Nicolas Sarkozy condamné, la presse déprimée, la France au bord du gouffre !

La presse est en deuil, la droite en lambeaux, la France n'est plus cette France éternelle que nous chérissions tant ...depuis si longtemps ...

La condamnation de l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, a trois ans de prison dont un an ferme a fait l’effet d’une bombe en France.

Les salles de rédaction financées par les amis de L'Ex, Bolloré, Arnault et Lagardère, notamment, ne savent pas comment faire pour sauver les apparences. Et comme ils n'ont pas de solution, ils plongent têtes baissées, très baissées, dans une sorte de journalisme hagiographique en se faisant des entorses aux genoux, mais pas aux neurones.

Nicolas Sarkozy est reconnu coupable de corruption et trafic d’influence dans l’affaire dite des écoutes.

Aïe, aïe, aïe !

Une première : Jacques Chirac, rendu coupable de « détournement de fonds publics » de « prise illégale d’intérêts » et « abus de confiance » dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris n’avait écopé que d’une peine de deux ans de prison avec sursis en décembre 2011, 21 ans après la commission des faits.

On parlait déjà d’un « véritable séisme ».

Le même Chirac, on le note en passant, qui déclarait « Sarkozy, faut lui marcher dessus. Et du pied gauche, ça porte bonheur. »

Le PNF a bâclé le travail en seulement 7 ans, de 2014 à 2021 : aller aussi vite, trois fois plus vite, pour juger un ancien président de la République est bien le signe d'une profonde décadence, le symbole d'une justice pervertie jusqu'à la moelle. Les juges se vengent, ce n'est pas plus compliqué que cela, Pascal Praud ne décolère plus.

Une justice expéditive qui rappelle les procès staliniens et le Chili de Pinochet.

Ben si !

Sitôt le verdict connu, de nombreuses nonagénaires pas encore momifiées, quelques octogénaires encore frétillantes soutenues par une poignée de septuagénaires niçoises peroxydées, le noyau dur de ses inconditionnelles, ont bruyamment manifesté leur colère sur la promenade des Anglais, armées de leurs déambulateurs, Nicolas Sarkozy reste leur prophète.

Elles font échos à ce que l’on peut entendre depuis 14 heures, ce lundi 1er mars, sur BFM TV, LCI, CNEWS, France-Télévision, TF1, RTL, Europe1, France-Inter, Le Figaro, Le Point, RMC, Valeurs actuelles et Nostalgie. Et Paris-Match, bien sûr !

Dans une touchante unanimité, tous les journalistes et leurs invités triés sur le volet de droite dénoncent « l’extrême sévérité du jugement », « un procès politique », « l’acharnement judiciaire », « des charges très faibles pour ne pas dire inexistantes », « un dossier vide ».

La presse ! Une presse outragée ! Une presse brisée ! Une presse martyrisée ! Mais une presse libérée !

Sans tabous !

Une presse terriblement déçue, meurtrie, mais sarkophile.

On parle d’infamie et d’humiliation, on cherche à comprendre comment on a bien pu en est arriver là.

Mais on ne trouve pas …

En Avignon, depuis le balcon de sa résidence, Mireille Mathieu entonne a capella « Mille colombes » pendant que Michel Sardou, retraité lui aussi, chante en play-back « Ne m’appelez plus jamais France » ; Laetitia Halliday, quant à elle, croit opportun de redonner un second souffle au fameux « Les portes du pénitencier » qui ont fait le succès de son défunt mari ; David et Laura étaient contre pour des raisons « évidentes » d’après leur avocat.

La France est au bord du gouffre : Sarkozy condamné, c’est le fonctionnement de nos institutions qui est remis en cause, notre belle République est en train de sombrer, corps et âme, à cause d’une justice de classe anti-col blanc.

Dieu merci, la presse est là.

Darmanin, ministre de l’Intérieur, chargé de lutter contre toutes les formes de corruption, lui apporte son soutien ; Emmanuel Macron qui a désigné Nicolas Sarkozy comme ambassadeur personnel est au bord des larmes ; Brigitte console Carlita comme elle peut, elle lui récite « Le spleen » de Baudelaire avec des trémolos dans la voix « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle sur l’esprit gémissant …et de longs corbillards sans tambours ni musique défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir vaincu pleure, et l’Angoisse atroce, despotique, sur mon crâne incliné plante son drapeau noir ».

Pas sûr que Baudelaire soit la bonne solution, Le Spleen ce n'est pas l'idéal …mais c'est l'intention qui compte.

Voilà trente ans que Serge Gainsbourg nous a quitté, à notre tour d’être charitables avec l’EX à qui nous dédions pour la circonstance ces quelques extraits du « Requiem pour un con » :

Écoute les orgues
Elles jouent pour toi
Il est terrible cet air là
J'espère que tu aimes
C'est assez beau non
C'est le requiem pour un con

Je l'ai composé spécialement pour toi
A ta mémoire de scélérat
C'est un joli thème
Tu ne trouves pas
Semblable à toi même
Pauvre con

Voici les orgues
Qui remettent ça
Faut qu't'apprennes par cœur cet air là
Que tu n'aies pas même
Une hésitation
Sur le requiem pour un con

Quand on pense qu’il risque de passer un an avec un bracelet électronique au pied, prisonnier dans son hôtel particulier de la Villa Montmorency, dans le 16e arrondissement de Paris, avec pour seuls voisins Isabelle Adjani, Maxime Aiach, fondateur d’Acadomia, Alain Afflelou, Vincent Bolloré, Carole Bouquet, Laurent Dassault, Mylène Farmer, Arnaud Lagardère, Thiago Silva, Sylvie Vartan, Corinne Bouygues, Wladimir Taittinger …

La honte !

Franchement, c’est inhumain !

Que se passera-t-il en France et dans la presse si jamais, par malheur, Nicolas Sarkozy est encore condamné à de la prison ferme dans la demi-douzaine d’affaires pour lesquelles il est poursuivi, avec déjà des mises en examen ?

Et dire qu’il y a encore des cons - des experts payés très cher, des politologues, des profs de Sciences-Po - qui se demandent s’il va jouer, oui ou non, un rôle dans la prochaine campagne présidentielle …à ton avis ?

Mes amis, ne boudons pas notre plaisir ...ce n’est qu’un début !

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