son "OUI" au TCE en 2005, qui interdit de mener une politique de croissance supposant d'abord de faire de la dette, discipline budgétaire oblige ! Pas question pour lui de financer la dette publique par des banques publiques. Même le FMI reconnait, que tous les pays de l'U-E n'ont pas intérêt à utiliser TOUS l'assommoir de l'austérité, sauf a entrer dans un cycle dépressif, ce que l'on constate en ce moment.

2°)- COMMENTE CHANGER LA DONNE ???
Comment changer la donne ? En mobilisant les 150 milliards d'euros de niches fiscales, en luttant contre la fraude fiscale, qui permettrait de récupérer des dizaines de milliards. Le cadre européen rend impossible une politique de relance, qui commence toujours par grever les déficits publics. Si les rares exemples de relance ont échoué, c'est que, simultanément, on baisse les impôts des investisseurs : la part des dividendes augmente, l'investissement productif stagne. Les américains, officiellement "libéraux", n'hésitent pas à creuser leur déficit pour soutenir la croissance et l'emploi, Quand on est entre en crise, en 2009, on aurait pu acheter une partie de la dette grecque, qu'on aurait mise a la poubelle. Et on jugulait immédiatement la crise. Au lieu de quoi, on a fait croire aux français, qu'ils vivaient au-dessus de leurs moyens, et qu'il fallait réduire les dépenses publiques. L'Histoire montre que les dettes publiques ne sont jamais des catastrophes : quand on ne peut plus payer, on ne les paye pas, point barre. Il faut "monétiser" la dette, c'est a dire, la financer par la planche à billets. Aujourd'hui, les détenteurs du capital prélèvent 12 à 15% de la valeur créée. Une phrase, qui me rappelle une proposition de loi de JJ CANDELIER, exigeant un moratoire face au constat suivant : sur 1 000 milliards de richesses créées, 550 partaient en salaires, 200 en investissements, et 250 dans la poche des banquiers en dividendes. Aujourd'hui, les gens vous rigolent au nez quand vous vous dites pro-européens : le seul moyen d'être écoute, c'est d'en sortir. Donc, si JLM est Président de la République, et Jacques GENEREUX son Premier Ministre, ils mobilisent la Banque de France pour créer des euros, Banque de France empêchee de battre monnaie depuis la loi ROTHSCHIELD-GISCARD de 1973. On imagine mal Mario DRAGHI pousser hors de l'U-E la France, car les autres pays, Italie, Espagne, Grèce, Portugal, ne resteront pas une seconde de plus. Ce qui, en désobéissant à l'Europe, revient à tout faire exploser. Et, de fait, sortir de l'euro, et de l'Europe, une hypothèse que le PG assume. En revanche, le PC n'est pas prêt a aller jusque là. Et de conclure, qu'il faut sortir de l'euro, pour faire une autre politique en faveur des classes populaires.

Prenez le temps de lire cet interview (très facile a lire), il le mérite ! C'est le meilleur article que je connaisse, sur l'histoire, la socio-genèse de la trahison des social-démocraties européennes. On nous présente toujours l'"Europe" comme un truc a-historique, une chose "libérale" depuis qu'elle est dans le ventre de sa mère. Nous (militants FDG) souscrivons, participons à cette croyance, lorsque nous crions sur les marchés : "NON a l'Europe libérale !" La lecture de cet entretien montre que les choses sont plus nuancées. Aujourd' hui, que les social démocraties dirigent presque tous les pays de l'U-E, une autre politique, plus "solidaire" devrait s'imposer aux peuples européens. La trahison (abjecte) des BLAIR, SCHROEDER, HOLLANDE, rend ce scénario impossible. Ce qui rend un HOLLANDE encore plus coupable à mes yeux que SARKO des malheurs que nous subissons en ce moment. Je ne suis pas européiste, c'est faible de le dire ! Pour moi, l'U-E, c'est un truc qu'a imposé le grand frère américain aux européens, achetant à prix d'or ce pourri de MONNET, un MONNET qui méprisait au demeurant les Peuples, voulant créer un pouvoir le plus éloigné possible d'eux. Voilà pourquoi, j'ai beaucoup de mal a croire à une "Europe des Peuples", qui n'a jamais existe. Je veux bien essayer, je veux bien y croire, mais à condition, au préalable à cette "refondation", que nous sortions de l'euro...

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