La France invente le four Macron-ondes

Comme chacun sait, « Faire un four » est une expression qui signifie « subir un échec complet et retentissant », voire cuisant pour rester dans l’ambiance discrète d’une cuisine politique où se préparent les bons petits plats que l’on veut bien nous servir ...

Comme chacun sait, « Faire un four » est une expression qui signifie « subir un échec complet et retentissant », voire cuisant pour rester dans l’ambiance discrète d’une cuisine politique où se préparent les bons petits plats que l’on veut bien nous servir.

Un premier constat s’impose : en trois ans de quinquennat, Emmanuel Macron est passé maitre queux (du latin coquus, de coquere, cuire) dans l’art de faire un four ; on peut même affirmer sans risquer d’être contredit qu’il les affectionne tout particulièrement au point de les collectionner méthodiquement, mois après mois, année après année, avec l’émouvante régularité d’un métronome nucléaire.

Pourquoi nucléaire ? Tout simplement parce que ses piles sont inépuisables.

Un métronome dont le tempo est plus presto qu’allegro – 120 à 168 pulsations par minute – flirtant dangereusement avec le mode prestissimo – 200 à 208 pulsations par minute – que certains n’hésitent plus à comparer à une sorte de tachycardie politique … il est vrai qu’un rythme aussi soutenu, extrêmement rapide, pourrait provoquer un infarctus politique massif lui interdisant, par exemple, de se représenter en 2022.

Ce talent, à nul autre pareil sous la Ve République, s’enrichit du moindre évènement, petit ou grand, rien ne lui échappe, on est fourophile où on ne l’est pas.

Emmanuel Macron ne pouvait donc pas passer à côté de la pandémie de coronavirus que l’on peut classer dans la catégorie des grands évènements : 15 000 vieux qui meurent d’un vulgaire coup de chaud pendant l’été 2003 ne sauraient être comparés aux 65 000 morts, un chiffre très prometteur, déjà enregistré pour la Covid-19 en moins d’un an.

Un deuxième constat s’impose : à chaque fois qu’Emmanuel Macron est confronté (joli verbe, Dieu sait s’il a un grand front !) à un échec, il se passe deux choses.

Premièrement il se défausse sur ses prédécesseurs, c’est ce qu’il s’est passé avec la pénurie de masques au début de la crise sanitaire, il y a moins d’un an. Il n’a pas eu de mots assez durs contre Sarkozy et Hollande pour dénoncer leur gestion financière de la santé publique en France.

C’est exactement ce qu’il est en train de faire avec l’inimitable Jean - dodelinant- Castex et son valet, l’inénarrable Olivier- gendre idéal -Véran. Ils risquent de prendre cher, les sbires.

Deuxièmement, à partir d’un certain niveau de contestations, quand les sondages les plus précis indiquent que 99.99 % de la population le désapprouvent, il fait savoir par voix de presse, c.-à-d. par les ondes, qu’il est « très en colère ».

Oh qu’il est en colère !

C’est ainsi que le four Macron-ondes est né : enfant illégitime d’un père amateur en toute chose et d’une mère péripatéticienne des salles de rédaction ; les péripatéticiennes me pardonneront ce rapprochement osé et pour tout dire très injuste, voire infamant.

Une dernière précision, d’ordre anatomique, j’en ai bien peur : le four Macron-ondes est encastrable …

Ben oui, ça fait mal, fallait y penser avant, bande de nazes!

 

1 : « bande de nazes », expression argotique, populaire et tout à fait justifiée qui désigne l’ensemble des imbéciles qui ont voté Macron en 2017.

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.