Explosion du chômage : La crise de l'Etat stratège

La crise de l'Etat stratège en matière de création d'emplois et de lutte contre le chômage. L'Etat stratège gaulliste a renoncé à sa mission de création macroéconomique des emplois, au profit de "l'employeur," devenu en principe le principal "acteur" de la création d'emplois. Mission qu'il ne remplit pas, de l'avis de tous.....

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Christine Erhel, économiste, spécialiste des politiques publiques de l'emploi, analyse dans Médiapart du 25 septembre 2020 l'explosion du chômage consécutive au confinement : 15 mars 2020 - 11 mai 2020. Elle estime que, seuls, les salariés non qualifiés seront touchés par ce rebond du chômage. Pas les emplois qualifiés.

1°)-Je doute de la validité d'une telle analyse, qui, miraculeusement, comme le nuage de Tchernobyl, épargne les classes moyennes, programmées pour être liquidées, taux de profit en baisse oblige :

2°)-Son estimation de 700 000 destructions d'emplois minore gravement la réalité : c'est 900 000 à 1 millions de chômeurs supplémentaires auquel s'attend le Gouvernement.

3°)- S'agissant de l'emploi des jeunes,. elle estime que les 18-25 ans auront du mal à s'insérer sur le marché du travail, y compris les plus qualifiés.

Pas un mot en revanche sur le poids que pourraient jouer les politiques publiques volontaristes contra cycliques, type "emplois jeunes" en 1997.. Seule une insertion professionnelle massive, voulue par un Etat stratège, dans le secteur non marchand (associatif) est de nature à inverser la courbe du chômage des jeunes non qualifiés.

Son oubli n'est pas un cas isolé.

Les trois étages de la décision stratégique gaulliste (un ministre, un préfet, un maire) ont été mis en l'air par les différents pouvoirs libéraux, de Giscard jusqu'à Macron inclus. Au cours de ces quinze dernières années, l'Etat a imposé une vision "comptable" de la politique de l'emploi.

3.1°)-Les contrats aidés ont été supprimés : ces contrats financés par l'Etat, qui ont toujours servi dans les période de crise à "amortir" ses effets en terme de nombre de chômeurs, ont été soigneusement mis au rancart. On est passé de 2,650 millions de contrats aidés en 2000 à 100 000 en 2020;

 

3.2°)-Certes, les médias menteurs ont fait croire cet été à un "retour des contrats aidés". Mais il s'agit d'une aide attaché à des contrats aidés du seul secteur marchand : autrement dit, un pur effet d'aubaine : une façon de remplir les poches des patrons, sans créer de nouveau emploi, comme le montrent de nombreux études sur el CIE.

3.3°)-De la même façon, les exonérations de charge sociales sont de purs cadeaux aux entreprises qui ne crée que très peu d'emplois, cf ouvrage de Philippe Askenasy, : "Les décennies aveugles. Emploi et croissance", édition du Seuil, 2011.

En détruisant les contrats aidés, surtout dans le secteur non marchand, l'Etat 2020 renonce à jouer un rôle macro économique. Tout comme il renonce à soigner les gens malades du coronavirus ; il renonce à insérer professionnellement les chômeurs livrés à eux même.

C'est "l'entreprise", aujourd'hui, qui est sensée créer de l'emploi : ce qu'elle en fait bien sûr absolument pas. Mais elle continue à recevoir les crédits de la politique de l'emploi.

Personne en moufte, notamment à la direction de la FI..

Le Rassemblement "Pouvoir au Peuple" propose le retour de l'Etat stratège en matière de création d'emplois durables :

*ce qui passe par un plan de relance keynésiens fondé sur un relèvement substantiel des salaires, sauf les plus élevés, des retraites et des minimas sociaux.

*La création de 2 millions d'emplois e n CDI dans le secteur associatif, pour les jeunes et les chômeurs de longue durée.

 Le Rassemblement "Pouvoir au Peuple" regroupe le PCRF, le PARDEM, le CNSJS, les "Insoumis démocrates", les "Franchement insoumis", le courant interne/externe à la FI : "Rupture, Pouvoir aux insoumis". Le porte-parole pourrait être Jacques Généreux ou Jacques Sapir ou Jacques Cotta.

Son programme en 23 points préconise notamment une sortie de la zone euro en plan A. Une politique de relance keynésienne à partir de l'augmentation substantielle des salaires, de nature à créer des centaines de milliers d'emplois. La création de 2 millions d'emplois pour les jeunes et chômeurs de longue durée dans le secteur associatif.

 

 

 

 

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