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Billet de blog 27 sept. 2017

JACQUES SAPIR VIRE DE SON BLOG : DES METHODES DE GANGSTER.. !

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JACQUES SAPIR VIRE DE SON BLOG : DES METHODES DE GANGSTER.. !

Des méthodes de gangster. Jacques Sapir est privé de la publication du carnet de son blog. Marin Dacos, de l'équipe d'OpenEdition a rédigé un mot sec sur son blog du 26 septembre, indiquant la suspension irrémédiable de la publication du carnet de Jacques Sapir. Notamment, il écrit ces mots menaçants : " il a informé "l’auteur", -le nom de Jacques Sapir n'est même pas cité !-, "que des billets de ce type n’avaient pas leur place sur la plateforme, en précisant que des mesures seraient prises en cas de poursuite de ce type d’usage du carnet de recherche". En clair, la direction d'Open Edition engagera des poursuites judiciaires, si J. Sapir s'avise de publier malgré tout...! La brutalité de ton, l'absence d'explication sur le fond, vaut tous les aveux que l'exécutant (OpenEdition) et le donneur d'ordres ( Macron) ne feront jamais. Dans ce qui est une opération de basse police visant à exécuter un intellectuel de renom.

J. Sapir rédigeait chaque semaine trois ou quatre analyses de fond. Produisant du neuf stimulant à chaque fois. Du vrai journalisme politique de contre analyse, comme on aime : précis, argumenté, avec le tempérament bien trempé de son auteur. Des articles de référence, toujours suivis d'une bibliographie d'une dizaine de noms : tout le contraire de ces "articles", copié-collés de l'agence de l'AFP, constituant l'ordinaire et 95% du journalisme politique 2017. Un travail à des années lumières de celui fourni par les pense petits de la "com", allant chercher craintivement leurs "éléments de langage" (comprenez mensonge officiel) à l'Elysée. Dans ce qui est devenu un pâle travail digne de certains fonctionnaires, où il est interdit de réfléchir, avoir une jugeote personnelle.

Je me souviens de lui avoir écrit qu'une telle production manifestait une bonne santé intellectuelle, comme beaucoup voudrait en avoir. Et je n'étais pas la seule à apprécier ses articles. Au mois d'août 2015, c'est à dire une date un peu ancienne, Jacques Sapir avait dit qu'il avait 350 000 lecteurs de son blog. Chiffre qui n'inclut pas encore les nombreux "partages" sur Tweeter ou sur Facebook. Le "As-tu lu le dernier Sapir, il est excellent ?" étant devenu une sorte de routine sur les réseaux sociaux, où il doit certainement doubler le nombre officiel de ses lecteurs.

Malheureusement, il ne s'agit pas d'un cas isolé. On a pu reprocher à Hollande sa fascination malsaine pour les journalistes gravitant autour de lui. Conduisant malheureusement à l'éviction brutale d'Aude Lancelin de l'Obs, considérée comme "journaliste mal pensante" (sic). Mais dans le même genre, Macron n'est pas mal non plus. Ayant à son actif le limogeage de Natacha Polony, Taddei, et maintenant Jacques Sapir : dont le titre prestigieux de Directeur d'études à l'Ecole des Hautes études en sciences sociales, ses livres sur la sortie de la zone euro vendus par containers entiers, paraissait, à tort, le rendre indéboulonnable.

De plus, le cas de Sapir n'est pas isolé. En ce moment, les éditions du Seuil, qui ont toujours été culturellement à gauche vont être rachetées par Média-Participations, groupe d'éditions de droite catho. Le poste de directeur de collection de Jacques Généreux au Seuil, intellectuel de la gauche critique, rédacteur du programme de la France insoumise, apparaît donc comme plus qu'incertain... Avec l'éviction de Sapir de son blog, et d'autres en projet, on rentre dans le lourd, l'inconcevable, hier encore. Le champ médiatique abandonne toute recherche de la Vérité. Chaque auteur n'a pour seul souci que sa propre complaisance avec le pouvoir du moment. Les médias deviennent un lieu de gangstérisme en bande organisée. Où le "parrain" élyséen, siégeant au château, mobilise ses malfrats et ses porte-flingues, pour faire la peau aux rares intellectuels de la gauche critique honnête, qui résistent encore.

Ne reste plus qu'une information pilulée, aseptisée, truquée en faveur du pouvoir en place. Où le devoir de vérité a disparu, au profit de l'insignifiance et du primat donné aux faits divers. Jamais les réseaux sociaux comme qu'espace de liberté n'ont été aussi importants pour chacun d'entre nous. Comme d'une respiration dans ces années d'hiver, où la propagande, tellement présente, ruisselle de partout. Sans contestation possible. Où tout se résume à ceci : MENSONGE PARTOUT, VERITE NULLE PART...!

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