Pour une poignée de votes.

Tribunal Constitutionnel espagnol et Commission des Pétitions du Parlement européen auront-ils raison des velléités de Pedro Sánchez, otage consentant des indépendantistes, de perpétuer un état de non-droit qui affecte aujourd’hui le droit à l’éducation dans la langue nationale commune ?

     Dans le cadre des négociations du projet de budget annuel 2021, le gouvernement Sánchez a choisi comme compagnons de route et alliés préférentiels le parti d’extrême gauche Podemos, ainsi que des partis indépendantistes aussi bien de droite (PNV) que de « gauche » (ERC – Catalogne, Bildu – Pays Basque), c’est-à-dire qu’il a recours à nouveau à ce que l’on appelle en Espagne le « bloc de l’investiture » (mariage de la carpe et du lapin …).  C’est grâce à ces mêmes partis, en effet, que Pedro Sánchez est devenu, en janvier 2020, chef du gouvernement espagnol et a pu former un gouvernement à une très courte majorité (167 pour, 165 contre).

     Dans un exercice de haute voltige, il faut bien le reconnaître, il tente maintenant d’allier une politique « progressiste » (le terme de « gauche » est de plus en plus banni de ses discours pour ne pas indisposer le Parti Nationaliste Basque, de droite) et les concessions faites aux intérêts particuliers des forces sécessionnistes. C’est ainsi que la question de la langue, une question complexe en Espagne, est venue compliquer le débat et la proposition d’une nouvelle loi d’éducation a soulevé un tollé parmi les forces de l’opposition mais aussi plus généralement dans le pays.

Le projet d’une nouvelle loi d’enseignement vient d’’être voté le 19 novembre dans la hâte, sans négociations préalables avec les diverses associations du monde de l’Éducation, dont les associations de parents d’élèves. Adopté sans consensus[1], au forceps, avec une voix de majorité une nouvelle fois (majorité absolue requise), il est décrié par tous ceux qui sont convaincus qu’il est le fruit d’un marchandage politique plus que d’une réelle volonté de réforme du système éducatif.

 

     On reproche en particulier aux modifications introduites par cette loi, apparemment de détail, de laisser sans protection juridique la majorité des citoyens espagnols qui ont, en Catalogne, l’espagnol pour langue maternelle et souhaitent que leurs enfants puissent bénéficier, au cours de leur scolarité, au moins des 25% de cours en langue castillane (espagnole) prévus par la Constitution[2]. Or, depuis des décennies, les nationalistes sont au pouvoir dans cette région, et ils se sont engagés dans une politique agressive d’imposition de la langue régionale, le catalan (langue qui bénéficie du statut de coofficialité avec l’espagnol) au détriment du castillan ou espagnol qui est la langue nationale commune. Jamais la Constitution n’a été respectée en quarante années dans cette région ; l’État de droit y est manifestement bafoué. Les parents les plus obstinés portent l’affaire devant les tribunaux et obtiennent gain de cause localement, mais au prix d’une stigmatisation, voire d’une exclusion sociale.

C’est en Catalogne que la question linguistique est la plus sensible, mais on la retrouve dans les autres régions bilingues du pays, le Pays Basque et la Galice où, comme en Catalogne, la Constitution garantit la coofficialité de la langue nationale et de la langue régionale.

Comme Ana Losada, présidente de l’Assemblée pour une École Bilingue de Catalogne (AEB), de nombreuses associations[3] ont le sentiment qu’en retirant à l’espagnol le statut de langue véhiculaire dans l’enseignement (décision qui entre en conflit, d’ailleurs, avec la Constitution de 1978, et qui a donc toutes les chances d’être invalidée par le Tribunal Constitutionnel), le gouvernement espagnol renonce à protéger les droits linguistiques de tous les citoyens, qu’il utilise comme monnaie d’échange dans des négociations à caractère purement politiques[4]. Ils sont ainsi victimes d’une homogénéisation linguistique, d’une ségrégation.

Concrètement, la modification introduite par le nouveau texte de loi ne change pas grand-chose dans les faits puisque depuis des décennies, les élèves catalans hispanophones sont contraints d’accepter l’immersion linguistique à l’école, c’est-à-dire un enseignement pour ainsi dire exclusivement en catalan (monolingue). L’enseignement de l’espagnol commence à 6 ans pour 90% des élèves catalans ; il se limite à 2 heures hebdomadaires dans le primaire et 3 heures au collège[5]. Dans l’ensemble, cela revient à mettre sur le même plan l’enseignement de la langue commune nationale et celui d’une langue étrangère[6].

     Aussi étrange que cela puisse paraître, cette réalité est niée par les nationalistes malgré l’existence de rapports qui attestent ces faits. Jesús Rul, inspecteur de l’Éducation en Catalogne, a écrit un livre très complet à ce sujet, même si son approche est plus spécifiquement celui de la question de « l’endoctrinement » dans les écoles catalanes[7]. Quant à Ana Losada, elle vient de porter le débat en Europe avec une requête à la Commission des Pétitions du Parlement Européen.

Ce rapport a examiné 2214 projets linguistiques sur les 2325 proposés dans les écoles catalanes. Il montre qu’à l’heure actuelle, aucun centre éducatif ne dispense un enseignement conforme à la loi (25% des cours dispensés en espagnol). Seuls les centres où les parents ont eu recours à la justice la respectent, et ce, seulement dans les groupes-classes dans lesquels se trouvent les enfants des familles plaignantes[8].

Plus étonnant et inquiétant, cette réalité est niée également dans les plus hautes instances de l’État dont l’attitude oscille entre le déni (la ministre de l’Éducation s’indigne fréquemment à la Chambre des Députés que l’on puisse oser prétendre que la Constitution n’est pas respectée dans certains territoires du pays), et une certaine désinvolture, pour ne pas dire cynisme, en tout cas irrespect de la loi, c’est certain. Ainsi, Luz Martínez Seijo, secrétaire et porte-parole pour l’Éducation et les Universités, a rétorqué à Isabel Fernández Alonso (association Impulso Ciudadano) que si les parents n’étaient pas satisfaits de cet état de fait, ils pouvaient toujours porter l’affaire devant les tribunaux (?!). C’est pourquoi AEB, en désespoir de cause, a décidé de porter la question devant les instances européennes[9].

Dans le même ordre d’idées, je dois avouer que j’ai été grandement surprise en entendant une journaliste déclarer à la télévision, lors de l’interview de l’ancien ministre socialiste Alfonso Guerra sur la question, qu’il n’était pas si grave que l’espagnol ne soit pour ainsi dire pas enseigné à l’école en Catalogne, puisqu’on l’apprend déjà dans la rue …[10]

Selon les associations civiles nées ces dernières années pour lutter contre la discrimination de l’espagnol, en danger en tant que langue commune sur l’ensemble du territoire national, les termes de la loi Celaá recèlent un « recul historique des droits civiques ». Les atteintes aux droits des citoyens hispanophones dans les régions bilingues de la péninsule sont considérées comme des dégâts collatéraux dans un contexte de tentative d’apaisement des conflits ethnoculturels qui surgissent dans le pays.

Pourtant, selon une enquête de Sociedad Civil Catalana (2016), le modèle d’immersion linguistique, qui n’est autre que l’imposition du monolinguisme, n’est pas plébiscité par les parents en Catalogne. Seuls les plus nationalistes y adhèrent, la majorité étant favorable à un enseignement à parts égales catalan / castillan, ou même souvent un enseignement trilingue catalan / castillan / anglais[11]. Plus grave peut-être, il apparaît que dans ce type de conflit, l’État préfère tout simplement faire passer aux oubliettes une loi approuvée pourtant par la majorité des habitants du territoire pour ne pas indisposer la minorité nationaliste[12]. Cela lui assure l’appui des députés nationalistes au Congrès. Personnellement, j’avoue qu’en visionnant les débats d’investiture du président Sánchez au mois de janvier dernier, j’ai eu le sentiment d’un grand marchandage, assez peu glorieux, dans le but d’obtenir l’appui de tel ou tel groupe de députés, représentants des différents territoires. Ce marchandage me semblait digne d’un autre temps, celui des diètes d’Ancien Régime où il s’agissait de s’attacher le soutien de tel ou tel électeur moyennant l’octroi d’argent ; c’est ce que l’on appelle la corruption.

     Une nouvelle fois, le clivage droite / gauche nationales, qui exclut tout civisme des discussions politiques en Espagne, est déterminant dans le conflit[13], ce qui en révèle le caractère très idéologique, loin des besoins réels des jeunes en matière d’éducation. Toujours prompte à choisir le camp des supposés « opprimés » et à défendre différences et particularismes, la gauche espagnole, convertie à l’identitarisme, Podemos en tête, utilisent comme argument que même si cela suppose une « contrainte » mal vécue par la population hispanophone, l’imposition du catalan aidera les enfants de ces familles à mieux s’intégrer à la société catalane. C’est, je trouve, une position très angélique qui nie le processus d’ingénierie sociale asphyxiant entamé dans les années 2000 et dont la feuille de route était fixée par le Plan 2000, promu par le président de la région de l’époque, Jordi Pujol. Il est bien clair maintenant que le processus entamé alors de recatalanisation de la région n’a pas conduit à une plus grande cohésion sociale mais à un processus de nation-building qui a culminé au moment du référendum illégal du 1er octobre 2017 et a définitivement scindé la société catalane en deux communautés antagonistes.

Il est étonnant et même incompréhensible de voir la gauche, convertie à l’identitarisme, favorable (c’est le cas de Podemos) à un référendum d’autodétermination, négliger la perte de liberté et l’humiliation que représente une politique linguistique discriminatoire pour la population hispanophone qui est globalement bien plus modeste que les nationalistes convaincus, issus dans les milieux urbains, des classes moyennes aisées. Il est notoire maintenant que celle que l’on appelle la gauche « postmoderne » en Espagne a fait le choix, pour se maintenir au pouvoir et ne rien lâcher face à la droite nationale, de défendre les intérêts des minorités en privilégiant les perspectives de genre, ethnoculturelles, et en reléguant souvent le facteur social à de l’accessoire. Son combat, me semble-t-il, ressemble, dorénavant, davantage à du coaching identitaire et du lobbying ethnoculturel qu’à un véritable combat pour l’égalité et la justice sociale. Or, les régions du nord de l’Espagne n’ont pas été un creuset où se sont mêlés les autochtones et les migrants venus du reste du pays, et en particulier des régions plus pauvres du sud. Les classes dirigeantes y affichent souvent un pedigree à dominante voire exclusivement catalan - ou basque - (voir les noms des députés par exemple dans les parlements régionaux, ou des fonctionnaires dans les différentes administrations). Quant aux familles qui ne sont pas du cru, elles sont perçues par les nationalistes les plus virulents comme des immigrés qui ont le front de les coloniser et qui devraient, au lieu de se rebeller face aux impositions linguistiques, être reconnaissants de l’accueil qu’on leur a fait dans une région plus riche et évoluée que leur région d’origine. Ils peuvent, en acceptant cette acculturation, espérer être autre chose que des citoyens de seconde classe[14].

     Autre point de conflit, le projet de loi remplace l’expression « langue véhiculaire » par celle de « langue propre », terme sans légitimité scientifique et qui projette d’emblée sur l’autre langue officielle (surtout si elle n’est plus reconnue comme langue véhiculaire) un voile d’illégitimité, ou pire, d’impropriété (de salissure ?). La député Sonia Sierra (Ciudadanos) souligne que le terme appartient au lexique nationaliste, ce qui met en évidence l’acceptation et la légitimation par le gouvernement national du cadre conceptuel posé par le nationalisme[15]. Dire à un enfant hispanophone qu’il doit parler le catalan parce que c’est la langue propre du territoire où il habite, cela signifie que parler une autre langue est impropre. Je crois vraiment que ce travail d’ingénierie sur la langue nous projette dans des espaces et à des époques où la langue a été utilisée comme objet de discrimination et d’assujettissement de populations jugées inférieures ou dangereuses, obstacles surtout pour des projets d’expansionnisme ou de prise de pouvoir. Je ne veux établir aucun parallèle, mais je trouve que les termes employés par certains commentateurs qui parlent de structures autoritaires et « fascistoïdes » ne sont pas excessifs. La Catalogne est aujourd’hui le seul territoire bilingue d’Europe, à l’exception des Îles Féroé, où seule l’une des langues officielles est véhiculaire dans l’enseignement. D’ailleurs, l’immersion linguistique n’existe qu’en Catalogne et au Groenland, et l’UNESCO ne cesse de répéter que la scolarisation en langue maternelle est un droit essentiel et un outil indispensable pour un développement convenable des étudiants.

J’ajouterai encore que convertir des enfants au tout catalan et les priver d’une connaissance satisfaisante de l’espagnol aggrave les inégalités sociales puisque, souvent issus de milieux modestes, ils ne peuvent être scolarisés dans des écoles privées onéreuses qui pratiquent le trilinguisme. D’ailleurs, un autre des points de la loi Celaá est la réduction notable des subventions aux écoles privées. Les détracteurs de cette loi soulignent souvent ironiquement que les enfants des dirigeants politiques régionaux ou nationaux sont la plupart du temps scolarisés dans ces écoles onéreuses pour leur éviter de subir les effets néfastes du casse-tête linguistique et leur donner les outils nécessaires, l’anglais et l’espagnol, pour accéder plus tard à des milieux professionnels internationaux[16].

Ici encore, le déni est une arme redoutable, les partisans de l’immersion linguistique c’est-à-dire du monolinguisme, assurent que le niveau des élèves catalans en espagnol, à raison de deux heures d’enseignement hebdomadaires, est pour ainsi dire le même que celui des élèves de l’ensemble de la péninsule qui bénéficient au minimum de 20 heures de classe hebdomadaires. Les enquêtes le prouveraient … Le problème, c’est qu’ils se refusent à mettre en place des épreuves communes à l’échelle nationale. Il s’avère de plus que les tests d’espagnol en Catalogne sont rédigés en catalan[17].

     Conséquence de cette dérive de l’État de droit, le camp nationaliste en Catalogne, instigateur de ces modifications, exulte ! Les nationalistes ont parfaitement bien compris le message distillé par le projet de loi Celaá et son caractère éminemment politique. Chacune des parties en lice aux prochaines élections régionales, la droite comme la gauche sécessionnistes, s’efforce de s’attribuer la gloire de ce succès qui a galvanisé leurs troupes. Je donnerai l’exemple de l’autoproclamée ONG pour la sauvegarde du catalan, Plataforma per la Llengua. J’ai déjà fait allusion dans un autre de mes textes à l’association de Santiago Espot, président de Catalunya Acció, qui pratique et encourage comme un devoir citoyen la délation à l’égard des commerçants qui ne rédigent pas leur enseigne en catalan. Plataforma per la Llengua travaille à une autre échelle, dans la cour des grands. Ana Grau, journaliste catalane a écrit un article récemment sur les activités de cette association[18]. Elle est depuis l’objet d’une campagne de harcèlement sur les réseaux sociaux. Elle n’a pourtant fait que traduire certains passages figurant sur le site de l’organisation … et révèle leur financement par le gouvernement catalan (rappelons qu’il s’agit prétendument d’une organisation non gouvernementale !), dont ils ne se cachent pas, et par des dons privés[19]. En 2020, cette « ONG » a reçu 535 000 euros de subventions seulement du gouvernement catalan. À cette somme s’ajoutent des aides provenant d’autres administrations et de dons. Cela porte le budget de l’« ONG » à plus de trois millions d’euros. Parmi ses méthodes, on relève l’établissement d’une liste noire des « ennemis du catalan », partisans du bilinguisme, parmi lesquels on s’amusera de trouver François Hollande… Moins drôle, l’entité préconise et pratique « l’observation incognito » : les enseignants créent un cadre pédagogique afin que les élèves s’expriment spontanément, et peuvent ainsi déceler ceux qui s’expriment en espagnol. Le but est de modifier leurs comportements linguistiques comme s’il s’agissait d’une tare ou d’une maladie. Ces activités sont censées se poursuivre dans des espaces qui font partie du processus éducatif afin, disent les membres de l’association, de « garantir la cohérence éducative en matière linguistique » (je cite) ; en fait, l’espionnage se poursuit à l’extérieur de la classe : la cour de récréation, le réfectoire, les activités extrascolaires. Je précise que j’ai essayé de consulter la page sur laquelle figurent ces informations, pour laquelle Ana Grau fournit un lien. Le message « Error. Not found. » s’affiche (désormais ?) …

 

     Il est loin le temps où la gauche revendiquait comme mission la construction de commun. Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez préfère aujourd’hui, sous prétexte de mener à bien une politique de gauche (parfaitement conforme aux exigences de Bruxelles, par ailleurs), choisir l’appui des forces sécessionnistes du pays, de gauche mais aussi de droite, comme c’est le cas du PNV, plutôt que de s’entendre avec la droite nationale du PP, ou le centre représenté par le parti Ciudadanos, hypothéquant ainsi l’intégrité territoriale à moyen et à long terme, menaçant la communauté linguistique soudée par une langue commune, l’espagnol, et entérinant et aggravant les inégalités économiques et sociales dues au maintien des privilèges en matières de compétences et de fiscalité, selon les régions (privilèges fiscaux du Pays Basque et de la Navarre, par exemple). Le visage de la nouvelle gauche n’est pas si différent de celui d’une bonne droite néolibérale. Sa politique est en fait celle d’une connivence avec les oligarchies des régions riches du pays qui peuvent servir à court terme les intérêts du gouvernement mais ne partagent pas du tout un projet de pays puisque leur objectif à plus ou moins long terme est la sécession.

La gestion de la pandémie, outre la volonté de l’exécutif national de ne pas se soumettre à une excessive usure, a été l’occasion d’une expérimentation de co-gouvernance (terme repris à l’envi) entre gouvernement et régions mis à égalité, et a fait des citoyens espagnols les cobayes du grand projet de la gauche espagnole, non pas celle des citoyens mais celle des apparatchiks de parti, au mieux des militants, le remodelage du pays en fédération ou confédération (idée chère à l’ancien président du gouvernement, M. Zapatero). Ce projet, s’il était entrepris selon la voie démocratique, déboucherait logiquement sur un référendum national, mais il y a peu de chance que le gouvernement actuel y ait recours car le projet n’emporterait probablement pas l’adhésion d’une majorité de citoyens, comme le montrent des enquêtes réalisées récemment. La majorité des Espagnols se satisfait, en fait, des droits et libertés concédés par le régime des autonomies.

Ce projet fomenté depuis les sphères du pouvoir conduit, au-delà du thème de cet article et de la question linguistique en Catalogne, à une politique de remodelage linguistique dans toutes les régions, y compris dans celles qui n’ont aucune revendication et où la langue locale est encore parlée par un pourcentage minime de la population (par exemple, 3% des habitants des Asturies parlent encore le « bable » ou asturien). On tente d’atomiser le pays culturellement, de reconstituer des identités régionales de façon arbitraire et pour des raisons purement idéologiques, suscitant des conflits linguistiques là où ils n’existaient pas auparavant. Ainsi, en période de pandémie et de crise profonde, la question linguistique mobilise de façon absurde beaucoup d’énergie et de moyens financiers … Quelle perte de temps pour une loi qui sera probablement déclarée inconstitutionnelle !  Quel est le sens de tout cela ? En quoi la fragilisation d’une langue commune aide-t-elle à la lutte contre le covid, contre la pauvreté qui s’accroît dramatiquement, facilite les luttes sociales ? La précarité linguistique ne fait qu’entraver la mobilité des travailleurs et enferme les catalans (d’origine modeste) en Catalogne[20]. C’est pourquoi cette gesticulation linguistique à laquelle le gouvernement de M. Sánchez, otage consentant de ses « alliés » nationalistes, nous convie n’est qu’une façon de les contenter et de poursuivre une guerre civile de basse intensité que la gauche espagnole, en panne sur le plan idéologique comme bon nombre de gauches européennes, ne cesse d’attiser et utilise comme arme politique. Peut-on appeler cela une politique responsable ou est-ce simplement un exemple de mauvais gouvernement ? Le bon gouvernement devrait en priorité s’occuper de mobiliser les forces sociales dans leur intégralité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1]  https://www.elmundo.es/opinion/2020/11/13/5fad153ffdddffba878b4656.html

[2]  https://www.periodistadigital.com/ciencia/educacion/20201113/gloria-lago-exclusion-espanol-lengua-vehicular-parte-espana-inconstitucional-noticia-689404395380/

 

[3]  Ces associations ont décidé de rédiger un manifeste commun, https://drive.google.com/file/d/1gGu8SI36mvhr39QQsgwcTbwH9A0xGk0A/view

[4]https://www.abc.es/sociedad/abci-losada-instrumentalizan-escuela-202011040027_noticia.html

[5] https://www.larazon.es/local/cataluna/el-99-de-las-escuelas-catalanas-veta-el-uso-del-castellano-CA23457713/

[6]  http://www.sociedadyeducacion.org/noticias/efectos-de-la-inmersion-linguistica-sobre-el-alumnado-castellanoparlante-en-cataluna/

[7] https://editorialamarante.es/libros/ensayo/nacionalismo-catalan-y-adoctrinamiento-escolar

[8]  https://www.elcatalan.es/una-madre-relata-el-via-crucis-que-ha-pasado-por-exigir-que-se-cumpla-el-25-de-clases-en-castellano

[9] https://www.lapoliticaonline.es/nota/85914-el-parlamento-europeo-detecta-indicios-de-vulneracion-de-derechos-en-la-politica-linguistica-catalana/

[10] https://www.youtube.com/watch?v=6lTeIOk2z-U

[11] https://www.elliberal.cat/2020/11/13/reportaje-blindaje-de-la-inmersion-la-opinion-de-los-expertos/

Ou encore,

https://www.elespanol.com/opinion/tribunas/20180225/mentiras-inmersion-linguistica-cuenta-nacionalismo-catalan/287471871_0.amp.html?__twitter_impression=true

[12] https://elpais.com/espana/2020-11-14/la-ley-celaa-y-el-espanol-en-cataluna-cesion-politica-o-acuerdo-inocuo.html

L’auteur de l’article cite les chiffres suivants : 52,7% des catalans ont pour langue maternelle l’espagnol ; 31, 5% des catalans ont pour langue maternelle le catalan.`

Ou encore, https://cronicaglobal.elespanol.com/pensamiento/sobreviva-catalan-hay-matar-castellano_411645_102_amp.html?__twitter_impression=true

[13] Les Espagnols appellent ce véritable cancer politique le « caïnisme » (cf. lutte fratricide d’Abel et Caïn dans la Bible) : gauche et droite se haïssent, s’excluent et cherchent à se détruire mutuellement dans une perpétuelle guerre de tranchée, rendant de ce fait impossible la résolution des problèmes sociaux et politiques du pays.

[14]  https://www.elespanol.com/opinion/tribunas/20201119/mentalidad-cesar/537066293_12.amp.html?__twitter_impression=true

[15]  https://mobile.twitter.com/SoniaSierra02/status/1330066630068592640

[16] https://www.mediterraneodigital.com/espana/casa-real/los-lideres-independentistas-llevan-a-sus-hijos-a-colegios-privados-donde-se-estudia-en-espanol

ou encore, https://images.app.goo.gl/sdkpC9Qr7uxNZhiU7 

[17] https://www.cronicapopular.es/2018/03/falacias-y-sesgos-el-nivel-de-castellano-de-los-alumnos-catalanes/?fbclid=IwAR2k0opVhZACN8KLPTt132wl55cwYVKNejnOoT_qqQnZDxvw25ZsRar9pW4,

ou encore https://www.larazon.es/cataluna/20201107/www.larazon.es/cataluna/20201107/www.larazon.es/cataluna/20201107/www.larazon.es/cataluna/20201107/g53gb5zsfnb2dgszy77qxuu2pu.html?outputType=amp&utm_source=twitter&utm_medium=organic&utm_campaign=lrzn_org_Sa_12_50%2F%3FoutputType%3Dxml%2F%3FoutputType%3Dxml&__twitter_impression=true

[18] https://theobjective.com/elsubjetivo/te-sobran-500-000-euros-para-espiar-que-hablan-los-ninos-en-el-recreo

[19] Pour des informations sur le financement de Plataforma per la Llengua, voir https://t.co/v3M04nuALu https://twitter.com/Rafaelarenasgar/status/1329716297727414273?s=20

[20]  https://www.elperiodicodearagon.com/amp/noticias/opinion/inmersion-linguistica-temblor-falsificacion_1445336.html?__twitter_impression=true

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