Depuis la crise financière de 2008, le monde de la finance bricole.
Une nouvelle séance de bricolage a eu lieu ce week-end entre les principaux dirigeants des banques centrales de la planète à Jackson Hole dans le Wyoming. Ainsi, Monsieur Draghi a sans doute amené son savoir-faire de chez Goldman Sachs et Madame Yellen, la frileuse, a essayé à nouveau, en vain, de réparer les pots cassés de ses prédécesseurs.
La clairvoyance n’a jamais été une force des banquiers, ni des économistes d’ailleurs, et quand l’entêtement et le dogmatisme aveugle supplante le bon sens, on peut craindre le pire. Nous y sommes.
Du progrès technologique et ses conséquences logiques, la baisse des prix, ce qui est en fin de compte une bonne nouvelle pour tout le monde, ils n’ont entendu parler que par ouï dire, depuis leur tour d’ivoire. Après avoir combattu le faux ennemi, l'inflation, pendant des décennies, comme les avatars les démons, ils sont en train de chercher « autre chose ».
La vraie inflation, celle des avoirs financiers, une véritable bombe à retardement, non seulement ils ne la voient pas, mais ils continuent à la grossir. Ainsi, selon un article, très intéressant, de Mediapart «, en huit ans, les banques centrales des Etats-Unis, de la zone euro, du Japon, de la Grande-Bretagne et de la Chine ont déversé l’équivalent de USD 10'000 mia dans le monde financier ».
Ce que le citoyen lambda doit comprendre, c’est que l’argent n’est qu’un moyen organisationnel, dont le citoyen individuel et la société dans son ensemble se sert, pour réaliser des projets réels. Si on continue à laisser le financement de la transition énergétique, l’accès aux soins médicaux, l’accès à l’eau et l’accès à l’éducation au secteur de la finance, dont la logique naturelle est la maximisation du profit, on ne sera pas plus avancé dans trente ans encore, car, faut il le rappeler, la création monétaire est actuellement presque exclusivement en mains privées.
L’article de Mediapart poursuit par, et là je cite, parce que c’est tout simplement trop: « Ils sont entre économistes, tout le débat se déroule autour des modèles. Un sujet est appelé à être au centre des discussions de la réunion de Jackson Hole : le R* pour R-star. En résumé, il s’agit du taux d’intérêt naturel d’une économie, hors inflation. D’après leurs calculs, celui-ci est au plus bas depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, tournant autour de zéro voire en dessous de zéro dans les économies occidentales », fin de citation. Et ça continue, le rafistolage du système.
Par pitié, cessez de nous abreuver de modèles mathématiques ! L’économie n’est pas une science exacte comme les sciences naturelles. Elle est basée sur des anticipations de comportements. C’est une science sociale.
La solution serait simple. Siphonner ce surplus de liquidité et l’orienter vers l’économie réelle, au risque, réel lui aussi, d’un certain « correctif de valeur » des actifs financiers. Il est là, le nœud du problème.
Plutôt que de continuer à rafistoler un système qui a fait son temps. Cessons de nager dans un pessimisme ambiant, attisé par les médias, et menons une discussion franche sur les solutions, plutôt que sur les problèmes, que, à force de coups de « matraque médiatique », nous avons fini par déceler.
Pour ouvrir le débat, sur le seul aspect financier des défis futurs, car il y en a bien-sûr de nombreux autres, nous pourrions avoir une discussion sur la raison d’être des intérêts sur capital, de la raison d’être de l'institution de la banque per se, ainsi que de la valeur, sociale ou pécuniaire, du travail, sans tomber dans des stéréotypes primaires svp.
Dans les limites absolues d’un certain nombre de règles de base, qu’on appelle communément des lois, établies démocratiquement par le peuple, le « souverain », et d’un certain nombre de droits minimaux inaltérables, tels que l’accès illimité aux soins médicaux, à l’éducation et aux vivres, chaque citoyen a le droit le plus stricte de mener la vie qu’il souhaite, qu’elle soit capitaliste, communiste, religieux, sectaire, spartiate ou luxueuse, spirituelle ou matérielle.
Et surtout, il, le citoyen, n’a non seulement le droit, mais l’obligation, d’avoir une opinion