Le racisme dans la police ne trépassera pas !

Nous proposons ici une approche ambitieuse d'épidémiologie étiologique du racisme au sein des forces de l'ordre en France en s'inspirant de la crise sanitaire en cours, le Covid-19.

En préambule, je précise que je n’appartiens pas à cette catégorie de gens dont la curiosité serait chahutée en permanence par un sujet, le racisme, en vérité d’une profonde banalité : le Covid-19 est l’unique responsable de l’intérêt passager que je porte à ce comportement individuel et collectif très répandu en France et globalement très bien toléré, voire supporté par une population indolente qui s’y est mithridatisée. À quelques exceptions près comme on a pu le voir il y a deux jours avec les manifestations autour du cas Adama Traoré qui ont réuni une petite vingtaine de personnes d’après Pascal Praud, excellent observateur de la vie sociale française. Un homme qui sait compter et sur lequel on peut compter. Il en reste, Dieu merci !

La crise sanitaire que nous traversons nous propose, sans le vouloir, des clefs essentielles pour qui veut comprendre le racisme et ses origines.

Pour deux raisons principales : d’une part parce que, comme le virus, le racisme est contagieux, surtout en milieu fermé comme c'est le cas dans la police ; d’autre part parce que la science dont font partie les sciences humaines n’a toujours pas trouvé d’antidote au racisme et qu’il y a fort à parier que la mise au point du vaccin anti-coronavirus prendra encore beaucoup de temps, son efficacité risque de ne pas être au rendez-vous, le virus est en train de partir, il reviendra !

Le racisme est plus constant, ou latent, mais les crises paroxystiques sont là, en France comme aux USA, pour nous rappeler à son bon souvenir, tout comme les épidémies qui vont et viennent au gré des saisons.

Nous vivons avec le racisme, nous vivrons avec le Covid-19.

Puisque nous parlons de contagion, il nous faut parler de la police : on ne peut pas aborder le sujet du racisme dans la police sans parler des processus de contamination.

Les forces de police sont en première ligne pour assurer l’ordre et la sécurité, à ce titre ils côtoient en permanence et pendant plus de quinze minutes des manifestants à moins d’un mètre, allant parfois, souvent, jusqu’au contact physique.

La mise en place de gestes barrières imaginés par Didier Lallement, préfet de police, ne garantit pas l’immunité à ses agents, bien au contraire, ils sont exposés, surexposés !

C’est au moment critique où les forces de police demandent aux manifestants de se disperser que les contacts sont les plus fréquents, les plus intenses.

Postillons, crachats, transpiration, claques, coups de matraque sont les principaux vecteurs de la contagion, c’est pourquoi le préfet Lallement leur préfère des armes qui ne nécessitent pas de contacts physiques, des grenades par exemple, des fusils à balles en caoutchouc renforcé, des flash-ball et autre LBD 40.

Certains manifestants sont plus « résistants » que d’autres – des  noirs et des arabes dans la majorité des cas, nous y reviendrons plus en détail – et acceptent la confrontation, la contamination devient inévitable.

Au moment de la dispersion, l’agent contaminateur touche à son corps défendant le CRS, l’agent verbalisateur, l’agent interpellateur, l’OPJ, tous les agents de police qu’il est susceptible de croiser dans son long périple qui le mène de la place de la Nation où il défilait jusqu’au poste de police où il passera la nuit ; s’il ne fait pas un détour entre temps par les hôpitaux, aux urgences, en cas de migraine, de forte fièvre ou de constipations notamment.

S’en suivent des interpellations, des arrestations, des gardes à vue, la police se chargeant bien sûr de toute la chaine logistique, transport, hébergement, alimentation, hygiène, parfois pendant 12 voire 24 heures.

Les foyers de contaminations qu’on appelle pompeusement des « clusters » éclosent ici ou là, il y a autant de clusters qu’il y a de commissariats de police ou de postes de gendarmerie.

R 0, le taux de propagation du virus à partir d'un individu,  contamine en moyenne 6 policiers qui contaminent à leur tour une quarantaine de policiers...ne généralisons tout de même pas trop vite, ce n'est pas parce que 75 % des policiers environ sont racistes qu'ils le sont tous, restons modérés comme le suggère Pascal Praud à chacune de ses interventions.

Pour autant les taux d'anticorps noirs dans la police sont très élevés, soyons clairs.

Parlons du profil de l'agent contaminateur, car, une fois encore, sans contaminateur, et c’est bien le fond du problème, il n’y aurait pas de contagion tout comme sans virus il n’y aurait pas d’épidémie.

Jeune, robuste, sportif, souvent démuni sur le plan pécuniaire, c.-à-d. pauvre pour le dire d’une façon triviale que l’on me pardonnera, l’agent contaminateur est encore trop souvent noir et/ou musulman, ses cheveux sont frisés, ses narines déjà naturellement dilatées par une nature décidément bien ingrate s’écrasent encore un peu plus sous l’effet conjugué de l’effort physique, des gaz lacrymogènes et des coups reçus.

Les acteurs de l’épidémie sont en place, Maghrébins et noirs d’un côté, force de l’ordre de l’autre, réunis au même moment au même endroit pendant une, deux ou trois heures durant.

Les « gilets jaunes » blancs ne sont pas comptabilisés pour une raison simple, ils sont blancs.

La propagation du virus du racisme, puisqu’il s’agit du racisme au sein de la police au cas où certains se perdraient, est déjà bien avancée : plus l’agent de police est confronté au noir ou au Maghrébin et plus il fabrique des allergènes typés.

Le policier dispose d’une batterie de tests qui normalement lui permet d'identifier rapidement les contaminateurs alpha les plus toxiques : bâtard, bamboula, négro, bougnoule, bicot, arbicot, arbi, bic, bique, racaille, enculé de noir, esclave (même s’il n’est pas cultivé, il connait l’esclavagisme, c’est remarquable), gros nez, fainéant, crouille, ou encore fellaga pour les plus anciens.

Dans la plupart des cas le « virus » réagit « positivement » : eurêka ! il s’agit bien d’un agent contaminateur de la pire espèce, il ne peut pas maîtriser ses pulsions, il finit par répondre à la dixième, à la vingtième invective policière dont le but, une fois encore, est de séparer le bon grain de l’ivraie, ne nous trompons pas.

Oui, mais voilà : alors que ces tests sont prévus pour identifier les malades, le policier ne prend pas en compte la réponse positive qu’il a déclenchée, il va directement au contact dans un mouvement spontané qu’il ne peut pas, lui non plus, maîtriser.

Effectivement le policier n’est pas mentalement structuré pour discerner à chaud le bon manifestant, très rare, du mauvais, très nombreux, il a tendance à faire un amalgame, c’est dans ses gènes, car les policiers disposent tout de même d’un arsenal génétique en plus d’un arsenal militaire répressif, c’est plutôt rassurant d'un point de vue strictement philosophique.

Le policier ne fait pas la différence entre un noir français depuis plusieurs générations avec un noir sans papiers qui, lui, n’est plus un être humain.

Un recrutement non ciblé, peu sélectif, ou pas assez sélectif, car ces hommes sont armés, un manque évident de formation, une constitution psychologique rudimentaire, un niveau d’intelligence émotionnelle particulièrement discret, un niveau d’intelligence rationnel et relationnel quasi inexistant, ou muet dans les meilleurs cas, expliquent ces réflexes d’imprudence dont font preuve les policiers.

À cela s’ajoute un encadrement qui est recruté sur le même modèle, du simple brigadier au ministre de l’Intérieur lui-même : c’est toute la chaîne hiérarchique qui est concernée, l’idée étant, et on peut le comprendre, de maintenir une cohérence d’ensemble, une cohésion à tous les échelons du commandement ; sans oublier le préfet Lallement qui est devenu en quelques semaines le symbole le plus emblématique de cette politique mise en place par le président de la République en personne.

Christophe Castaner…que dire de plus ? Il suffit de l’entendre pour comprendre qu’il se fond à merveille dans le paysage, il se con-fond naturellement dans son environnement.

On s’interroge sur les liens entretenus par le président Macron avec Jean-Marie Bigard, humoriste populaire bien connu en passe de devenir le représentant de ces « Français qui se taisent », là non plus, il n’y a pas de hasard : les blagues salaces de ce monsieur circulent dans tous les commissariats de France, dans tous les postes de gendarmerie, c’est l’humoriste préféré des forces de l’ordre et de Marine Le Pen, très populaire elle aussi dans ces milieux.

De tout cela il résulte une loi simple à comprendre : plus le gendarme et plus le policier sont en contact avec des noirs et/ou des Maghrébins et plus ils sont infectés par le racisme, c’est ce que l’on appelle techniquement « La loi de  Morfler » que connaissent bien les jeunes des banlieues, du 9.3 en particulier.

Mettre en quarantaine les noirs ? Les éliminer ? Les parquer dans des quartiers de haute sécurité ? Pourquoi pas ?

Éviter tout contact entre policiers et noirs est une autre approche, assez ambitieuse, mais peu réaliste étant donné la quantité phénoménale de noirs circulant librement en France, un si beau pays, pourtant.

Éradiquer la connerie envahissante est et reste la seule solution, la meilleure de toutes, avec une remarque de bon sens toutefois : il y aura beaucoup de morts, c’est à craindre, y compris (surtout ?) parmi les forces de l'ordre, car comme dit le bon sens populaire dont Pascal Praud se fait le porte-parole « on ne fait pas d'omelette sans tuer quelques personnes ».

 

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