Nicolas Sarkozy entre au conseil d’administration du groupe Nintendo

Nicolas Sarkozy a l’art du rebond, il ne s’avoue jamais vaincu : en pleine tourmente judiciaire, après une première condamnation à de la prison ferme pour laquelle il fait appel, fort de son tout nouveau statut d’ancien coupable devenu « présumé innocent » en moins de deux heures, il entre au conseil d’administration du groupe japonais Nintendo.

Nicolas Sarkozy a l’art du rebond, il ne s’avoue jamais vaincu : en pleine tourmente judiciaire, après une première condamnation à de la prison ferme pour laquelle il fait appel, fort de son tout nouveau statut d’ancien coupable devenu « présumé innocent » en moins de deux heures, il entre au conseil d’administration du groupe japonais Nintendo.

L’art du « timing », il est l’incarnation vivante de la résilience politique « à la française ».

Une reconversion inattendue, voire surprenante qui en dit long sur sa pugnacité.

Il sera plus particulièrement chargé du développement international de « Super Mario Plus NS », la nouvelle série de jeux vidéo de plateformes de l’éditeur nippon qui met en scène sa mascotte fétiche, le bien nommé Mario, survitaminé, explosif, plus que jamais bondissant grâce, notamment, au champignon  et à ses pouvoirs power-up, pour les connaisseurs.

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, Mario est ce petit personnage qui n’arrête pas de sauter pour battre ses ennemis.

Dans une des scènes de la nouvelle série on voit Super Mario Plus NS sauter du 1er étage du nouveau Palais de justice de Paris jusqu'au 38e étage au travers des vitres teintées, on le suit, d’étage en étage, il est poursuivi par une meute de journalistes, de policiers et de juges, c’est magnifique, mais ne spolions pas cet épisode qui se termine plutôt …non, je ne dirai rien, tout dépend de quel côté on se place …

Super Mario Plus NS propose une version ambiancée du sympathique petit personnage placé dans des décors naturels avec une multitude de nouveaux protagonistes qui s’inspirent de la réalité et de l’entourage de Nicolas Sarkozy.

« NS » pour Nippon Studio, « NS » pour Nicolas Sarkozy, il fallait y penser, le groupe japonais opte délibérément pour l’ambiguïté, c’est en effet le point fort de l’ancien président de la République, sa marque de fabrique, son ADN, l’équipe marketing de Nintendo ne pouvait pas passer à côté d’une telle opportunité, c’est osé, mais très bien vu !

Luigi qui était le frère de Mario dans les précédentes versions prend les traits, cette fois, de Brice Hortefeux ; Carlo est son cousin germain, sous les traits de Claude Guéant, mais son corps trapu rappelle étrangement un gros coffre-fort, l’effet visuel est saisissant ; saisissant au sens non juridique du terme, bien sûr. Un petit côté Bob l’éponge aussi, point de vue personnel.

Liliana Boréal-Pognonzizi est une vieille dame - incontinente, elle a toujours beaucoup de liquide sur elle - immensément riche qui habite un magnifique hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine, elle est appelée « mamie zinzin », en français dans le texte, s’il vous plait !

Téodorico Herzogova-Bouffon ( prononcez "Bouffonne") est l’avocat de Super Mario Plus NS, il ressemble à s’y méprendre à Me Thierry Herzog, on le voit déambuler aux côtés de son client avec une chaine aux pieds à peine dissimulée sous sa robe noire, trainant un boulet beaucoup trop lourd pour lui sur lequel est inscrit « NS for ever », en lettres dorées, Nintendo soigne sa clientèle anglo-saxonne et moyen-orientale.

Super Mario Plus NS a un petit perroquet bedonnant sur l’épaule droite qui joue le rôle de garde du corps, il s’appelle Alexandro Benallucci, probablement un ancien flic devenu mafieux ; ou l’inverse, peu importe.

Passons aux ennemis, aux méchants : sans eux, pas de jeux, pas d’intrigue, pas de suspense …donc pas de Super Mario Plus NS !

A tout saigneur, tout honneur : le plus féroce, le plus entêté, le plus vicieux de tous, j’ai nommé Fabrizio Arfinitésimal, un monstre lubrique prisonnier de ses fantasmes qui emprunte les traits et la tenue d’Anthony Hopkins dans le rôle d’Hannibal Lecteur et ceux de Fabrice Arfi, journaliste à Médiapart en charge des investigations.

Âmes sensibles s’abstenir !

Fabrizio est doté d’une mâchoire phénoménale et obstinée, il ne lâche jamais ses proies, ses dents sont acérées, son haleine fétide, sa salive est mortelle, Super Mario Plus NS le surnomme « Le varan incommodo ».

Fabrizio est aidé par Carlo Laskerazzi qui empoisonne ses victimes avec une encre antipathique qu’il injecte à l’aide d’une énorme seringue qui imite à merveille un stylo plume et sur laquelle est inscrite cette jolie formule « Je te suivrai partout où tu iras », un discret message adressé à son compagnon de route, ami et mentor Fabrizio, mais aussi à ses ennemis, bien sûr !

Ces petits personnages odieux squattent un garage délabré situé 8, passage Brulon, 75012 Paris, passage « Brulon », une adresse qui en dit long sur la volonté de nuire de son gérant, un certain Eddie Plenelli, surnommé « Il Sagrestano », le sacristain, dans la nouvelle série, un trotskiste islamo-gauchiste climato-sceptique laïco-intégriste, la pire espèce qui soit, il attaque tout ce qui bouge et met le feu partout où il passe.

Il y a autant d’épisodes qu’il y a d’affaires en cours concernant Nicolas Sarkozy.

L’affaire Big ma lionne.

Les Écoutes du paradis.

Si K-Dafi m’était compté.

Je joue à cash-cash.

J’irai dinar chez vous, ce soir.

Tout corps plongé dans du liquide éprouve une grande satisfaction.

Fais dodo, Doha mon petit frère.

Prends l’oseille des frères Sarkisov, et tire-toi.

Et plein d’autres encore …

Prochaines séances publiques avec Super Mario Plus NS dans le rôle principal, l'affaire Big ma lionne :  du 17 mars au 15 avril, Palais de justice de Paris, parvis du Tribunal.

 

 

P.-S. - Un immense merci à Médiapart et à ses équipes pour leur travail d’investigation, pour l’information, pour la transparence : sans vous, et quelques autres, bien trop rares, sans une presse libre et vraiment indépendante, nous serions irrémédiablement absorbés par un nuage noir épais et nauséabond d’où la lumière ne sortirait plus.

Le combat contre la connerie envahissante continue.

Bruno PAINVIN.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.