Le président américain est sur le point d’en provoquer une autre au Moyen Orient.
Lors d'une conférence de presse mercredi passé, son Conseiller à la Sécurité Nationale, Michael Flynn, hausse le ton face à l’Iran. Parlant de « récentes provocations iraniennes » il émet une très officielle mise en garde à l’égard de ce pays avec à la clé de « possibles représailles ». Pour la petite histoire Mr. Flynn s’était fait remercier par l’administration Obama de son poste de directeur de la « Defense Intelligence Agency », une des 19 services de renseignements américains, pour « comportement abusif envers ses subordonnés » et « mauvaise gestion » en 2014. (NYT)
En écoutant la suite de son intervention, on apprend qu’il il ne s’agit en fait pas de l’Iran directement, mais de rebelles « Houthis » du Yémen, tribu de confession chiite, soutenus par le régime chiite d’Iran, en guerre contre le gouvernement sunnite, soutenu celui-ci par le régime « Wahabbite » de l’Arabie Saoudite. Il n’est pas sûr, que Donald Trump connaisse toutes ces subtilités ou même qu’il s’y intéresse.
Quoi qu’il en soit, ces mêmes rebelles « Houthi » auraient lancé, il y a une semaine, une roquette contre un navire saoudien, ce que l’administration « Trump » considère comme » un acte belliqueux » de la part du régime iranien contre les intérêts américains, car, comme le prétend Mr. Flynn, « L’Iran continue à menacer les alliés et amis des Etats-Unis dans la région, mettant en péril la prospérité et la stabilité ». En outre, Mr. Flynn estime « que l’Iran viole, par cet acte, la résolution 2231 de l’ONU, au sujet de la non-prolifération des armes nucléaires.» Il poursuit: «Au lieu d’être reconnaissant envers les Etats-Unis pour les accords, mis en place par l’administration Obama, qui sont par ailleurs et de toute façon totalement inefficaces, l’Iran s’obstine à faire jouer ses muscles ». Fin de citation.
Il est intéressant de noter que l’Arabie Saoudite et les états du Golfe ne sont pas concernés par la récente interdiction d’entrée aux Etats-Unis. Or ce n’est un secret pour personne que ces pays soutiennent tacitement le terrorisme sunnite en Iraq et en Syrie. Mais, « business is business ».
Le nouvel attaché de presse de la Maison Blanche, Sean Spicer, un homme doté d’une remarquable capacité de contorsion rhétorique, en remet une couche. Demandé par un journaliste, ce que Mr. Flynn entendait par « mise en garde », Sean Spicer enfonce le clou en disant que « L’Iran s’en était pris à un navire américain, ce que le président considère comme un acte de guerre ». Il continue: « Je pense que le général était assez clair hier. L’Iran a violé la résolution 2231 de l’ONU en attaquant un navire américain ». Quand le reporter de CBS le corrige, « un navire saoudien », Sean Spicer marmonne de façon à peine audible « Sorry, yes, a Saudi vessel », sans rectifier par ailleurs qu’il s’agissait supposément d’une attaque de rebelles « Houthi » et non de l’Iran. Ce genre de rhétorique guerrière mensongère a jadis déclenché des guerres.
L’opération « Liberté Iraquienne » de 2003 visant la chute du régime « Basssiste » de Saddam Hussein était basée sur un mensonge de la CIA.
On pense également à la prétendue attaque de navires américains par le « Vietcong » dans le « Golfe de Tonkin » en 1964, qui a mené à la « Résolution du Golf de Tonkin » approuvée par le congrès américain, autorisant le président Lyndon Johnson à déclencher une offensive de l’armée américaine au Vietnam, un épisode sanglant de la guerre, qui s’était finalement avéré être basé sur un mensonge de la CIA, découvert par le « New York Times » en 2010 (The Intercept).
Ou, plus loin dans l’histoire, en 1888, le naufrage du navire de guerre « The Maine », dû à une explosion dans le port de « La Havane », attribuée par la presse américaine de William Randolph Hearst, à la Marine Espagnole, et qui finit par déclencher une guerre entre les deux pays. Sortis vainqueurs du conflit, avec le contrôle sur Cuba, les Etats-Unis purent commencer à étendre leur sphère d’influence à l’Amérique Latine toute entière.
Un article de presse, publié dans le « Washington Post » en 1998, basé sur une investigation de la « Navy » en 1970, révèle qu`en fait l’explosion était dû à un feu dans la soute à charbon. (The Intercept).
Peut-être l’Union Européenne devrait repenser son soutien inconditionnel à la politique interventionniste américaine au Moyen Orient, ne serait-ce que pour sa propre sécurité.