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Billet de blog 27 août 2020

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La mise à mort de la Classe moyenne ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

1°)- David Dukovic : Crise du capital

2008 bis

Le covid sert à la maquiller

Le spectacle aliénatoire de la marchandise

Crise de surproduction de monnaie chimérique, débutée en 1971 avec la fin de la parité or dollar qui arrive à saturation

Pour survivre, le capital doit mettre en jachère et divertir

Il pourra de nouveau recréer de la monnaie chimérique pour relancer l’économie en redistribuant les cartes

Pour ce faire il faut sacrifier la classe moyenne

La survie de la rente passe par la destruction de la classe moyenne

2°)-Brigitte Pascall : *Sacrifier les Classes moyennes sur le plan économique serait suicidaire sur le plan politique.

En effet, à l'ancien bloc social "Le peuple de gauche", a succédé à compter des années 80 une alliance entre la Classe dominante et la petit-bourgeoisie autour d'un projet d'immobilisme social. Voilà pourquoi Emmanuel Todd compare la société française actuelle à "la Belle au Bois dormant".

*La relance de l'activité en augmentant les salaires avec des "hélicoptères money" est une bien meilleure stratégie. Car elle redonnerait du pouvoir d'achat aux classes populaires qui en ont tant besoin.

Les 900 000 suppressions de postes à venir dans l'économie française frapperont surtout les petits salariés : vendeuses de Camaieu, etc...!

3°)-Marie-Mai-Corbel (vivant à Athènes) : En Grèce le plan ce fut de ruiner la petite et moyenne bourgeoisie... et ça marche bien. On obtient la perte de toute possibilité d'agencement politique. Il n'y a plus que de la gouvernance, mais c'est vrai que c'est désormais un protectorat allemand...

4°)- Brigitte Pascall : Je ne doute pas une seconde des "bienfaits" économiques, de sacrifier la Classe moyenne pour la Classe dirigeante.

Selon les chiffres d'Alain Badiou, la Classe moyenne, qui représente 40% de la population s'approprie 14% des richesses mondiales. Et 10% de la population mondiale (la Classe dirigeante, les ultra riches) s'approprient 86% des richesses (cf son ouvrage : "Notre mal vient de plus loin. Comprendre les tueries du 13 novembre 2013", édition Fayard, 2016).

Maintenant, en France, la petite-bourgeoisie/Classe moyenne a toujours eu un rôle politique très important : en gros, depuis la IIIème République : les Gambetta, Ferry, Clémenceau, Jaures, Millerand, premier de la Classe depuis le bac à sable.

Ce sera très difficile pour n'importe quel pouvoir de mettre au rancart la Classe moyenne de la société française, tant sur le plan politique qu'économique.

Les 300 licenciements sur BFMTV ne passent pas facilement. Ils sont exemplaires de la difficulté à mettre au rebut une classe sociale, hier encore chouchoutée, idolâtrée par le Pouvoir.

Je ne dis pas que Macron n'y réfléchit pas. Je me souviens du jour où il a dit en substance : "il faut sortir les français de leur confort douillet, et leur faire redécouvrir le risque..." (sic). Il pensait visiblement aux Classes moyennes enkistées dans la joie de la petite marchandise.

5°)- Voilà ce écrit Alain Badiou dans son livre : "Notre mal vient de plus loin. Penser les tueries du 13 novembre"., édition Fayard : 2016 :

La Classe moyenne, principalement occidentale, est le support de masse du pouvoir en place. Du pouvoir parlementarisé. Je pense qu'on peut avancer, sans vouloir insulter son existence, puisque nous y participons tous ici plus ou moins, qu'un but très important de ce groupe, c'est de n'être pas renvoyé à l'immense masse des démunis. Ce qui se comprend très bien.

Voilà pourquoi cette classe est poreuse au racisme et au mépris des plus démunis.

La Classe moyenne est la plaque sensible de la différence entre elle-même et l'énorme masse un peu lointaine de ceux qui n'ont pas grand chose ou rien. C'est elle qui tient le discours : "défendons nos valeurs". En réalité, défendre ses valeurs, c'est défendre le partage civilisé de 14% des ressources mondiales entre 40% de gens "moyens"(sic). Fin du topo d'Alain BADIOU.

6°)-Brigitte Pascall : La Classe dominante en crise, veut s'en prendre maintenant, outre hélas aux Classes populaires, déjà fortement paupérisées, aux Classes moyennes, constituant une armée de serviteurs onéreuse à entretenir.

Certes, économiquement, elle gagnerait 14% des richesses mondiales.

Mais elle perdrait de fait tous ses idéologues, son personnel politique : justifiant aujourd'hui la Macronie, hier la Sarkosye. Elle abandonnerait aussi sa maigre base sociale des centres urbains comme Paris ou Bordeaux.

En jetant les Classes moyennes par -dessus bord, le Pouvoir du moment risque de précipiter un nouveau bloc social Classes populaires/Classes moyennes, comme il existait au début des années 70, sous le nom de : "Peuple de gauche".

On peut se demander si la crise économique attachée au confinement ne doit pas s'analyser comme le début d'une telle relégation. Car nous le savons depuis longtemps : les salariés basculant dans le chômage ne retrouvent ensuite jamais un CDI.

Parmi les 900 00 suppressions de postes qui vont intervenir en France d'ici la fin de l'année 2020 (donnée UNEDIC), il importe de savoir jusqu'où les classes moyennes sont ou vont être victimes à leur tour de plans sociaux.

Jamais la question sociale n'a été aussi importante. Jamais, les médias et politiques n'en ont aussi peu parlé...

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