Macron/Clinton, Le Pen/Trump et Mélenchon/Sanders

L'ambassadeur français au États-Unis fait un parallèle que je crois juste: deux candidats à l'élection présidentielle parlent aux personnes qui souffrent- ou croient souffrir- de la mondialisation libérale. C'est Mélenchon et Le Pen, à l'image, aux États-Unis, de Sanders et Trump.

L'ambassadeur français au Etats-Unis fait un parallèle que je crois juste: deux candidats à l'élection présidentielle parlent aux personnes qui souffrent de la mondialisation libérale. C'est Mélenchon et Le Pen, à l'image, aux Etats-Unis, de Sanders et Trump.

Clinton a perdu sur cette problématique: elle était la candidate de Wall Street et de l'argent-roi.

Macron, face à Le Pen, pourrait bien suivre le même chemin pour la même raison. Alors que Sanders aurait probablement pu être élu...

Voila qui donne à méditer avant de voter.

 

L'entretien est ici. L'extrait dont je parle, le voilà:

"Les sociologues et les économistes expliquent que vous avez toute une classe moyenne inférieure et une classe ouvrière qui ont souffert de la mondialisation. Ils ont vu leur niveau de vie stagner. Ils ne croient plus que leurs ­enfants feront mieux qu’eux. Il y a là, à l’évidence, deux France: une France qui est bien dans la mondialisation, la France des élites en particulier – cela doit être à peu près 50 % des Français –, mais il y a aussi une France qui en a souffert et qui cherche des boucs émissaires. Elle nous dit : «J’ai essayé la gauche, ça n’a pas marché, j’ai essayé la droite, ça n’a pas marché. Et bien voilà, je renverse la table. Et je me tourne soit vers l’extrême droite, soit vers l’extrême gauche.» C’est comme aux Etats-Unis. Jean-Luc Mélenchon, c’est Bernie Sanders ; Marine Le Pen, c’est Donald Trump. On est dans la même logique de renverser la table."

 

Evidemment, il ne s'agit pas d'un soutien à la France Insoumise que signe là cet ambassadeur: il doit faire partie de la "France qui est bien dans la mondialisation" et se situer dans les "50% à peu près" de la "France des élites"...

Je pense qu'il surestime grandement le nombre de "français d'élite" qui sont à l'aise dans ce meilleur des mondes... C'est même la partie comique du discours. Heureusement, semble-t-il se rassurer, qu'avec cette moitié des français, "à peu près", on doit pouvoir obtenir une majorité à la présidentielle. L'heureux homme...

Je déteste par ailleurs cette manière de nier la différence entre une Le Pen-Trump qui elle, oui, cherche des "bouc-émissaires" (les étrangers, les "migrants"...) et un Mélenchon-Sanders qui s'en prend aux véritables responsables de la catastrophe en cours: les avides, les égoïstes, qui ont de quoi vivre 1000 vies quand ils n'en ont qu'une, ces imbéciles, et ne veulent pas se priver de leur superflu quand tant d'autres manquent de l'essentiel.

Mais qui croyez vous que soutient ce "brillant ambassadeur", comme le précise brillamment Libé?

Celui-là, évidemment.

 

ambassadeur-marque

 

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