1°)- Quentin Dexpert : On défend les salariés musulmans qui se font emmerder injustement et on préférerait ne pas avoir a le faire, ta proposition c'est juste de laisser faire ? A laisser tomber la moitié de la classe ouvrière et a laisser l'autre moitié a la merci de l'extrême droite ?
2°)-Brigitte Pascall : Pas d'accord : on défend la Classe ouvrière toute entière ou on ne la défend pas !
2.1°)-Il Faut aussi bien comprendre pourquoi les ouvriers et les employés sont partis voter LE PEN père et fille. Jospin en 2000, a coupé toutes les enveloppes sociales. J'ai vu mes chômeurs, dont je m'occupais, jusque là très aimables vis à vis du PS, partir du jour au lendemain chez Le Pen Père.
Dire que je n'ai pas été surprise par le 21 avril relève de la litote. Mon seul étonnement est que Le Pen père n'ai pas fait 30% des voix dès le premier tour !
2.2°)- En 2009, rebelote. Je suis au PG, Responsable de la Commission chômage précarité. C'est le lendemain de la crise des subprimes, et le chômage atteint chaque mois des niveaux inouïs : 90 000 rien que pour janvier 2009.
Pour le journal A Gauche du PG, j'ai rédigé un milliard d'articles sur le chômage, tous refusés. Au remue-méninges de l'été 2009, seule ma contribution sur le chômage n'a pas été postée en ligne, alors que dans la salle, elle avait très bien marché. Mon tract sur la pauvreté a été lacéré par le stalinien Coquebrelle. J'ai envoyé mes propositions emploi au PG : aucune réponse. Idem pour le PCF.
Idem pour mon livre "l'Emploi, l 'Emploi, l'EmploI" refusé par toutes les maisons d'édition sur la place de Paris. Sauf le SEUIL, qui l'a édité en ebook et ne m'a jamais payée.
J'ai écris à Mélenchon sur Facebook, que je quittais le PG pour le NPA, après avoir rédigé l'équivalent de 4 Tour Eiffel d'articles sur le chômage et la pauvreté : jamais imprimés.
Tout cela pour dire, que la gôche a laissé tomber la classe ouvrière depuis 1983.
L'islamisme a fonctionné comme l'idéologie de substitution à la question sociale. Soit on parle d'emploi, soit on défend les islamistes. Mais jamais je n'ai vu de débats militants défendre les musulmans sur le terrain du code du travail, comme tu l'écris, et que tu le rêves un peu.
Depuis 40 ans les musulmans n'ont jamais été défendus sur le terrain "économique", comme dans les années 70, par des Jean-Paul Sartre, Raymond et Lucie Aubrac, Claude Bourdet : on organisait des actions dans les actuelles DIREECTES (ANPE) en faveur des "travailleurs immigrés" (sic).
Puis avec la création de SOS Racisme, on a glissé du terrain "économique" au seul terrain "juridique". Toutes ces informations, je les ai trouvées dans l'ouvrage de Thierry Blin, professeur de sciences politiques à Montpellier : "L'invention des sans papiers", PUF, 2009.
Alain Badiou résume parfaitement ces 50 années de reniement de la gôche dans son ouvrage : "On a raison de se révolter". Actualité de Mai 68", édition Fayard, 2018 :
"c'est de ce moment (gouvernement Guy Mollet de 1956) en faveur de la guerre en Algérie), que je fus convaincu, que la social-démocratie était une spécialiste du reniement. et de la déception, point d'honneur qu'elle mit ensuite à vérifier implacablement : côté PS, de Mollet à Mitterrand, de Mitterrand à Jospin, et de Jospin à Hollande.
Mais du côté du PC les choses ne sont guère allées mieux : de Waldeck -Rochet à Marchais, de Marchais à Hue et Marie-Georges Buffet, et de ces derniers à Laurent.
C'est au fond toute la gauche dont il importe de penser qu'elle n'a fait là, pendant la séquence de cinquante ans, qui va des années 50 à aujourd'hui, et qui coïncide avec ma vie militante, qu'une suite de forfaitures, avant de sombrer dans un reposant néant"(sic).
Car, bien sûr, Macron n'a jamais été de "gôche", comme le montre son programme libéral 2017 (cf solide analyse de Jacques Sapir dans son blog de janvier 2017), n'en déplaisent aux Coquerel, Corbière, Autain, etc., qui ont feint de vouloir voir en lui un "sauveur de gôche", qu'il n'a jamais été.
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