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Billet de blog 30 juin 2020

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La fête électorale est morte. Place au RIC !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La "fête électorale" est morte. Cette effervescence populaire joyeuse le soir d'un scrutin agonise sur le bord du chemin. Comme dirait Brassens : "à peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes" (Le 22 septembre). La "fête électorale", ce fut par exemple, la victoire du Front Populaire en 1936, ou la Victoire de  l'Union de la Gauche en 1981, donnant lieu à des attroupements joyeux ; affirmations naïves : "avec Mitterrand au Pouvoir, il n"y aura plus jamais de  chômage pour moi et pour mon fils", disait un jeune père portant son fils dans le cou, Place de la Bastille le 10 mai 1981. La "fête électorale", c'est le mot retenu par le politiste Alain Garrigou afin de résumer l'histoire du suffrage universel (voir son ouvrage  :"Le vote et la vertu. Comment les français sont devenus électeurs", édition Presses de la Fondation Nationale des sciences politiques, 1993).

Dimanche soir, plus de liesse. Plus de futur heureux qu'on rêvait les soirs de victoire. Les mornes scrutins macroniens sont tristes comme des jours sans pain : à l'image du second tour des Municipales, où 60% des électeurs se sont abstenus : de la fête, de l'espoir d'un monde nouveau surgi par les urnes, rêve peut être un peu naïf, il ne reste plus rien. Pourtant ce rêve populaire a bien existé, lorsqu'il y avait un semblant de "gauche réformatrice", promettant un Etat keynésien, c'est à dire des augmentations salariales, un emploi pour tous, une promesse de réduction des inégalités abyssales.

Certes, l'histoire du suffrage universel n'est pas une sucess story, loin de là.. Car bien sûr, il faut dépasser la légende tenace, selon laquelle, le suffrage censitaire est de droite, le suffrage universel  de gauche"(sic). Deux mots d'histoire un peu sérieuse, à partir d'un formidable travail d'archives effectué par Alain Garrigou.

L'élection au suffrage universel par un décret de 1848 est une invention de la Bourgeoisie, pour faire rentrer le Peuple à la maison. Cette élection est donc garante de la paix sociale. Mais ne correspond aucunement à une revendication populaire.

Voilà la chronologie des faits : "Les journées révolutionnaires de février 1848 renversèrent le roi Louis-Philippe ; un gouvernement provisoire à la tête d'une République elle aussi provisoire dut alors organiser l'élection d'une Assemblée constituante. Chargés de la rédaction d'une  nouvelle loi électorale, les juristes Louis-Marie de Lahaye de Cormenin et François-André Isambert rendaient leur copie le 2 mars à un gouvernement pressé par l'urgence. La discussion fut ajournée, mais le suffrage universel immédiatement proclamé" (sic) 'cf Alain Garrigou : "Ambiguïtés du suffrage universel", article publié dans Le Monde Diplomatique, 2015).

Pendant des décennies, le Peuple français, alors majoritairement paysan, a renaclé à aller voter. "Dès les élections de 1848,Daniel Stern note que "beaucoup de paysans dans les campagnes reculées, s'étonnaient de cette liste de noms imprimées (les candidats), qu'on leur remettait et disaient naïvement : "Mais puisque le Gouvernement a déjà choisi, pourquoi nous fait-on voter ?" ( cf Garrigou, op cit). Le suffrage universel doit s'analyser comme "une prothèse de l'idéologie bourgeoise"imposée de force au Peuple français rétif à désigner des candidats forcément bourgeois, qui ne le représentaient pas.

Il faudra attendre les années 1930-1950, avec des représentants populaires, pour faire du vote, le sacre populaire du Parti Communiste français, rassemblant 20% des suffrages pendant plus de 30 ans (1945-1981) score inégalé depuis par aucun parti. Des temps forts permettant à la Gauche, éternel Poulidor de la Politique, d'accéder enfin au Pouvoir ( mai 1981).

Mais avec la rigueur (1983), l'abandon par le "gôche" de la défense de la question sociale (lutte contre le chômage et la pauvreté), les scrutins se succèdent, toujours pareils, avec la triste élection de technocrates de droite et de gôche interchangeables. Ne proposant plus qu'un programme d'austérité  à vie. Un éternel recommencement, vaille que vaille,  de ce vieux monde fatigué dirait Alain Badiou.

Comme écrit Milan Kundera dans "La plaisanterie" : " c'est vrai qu'eux sont comme ça, ils savent tout d'avance. Le déroulement des choses à venir leur est déjà connu. Belle lurette qu'il a eu lieu, l'avenir, pour eux ce ne sera plus qu'un recommencement" (sic) cf "La Plaisanterie", publiée par Les Lettres françaises du 10 octobre 1968, cité par Louis Aragon dans la préface de ce livre). L'auteur parlait de la Tchécoslovaquie des années 60, mais ces mots s'appliquent hélas 5 sur 5 à la société Française post-covid 2020.

La croyance au suffrage universel est finie, et c'est, selon nous, un élément d'émancipation du monde du travail, sans cesse trahi par les partis de gauche depuis Guy Mollet et Mitterrand. Elément d'émancipation nécessaire mais bien sûr insuffisant.

Par exemple, le mouvement des Gilets Jaunes, descendant dans la rue, est mille fois plus démocratique et représentatif de la société française laborieuse.

Voilà pourquoi le RIP/RIC doit être une proposition majeure du "Peuple d'abord". Il donne un vrai pouvoir de décision au Peuple français, choisissant de faire un référendum sur le thème de son choix : emploi, lutte contre la misère, écologie, souveraineté, etc. SURTOUT, LE RIP DONNE UN FUTUR AU PEUPLE, différent de cet éternel recommencement dans le pire, le libéralisme austéritaire, que nous  vivons depuis les années 80. Futur qui a complètement disparu de la société française. Ce n'est pas moi qui le dit, mais Emmanuel Todd, estimant que "si la Russie avait un futur, la France n'en a plus"(sic) (cf Conférence à l'ENM sur le thème : "Faut-il brûler Bruxelles ?"30 avril 2015.

On est très à l'aise sur ce sujet, car Patrice Weigel, membre du PG/FI, avec qui je discute de Lordon, Sapir, Généreux, depuis 2009, travaille activement sur le RIP/RIC depuis longtemps. Il a créé une association sur le sujet, bien avant que ce sujet ne soit à la mode.

La fête électorale est finie. Place au RIP/RIC et à la maîtrise collective et locale à la base des choix de production et de consommation !

Notre Rassemblement "Le peuple d'abord" regroupant les  "Insoumis démocrates", les "Franchement insoumis", le courant interne/externe à la FI "Rupture, Pouvoir aux insoumis", le PRCF, le PARDEM et le CNSJS, avec l'appui de porte-paroles comme Jacques Généreux, Jacques Sapir ou Jacques Cotta, qui popularisera le RIP/RIC en lien avec Patrice Weigel, spécialiste du sujet.

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