Thierry Seveyrat développe sur Facebook une excellente analyse sur la casse du quartier des Champs-Elysées, dimanche soir, pour cause de défaite au foot. Rappelant le tabou absolu "zéro mort" par la Police, remontant au décès de Mailk Oussékine : interdisant tout homicide.
La jurisprudence Malik Oussekine prévaut, du nom de ce jeune homme tué en 1986 par les sbires de Pandraud/Pasqua, ce qui valut la défaite de Chirac en 1988, tous les jeunes ayant voté Mitterrand. Ce qui interdit en principe aux policiers de s'en prendre à la vie des manifestants ou casseurs.
Cette jurisprudence a cependant pris un sérieux coup dans l'aile. Et personne ne moufte. On rappelle la mort par grenade offensive de l'écologiste Rémi Fraisse : l'auteur de l'acte et Casevide (Caseneuve) n'ont jamais été inquiétés. Pire, l'ancien Premier Ministre figure parmi les "présidentiables" de 2022. Jamais le mot d'Aimé Césaire : "nous sommes des êtres jetables" n'a été aussi vérifié
On rappelle surtout la violence et la brutalité déchaînée par les CRS contre le mouvement des Gilets Jaunes. Leurs manifestations pacifiques du samedi devenues de véritables scènes de guerre civile : on vous renvoie notamment aux vidéos de David Dufresne, qui sort d'ailleurs un film intitulé : "Un pays qui se tient sage" : sortie 30 septembre 2020.
Place d'Italie, notre camarade Manu a été froidement éborgné, alors qu'il était tout ce qu'il y a de pacifique. Rien à voir avec un casseur dimanche soir, pillant un magasin de luxe : qui lui, n'a pas eu un seul cheveu de déplacé. Deux poids, deux mesures.
Même chose pour Jérôme Rodriguez, Place de la Bastille.
Geneviève Leguay d'ATTAC a été trépanée par les CRS.
Hélas, il ne s'agit pas de cas isolés. Les Gilets Jaunes ont été traînés par terre, roués de coups, gazés, énucléés, la main arrachée, frappés à la tête, mis en garde à vue, condamnés abusivement à de la prison ferme. On compte 11 morts parmi les Gilets Jaunes, aucun parmi les casseurs arrogants, sûrs de leur impunité sur les Champs Elysées.
J'ai assisté au pillage de la Tour Montparnasse en 1991 (Rocard Premier Ministre) par des caïds de Seine-Saint-Denis. Je les revoie encore casser avec arrogance les vitres du magasin C&A avec leur barre de fer. Le plus tranquillement du monde. De son côté, la Police ne levait pas un seul cheveu pour les empêcher d'agir. Bien sûr, les médias n'ont pas pudiquement montré les images....
Mon sentiment est que la jurisprudence Oussékine est un paravent de circonstance. On ne la sort que pour les casseurs du 93. Occultant le deal passé entre la Macronie et le lumpenprolétariat. Celui-ci peut continuer à cambrioler, voler, piller les magasins, extorquer des biens, faire chanter, etc, Tandis que la Police s'en prend uniquement aux pacifiques Gilets Jaunes et manifestants anti-réforme des retraites.
Beaucoup de français sont choqués par les images de pillage sur les Champ Elysées, ignorant la liberté de mal faire, dont bénéficient les casseurs en banlieue.
Il ne faut pas laisser la droite sarkosienne détenir le monopole de la colère sur les scènes de pillage des Champs Elysées. La gauche critique doit aussi réagir. En profiter pour dénoncer le deux poids deux mesures entre ces petits voyous ultra-protégés et les Gilets Jaunes litteralement massacrés.
C'est pourquoi le Rassemblement Le Peuple d'abord", regroupant les Insoumis démocrates, les Franchement Insoumis, le courant interne/externe à la FI : "Rupture, Pouvoir aux insoumis", le CNJS, le PARDEM et le PRCF, avec pour porte-parole Jacques Généreux ou Jacques Sapir ou Jacques Cotta, demande :
1°)-La libération de tous les Gilets Jaunes injustement condamnés.
2°)-L'arrêt immédiat de l'usage du LBD, des gaz dangereux utilisés contre les GJ contenant du cyanure. Et prochainement du taser.
3°)-Et le retour au libre droit de manifester, constitutionnellement reconnu dans le préambule de la Constitution de 1958.