Tancrède Macron et les illusions de la com'

Ce n'est pas d'hier que l'on sent la candidature Macron être fabriquée.

Ce n'est pas d'hier que l'on sent la candidature Macron être fabriquée.

Depuis deux ans, au fur et à mesure que Le Monde publiait des articles destructeurs pour Nicolas Sarkozy -un par semaine était un minimum- on voyait émerger la figure souriante ou sérieuse d'Emmanuel Macron.

Tous les articles qui lui étaient consacrés construisait l'image d'un ministre jeune, dynamique, proche du terrain, sérieux et compétent. Toutes les photos qui accompagnaient ces articles soulignaient à l'envie ces qualités supposées (voir : ici, et ). A la limite, les photos auraient suffi : comme sur les vieux vitraux d'église, pour ceux qui n'auraient pas su lire le texte autour, l'essentiel du message s'y trouvait, bien clair.

 

Je m'étais dit : tiens, on a misé sur nouveau cheval de bataille.

 

Mais qui sera trompé par cette communication à grosses ficelles lourdes ? Qui votera Macron, hormis la poignée d'aveugles convaincus par un système économique taré qui produit chaque jour plus de souffrances humaines et animales, détruit notre écosystème; et s'en moque.

 

Son discours consensuel jusqu'au vide, le ralliement de bien des ministres hollandais qui justifient perversement leur trahison par un « vote utile » qui n'existe pas, son projet « moderne », sa « révolution » pour la France qui ne signifient rien d'autre que l'approfondissement du projet néo-libéral, jusqu'à cette figure lisse que certains prennent pour de la beauté et cette jeunesse érigée en compétence : il semble un condensé de ce qui est en passe d'être rejeté par l'époque.

 

A contre-temps, on nous dégote donc pour la France un Blair ou un Schroeder, au moment même où les impasses du libéralisme et du consumérisme, tant économiques qu'écologiques ou morales, crèvent les yeux. On veut bien, en effet, nous faire "marcher"...

 

On l'a dit souvent, mais oui, vraiment: Macron est bien le candidat qui renouvelle les formes mais ne touche -surtout pas- pas le fond.

Celui par qui tout doit changer « se vogliamo che tutto rimanga come è ».

 

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