Les poils poussent-ils tous à la même vitesse ?

Avant de rédiger ce billet anormalement long, je le concède bien volontiers, je me suis, bien sûr, posé une question : le poil est-il un thème qui mérite de figurer en bonne place, à la Une d’un quotidien aussi sérieux que Médiapart ? Il y a une dramaturgie du poil, j’en suis convaincu …mais c’est purement intuitif.

Avant de rédiger ce billet anormalement long, je le concède bien volontiers, je me suis, bien sûr, posé une question : le poil est-il un thème qui mérite de figurer en bonne place, à la Une d’un quotidien aussi sérieux que Médiapart ? En quoi ce sujet, en apparence anecdotique, pourrait cohabiter au milieu d’une multitude d’articles ou de billets tous plus passionnants les uns que les autres ?

Il y a une dramaturgie du poil, j’en suis convaincu …mais c’est purement intuitif.

J’en étais là de mes réflexions quand, sans prévenir, Blaise Pascal vint à mon secours : « Si le nez de Cléopâtre eut été plus court, toute la face du monde aurait changé ». Après tout, mes poils valent bien le nez de la belle Cléo.

Que se serait-il passé si Brigitte Macron avait eu du poil au menton ? Ou un nez démesurément long et touffu ? Emmanuel Macron aurait connu un autre destin ; nous aussi par la même occasion …

J’ai donc décidé de m’inscrire dans cette logique aux risques d’enrichir Les Pensées de ce misérable philosophe du XVIIe, Pensées qui ont dû attendre sa mort pour paraitre …ma modestie dut-elle en souffrir, je ne me vois pas un tel destin, une si criante injustice m’est insupportable : mon nom sera associé aux poils, à tous les poils, de mon vivant !

Les poils poussent-ils tous à la même vitesse ?

La réponse est oui, à quelques exceptions près qui n’ont strictement aucun intérêt.

Normalement, et compte tenu de l’ambiance dépressive qui nous accable, je devrais m’en tenir là, j’ai répondu à la question, mon billet est terminé, j’ai rempli mon contrat.

C’est aller un peu vite, non ?

Trop simple, voyons !

Mais non, bien sûr que non comme dirait Emmanuel Macron à qui un journaliste facétieux demanderait si son plan de lutte contre les inégalités, contre le chômage ou contre le Covid aurait lamentablement échoué. Je me vois un sourire de circonstance scotché aux coins des lèvres, l’œil étonné, le sourcil gauche en accent circonflexe, l’air outré … du Macron pur jus !

Mais non, bien sûr que non ! D’ailleurs les journalistes facétieux sont tous morts, ils ont été remplacés par des êtres obéissants, glabres ; ou rasés, les pires ! Des teckels à poil ras. Eux-mêmes seront bientôt remplacés par des robots dotés d’une vraie intelligence artificielle.

Oui, des teckels à poil ras !

La pilosité humaine est un facteur particulièrement différenciant au sein d’une même population : nous ne sommes pas égaux devant le poil !

L’âge, l’état de santé et la génétique sont des facteurs de différenciation : les cheveux crépus (pays pauvres, majoritairement musulmans) poussent en moyenne de 0,7 cm par mois alors que les cheveux lisses asiatiques (pays émergents bouddhistes, taoïstes, shintoïstes et accessoirement musulmans) poussent de 2 cm …les cheveux occidentaux (pays décadents cathos et/ou protestants, les musulmans sont minoritaires, Dieu merci !) dépassent rarement 1,5 cm par mois.

La courbe de croissance des cheveux occidentaux va bientôt croiser celle des cheveux crépus ; à terme, le cheveu occidental est condamné, il sera crépu pendant quelques siècles avant de s’assécher pour mieux dépérir sous un soleil ardent, la peau noircie, c’est scientifique !

Le poil asiatique va continuer sa croissance arrogante, folle, il parviendra à supplanter tous les autres poils d’ici au XXVe siècle …

À une autre échelle, c’est le même mouvement qui s'est passé en 2017 avec l'élection de Macron.

La pilophobie est à l’origine de toutes les formes de racisme, la cause de toutes les discriminations, vous avez bien fait de continuer de lire ce billet.

Le macronisme aussi !

Oui, à l’origine de l’humanité il y a la pilophobie !

On notera également que l’évolution du poil à travers les âges et sur tous les continents était annonciateur de l’écologie moderne, le poil raconte mieux que Nicolas Hulot l’évolution du climat.

La pilophobie est d’inspiration essentiellement macronienne, mais l'inverse est encore plus vrai : Emmanuel Macron anticipe ce que Zemmour et Le Pen disent tous les jours, le poil crépu veut prendre le pouvoir sur le poil occidental, ce n’est pas plus compliqué que cela, mais une question se pose : n’est-il pas déjà trop tard ?

Que nous dit le poil en termes de normes sociales ?

C’est une question assez naïve en fait, mais je suis obligé d’en passer par là, il parait qu’il y a encore quelques gauchistes égarés ici ou là, certains d’entre eux lisent Médiapart, circonstance aggravante.

Si tu appartiens à une longue lignée de pauvres, si ton patrimoine génétique est aussi maigre que ta bourse est plate, si tu es tout petit, ou gros, voire gras, que tu sois lesbienne ou lesbien, même si tu es atteint d’un strabisme convergent (centrisme) ou divergent (droite et gauche, mais surtout droite), tu conserves un pouvoir immense, tu jouis d’une liberté absolue : tu peux jouer avec tes poils ! Les teindre, les couper ras, les friser, les boucler, les raidir, filiformes, longs, rasta (déconseillé), plaqués, etc. tu as le choix !

C’est ce que l’on appelle vulgairement une liberté individuelle, voire une liberté « républicaine ». Et laïque, mais attention à la laïcité ! Souvenons-nous de ces instituteurs laïcards barbus, les hussards de la République de la fin du XIXe, ce sont les pères spirituels des Mitterrand, des Hollande et des Macron ! Des gens qui avaient le tournant de la rigueur inscrit dans leurs gènes.

Sur le plan sexuel, on sait que 72,3 % des femmes âgées de 20 à 39 ans ont subi une agression verbale à cause de leur abondante pilosité, que ce soit dans la sphère intime ou en public ; 33 % de ces femmes poilues ont rencontré des réactions positives dans la sphère intime, ce qui nous amène à la conclusion suivante : 5,3 % des hommes consultés agressent leur femmes poilues en public, mais sont très émoustillés par leur pilosité dans l’intimité ; on retrouve ce type de contradictions dans l’électorat, il est difficile aujourd’hui de mettre la main sur un électeur qui reconnait publiquement avoir voté pour Macron.

Ce que, en langage technique, on appelle des faux-culs, il faut bien se rendre à l’évidence : la France est devenue un pays peuplé de faux-cul, le phénomène s’est accéléré avec l’élection d’Emmanuel Macron.

Concernant les faux-culs, la question de leur pilosité ne se pose pas, alors qu’elle est fondamentale (au sens propre) pour les vrais culs ! Quel paradoxe quand on y pense !

La pilosité, comme le macronisme, est un thème qui demande une pensée complexe, on le voit bien !

Sur le plan politique, le poil dit tout, explique tout.

Les hussards de la république étaient barbus ou portaient une moustache ; en 68, les cheveux étaient longs ; les islamo-gauchistes ont les cheveux longs, eux aussi ; les terroristes sont majoritairement barbus, souvenez-vous de Ben Laden, ils ont le cheveu long pour la plupart ; les nazillons lepenistes sont rasés …entre ces deux extrêmes, le poil est mi-long, mi-court, ni long, ni court, il se réfugie derrière une certaine forme de neutralité, il se protège en étant « en même temps » mi-court, mi-long. Au centre qui, rappelons-le, va d’abord de la gauche vers la droite, puis de la droite de la droite vers l’extrême droite, le poil est devenu typiquement macronien. Insignifiant et maladroit, mais omniprésent, omnipuissant et réac comme jamais !

Dans ce monde binaire pour ne pas dire manichéen, entre pilosités gauchistes, voire terroristes et crânes rasés tendance Adolf, quelle est la place des chauves ? Le chauve a-t-il encore un avenir ?

Sans être particulièrement plus opportuniste qu’un autre, le chauve est « multicarte », il peut être de gauche, d’extrême gauche, de droite, d’extrême droite, du centre et d’extrême centre comme c’est le cas aujourd’hui avec la macronie, on le retrouve partout. Le chauve n’a pas de personnalité, il est chauve, cela lui tient lieu de CV.

Le chauve n’est pas un sujet en soi pour une raison simple : il est le degré zéro de la pilosité, il n’est pas concerné par la pilophobie : cela fait des chauves des macronistes en puissance, j’en ai bien peur ! Des macronistes qui cachent bien leur jeu, des sournois, des hypocrites, plus perfides les uns que les autres ! Quand le chauve veut survivre, il se fait macroniste ! C’est un réflexe intimement lié au désespoir.

Dans la grotte de La Marche (Vienne), des archéologues ont trouvé des milliers de dalles et de pierres gravées, vieilles de plus de 14 000 ans sur lesquelles étaient gravés des profils masculins : les hommes ne portent ni barbe ni moustache, ils se rasaient !

En effet, Cro-Magnon taillait des silex pour se raser, il était propre sur lui : homo sapiens n’a rien d’un gauchiste, il n’est pas homosexuel, ce n’est pas un terroriste non plus.

Mais cela ne fait pas d’homo sapiens un macronien avant l’heure pour autant, non, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !

Ne pas confondre, s'il vous plait, Cro-Magnon avec Cro-Macron ! Quoique ...

La barbe est réputée « virile », c’est pourquoi les femmes à barbe n’ont pas eu le destin auquel elles auraient pu prétendre : le sexisme vient de là, les femmes poilues ont fait de l’ombre aux femmes imberbes.

Que se serait-il passé si Cro-Magnon avait croisé sur sa route la femme à barbe des Vosges, Clémentine Delait, alias Kostas Mitroglous ?

Que se serait-il passé si Brigitte M avait été atteinte, elle aussi, d’hirsutisme quand elle donnait des cours de théâtre au petit Emmanuel, alors en classe de 3e ?

Je vous le demande, je n’ai pas la réponse si ce n’est un commentaire stupide sur l’anachronisme de la question, mais pas de quoi faire le fier …anachronisme qui joue aussi bien avec Cro et Clémentine qu’avec Emmanuel et Brigitte, vous l’aurez noté.

On en revient au nez de Cléo, le monde eut été radicalement différent, Macron n’aurait pas existé, on n’en aurait jamais entendu parler !

Pardon d’avoir rédigé un billet d’une telle longueur autour d’un sujet que les plus grands sémiologues vont maintenant pouvoir enfin investir, mais il nous fallait emprunter ce chemin escarpé, plein de pièges et de chausse-trappes pour arriver à une conclusion historique, scientifique, épistémologique et néanmoins biologique : Emmanuel Macron est une vraie buse !

Pour celles et ceux qui hésitaient encore, vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire, bande de nases : il faut le dégager dès le premier tour !

Mais comment faut-il vous le dire ?

 

 P.-S. - Dans un soucis de transparence et d’honnêteté intellectuelle, je tiens à préciser que je suis atteint par le syndrome du front excessif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.