L'addition des gauches n'est pas égale à la somme des intentions par candidats

MON REGARD / PRESIDENTIELLES 2022 – Certain·es défendent l'idée d'un candidat unique à gauche issu de la primaire populaire. C'est ce que dit par exemple, Pierre Larrouturou. Sauf qu'une fois encore, cette idée reste une idée utopique, voire farfelue au stade où nous en sommes

À l'approche des présidentielles de 2022, je vous propose une série d'articles consacrés à pointer certains aspects sociétaux ou politiques issus d’observations ou de lectures dans le but de contribuer à éveiller votre intérêt et d’engager la discussion sur vos propres regards, que vous soyez d’accord ou pas et avec d’autres mots que les miens.


2021-0926-140231

L'addition des gauches n'est pas égale à la somme des intentions par candidats

Certain·es défendent l'idée d'un candidat unique à gauche issu de la primaire populaire. C'est ce que dit par exemple, Pierre Larrouturou : " « Une dispersion qui pénalise tout le monde » et invite à signer l'appel pour une primaire populaire."

Sauf qu'une fois encore, cette idée reste une idée utopique, voire farfelue au stade où nous en sommes.

Pourquoi ? Tout simplement parce que la somme des gauches n'est pas égale à l'addition des intentions de vote pour chaque candidat. À l'arrivée, rien ne garantit non plus d'être au deuxième tour. Parce que si nous partons du principe qu'il faille additionner à gauche, il faudrait en faire de même à droite. Là encore, si à droite on considère la droite "normale" de l'extrême droite, en répartissant le divers à 50/50, la Macronie passe le premier tour et... gros dilemme entre gauche et extrême droite.

Abstentionnistes, jeunes, climat... 

Dans la réflexion du comment et qui à la présidentielle 2022, nous n'avons pas d'éléments probants pour attirer les abstentionnistes. Quand on sait que les jeunes sont terrifiés par la crise climatique… et l’inaction des gouvernants (1), selon une étude scientifique rendue publique le mardi 14 septembre, ils ont été 86% des 18-24 ans à ne s'être pas déplacés dans les bureaux de vote lors des Départementales et Régionales de juin dernier. Que faire ? Pourtant, des candidats à gauche, écologiste ou alliés ou proche, ont des arguments pour répondre à leurs craintes. Le pôle écologiste et la France Insoumise ont tous les deux des axes programmatiques pour répondre à l'urgence climatique et sociale. Mais ça ne suffit pas ! La défiance d'une partie des citoyen·nes vis-à-vis des partis politiques est telle que les idées foncièrement orientées pour le peuple sont inaudibles. A l'inverse, l'extrême droite a tellement polissé son discours en sachant trouver les mots qui font mouche dans les classes populaires, qu'elle est arrivée à détourner une partie d'un électorat plus traditionnellement de gauche. Des personnes qui ne sont pas foncièrement racistes et qui en oublient l'idéologie.

Election après élection, la menace de l'extrême droite pèse dans les élections. Les gauches se parlent, s'engueulent, se marient ci et là, comme il a été le cas lors des derniers scrutins : municipales de 2020 ou les départementales ou régionales de 2021. Pour autant, elles n'arrivent pas à s'entendre sur le scrutin des présidentielles. Au grand désarroi de nombreux/nombreuses militant·es sur le terrain qui ont l'habitude de bosser ensemble sur diverses luttes communes. 

L'écologie au cœur des préoccupations...

Je ne prétends pas détenir une solution. Je suis le mouvement avec intérêt. Je défends les couleurs de ma famille politique tout en gardant l'espoir que la dispersion à gauche va se réduire au moment de valider les candidatures pour le premier tour de la présidentielle de 2022. L'écologie et le devenir de notre planète est cœur des préoccupations de beaucoup. Ne ratons pas le coche ! 


(1) Les jeunes sont terrifiés par la crise climatique… et l’inaction des gouvernants60 % des jeunes sont « très » voire « extrêmement » inquiets du changement climatique, nous apprend une étude scientifique rendue publique ce mardi 14 septembre [a]. 45 % estiment même que cette inquiétude a des répercussions négatives dans leur vie quotidienne. Et plus ils vivent dans des pays du Sud, plus pauvres et plus exposés au changement climatique, plus ce sentiment est fort.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.