Les Français victimes d’amnésie des fessiers

Quand la fesse s'éveillera, le monde tremblera...

En langage technique on appelle cela un déni, un refus de regarder la réalité en face, une réalité devenue trop douloureuse, insupportable et cruelle.

Le déni est un mécanisme de défense destiné à masquer les conflits entre sa conscience, son moi intime, et le monde extérieur.

Lacan ajoute à ce mécanisme de défense la notion de « forclusion » qui conduit tout droit à la psychose, d’après lui.

En France c'est à Jacob Delafon qu'incombe la délicate mission de faire le lien entre le moi intime et le monde extérieur, en Espagne c'est monsieur Roca.

Quel rapport avec l’amnésie des fessiers ?

Un rapport étroit, pénible, affligeant, voire honteux… d’autant plus gênant que c’est très visible vu de dos. Et de profil. De face on ne voit rien, c'est là le piège !

L’humiliation (esthétique et morale) est d’abord individuelle, mais au fil des ans elle devient collective. Nationale.

La fesse est plate, on parle d’une « fesse morte », le sujet refuse inconsciemment de la voir telle qu’elle est, il tourne symboliquement le dos à son arrière-train disgracieux, nous sommes bien en plein déni.

La fesse est dite « morte », car le cerveau fait semblant de l’ignorer, il finit même par l’oublier complètement, ne sait plus qu’elle existe, la pauvre, il la méprise, c’est pour cette raison que l’on parle d’amnésie des fessiers : les neurones remplacent les muscles fessiers par le psoas ou par les ischio-jambiers, parfois par les abducteurs, mais sans grande efficacité, ce sont des succédanés, des ersatz, des substituts destinés à « faire semblant ».

Les fessiers s‘en prennent plein la gueule !

À force, ils se recroquevillent sur eux-mêmes, se flétrissent, rabougrissent, la fesse plate fait concurrence à la « goute d’huile » qui n’en mène pas large, elle non plus.

Pitoyables fessiers qui reculent, qui renoncent, qui abandonnent...

Les petits trous du cul essayent de sortir de l’anonymat en faisant Sciences-Po, la belle affaire !

Après Sciences-Po, l’ENA…petit trou du cul deviendra grand, mais rien n’y fait, on l’a dans le …dans le troufignon.

Et ça fait mal !

Tristitude.

Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt dit-on, rien n’est moins sûr, le doigt se fait discret, sournois, mais terriblement têtu, il sait où il va, lui, sa cible c'est la lune ! Précisément.

Parfois invisible tellement il se cache « derrière », oui, « derrière » les beaux discours.

Un doigt très mal placé en vérité…c’est bien lui le problème, le doigt, on a raison de le regarder, on aurait tort de le sous-estimer.

Ce doigt se gante, se civilise, il se déguise, après Sciences-Po, après l’ENA viennent les ministères, le Palais de l’Élysée…Sarkozy, Hollande, Macron…Pénicaud ! Castaner !! la main gantée se fait de plus en plus pressante, plus agressive, en un mot invasive.

L’arrière-train des Français est assailli de toute part, depuis la droite de la gauche en passant par la gauche de la droite, sans parler du centre, objet de toutes les attentions les plus perverses, un coup ici, un coup là…très douloureux, le centre.

Au début, la douleur est vive, mais on finit par s’y habituer…

Des fessiers outragés, des fessiers brisés, des fessiers martyrisés, mais des fessiers prisonniers !

L’amnésie des fessiers dont souffrent de plus en plus de Français a principalement pour origine cette croyance aveugle qu’ils ont dans la politique, un royaume où les faux-derches montent sur le trône sans jamais en redescendre.

Et, du haut de leur perchoir, arrogants et inutiles, leurs diarrhées libérales nous inondent pour mieux nous ensevelir.

Les fessiers doivent se révolter. Ici et là, hic et nunc.

Fessiers de tous les pays, unissez-vous !

Merde !

 

P.-S. Certains nous reprocheront le caractère scatologique de ce billet en oubliant, au passage, la dimension esthétique des fessiers, à ceux-là nous répondrons simplement que la ploutocratie ultralibérale est de nature essentiellement  scatologique. Re-merde !

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