1°)- Brigitte Pascall : Dialectique de l'Histoire oblige : depuis Mitterrand, et plus récemment Sarko, Hollande, Macron, le Peuple français nage dans le mensonge politique, les promesses non tenues. Quand on écoute un homme politique, c'est forcément écouter la langue de bois.
Dimanche, j'écoutais Christian Jacob parler : rien que des petits trucs politicards prévisibles. Ce faisant, on crée dans la société française, une forte demande de Vérité, d'Honnêteté, d'Intelligence, de Neuf et de Social.
2°)-Marie B'ils Brigitte Pascall : C pourquoi il y a de plus en plus d'abstentionnistes.
3°)-Brigitte Pascall : Dans ce mouvement dialectique du Pouvoir vers le Peuple, nous vivons une période intermédiaire.
* D'un côté, l'idéologie libérale agonise sur le bord du chemin.
* De l'autre, on assiste à un renouveau de la lutte des classes, des différents mouvements sociaux (mobilisation anti-Khomri ( 2016), Gilets Jaunes ( 2018-2019), mobilisation anti réforme des retraites (2019-2020). Celui-ci échoue ; non pas faute de mobilisation suffisante : il y avait 2 millions de manifestants dans les rues les 05 et 17 décembre 2019 à contester la réforme des retraites. et le Macronisme en particulier.
En France, ce mouvement n'est pas isolé. Comme analyse Alain Badiou : "je crois qu'il est très important de comprendre que la France est "simultanément le pays des Révolutions et une grande terre de la réaction. C'est un élément dialectique, dont je parle avec mes amis étrangers, "car ils continuent à entretenir la mythologie d'une merveilleuse France toujours sur la brèche des inventions révolutionnaires. Alors ils ont été "un peu surpris de l'élection de Sarkosy, qui ne s'inscrit pas tout à fait dans le même registre...
"Je leur réponds qu'ils font une histoire de France dans laquelle se succèdent les Lumières, Rousseau, la Révolution Française, Juin 1848. La "Commune de Paris, le Front Populaire, la Résistance, et Mai 68. Fort bien. Le problème, c'est qu'il y a en a une autre : la Restauration de 1815, " les Versaillais, l'Union sacrée pendant la Première Guerre Mondiale, Pétain, les horribles guerres coloniales...et Sarkosy. Il y a donc deux "Histoires de France, emmêlées l'une à l'autre. Là où en effet, les grandioses hystéries révolutionnaires se donnent libre cours, les réactions "obsessionnelles leur répondent" (sic) ( extrait de "Eloge de l'amour", édition Flammarion, 2009, (page 95-96).
C'est un texte capital de Badiou : malheureusement, l'ouvrage est un peu ancien : 2009. Dans la France, grande terre de la Réaction, il faut inclure aussi et bien sûr Macron, générant à son tour des levées populaires, comme on a vu ci-dessus.
Mais ces mouvements sociaux, malgré leur force et leur colère légitime, n'ont pas débouché sur des réformes politiques, faute d'un PROGRAMME de rupture avec le système. Et surtout d'un LEADER capable de rassembler sous son nom un bloc social majoritaire. Mélenchon ayant abandonné ce rôle en juin 2017 contre le fric de Macron (dispositif de financement de la vie politique).
Dans ce contexte très particulier, la montée de l'abstentionnisme (surtout chez les jeunes et les ouvriers) montre la crise du suffrage universel, qui, sur la forme et de tout temps, a été une culture de l'élite bourgeoise imposée au Peuple. Comme écrit Alain Badiou, "la ruse électorale, piège tendu (au Peuple) par le vieil oppresseur historique (la Bourgeoisie) ne fonctionne plus", cf "Le réveil de l'Histoire", édition Lignes, 2012).
Crise du suffrage universel sur le fond : les candidats de droite et de gauche ne se battent plus pour l'obtention d'augmentations de salaires, le plein emploi retrouvé, alors que 80% des salariés ont du mal à joindre les deux bouts.
Voilà pourquoi, analysant la Révolution égyptienne, Alain Badiou écrit : "la volonté (des deux millions de manifestants Place Tahir) notamment de bâtir un ETAT SOCIAL, qui mette fin à la terrible misère de millions de gens"(égyptiens) (sic), cf "Le réveil de l'Histoire", op cit. Là aussi et de façon dialectique, les égyptiens descendus massivement dans la rue opposent à la dictature de Moubarak, une société plus juste fondée sur la lutte contre le chômage et la pauvreté. Ils sont obligés de faire une Révolution, pour avoir l'espoir de l'obtention d'un Etat social.
Cette reconstruction nécessaire d'un ETAT KEYNESIEN REDISTRIBUTEUR, garant d'une société plus juste, c'est ce que proposait aussi la gauche critique française au premier tour des présidentielles 2017: à travers notre programme de la FI, "L'avenir en commun", hélas mis au rancart en juin 2017.
Donc, si on veut que les ouvriers et les jeunes votent, il faut vouloir mettre fin au chômage et à la pauvreté, hélas bien avancée, des classes populaires et des jeunes, par un Etat interventionniste. C'est ce que propose le programme du Rassemblement "Le Peuple d'abord", s'appuyant d'ailleurs explicitement sur l'AEC.
Voilà pourquoi, dans la France de 2020, le libéralisme autoritaire de Macron ne peut que génèrer à contrario une forte demande de justice sociale (Etat keynésien dans un premier temps). Dans ces conditions objectives, Il est possible d'obtenir un large rassemblement autour du Programme du Rassemblement "Le Peuple d'abord" regroupant les "Insoumis démocrates", les "Franchement insoumis", le courant interne/externe à la FI "Rupture, Pouvoir aux insoumis", le PRCF, le PARDEM et le CNSJS.