Ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon qui parle, mais Victor Hugo en ce 5 septembre 1870, le Second Empire s’écroule, les armées prussiennes se rapprochent dangereusement de Paris, il faut réagir !
Les évènements ne sont pas de même nature, le danger n’a pas le même visage et ne porte pas le même uniforme, mais l’heure est grave.
Ce message de Victor Hugo se conjugue au présent de l’indicatif, en tout cas c’est le sens que l’on peut donner aux différentes tentatives de Mélenchon pour rapprocher voire unir le front syndical et le front politique. Une nécessité ?
Un rêve fou, une belle utopie qui a du sens au regard de ce qui est en train de se passer depuis 1 an sous le règne de Napoléon IV, Emmanuel Macron, maître de l’Empire Libéral.
Soyons concrets.
D’un côté : allégement de la fiscalité des entreprises qui va passer de 33 % à 25 %, réduction (des 3/4) de l’ISF, simplification et abaissement de la fiscalité sur le capital.
De l’autre : augmentation de la CSG, 1ere baisse partielle des revenus des retraites, hausse du tabac, des carburants, et du gaz, réforme de la formation professionnelle, de l'apprentissage et de l'assurance chômage, contrôle accru des employés et des chômeurs, réforme à venir des retraites, des aides sociales et de la fonction publique, diminution des APL, réforme du contrat de travail, hausse de 2 euros de la participation du patient pour un séjour hospitalier, hausse des timbres, refonte complète de la SNCF en vue d’une privatisation…
Le pouvoir d’achat des très riches et des hyper riches augmente, celui des pauvres et des classes moyennes continue de baisser dramatiquement malgré la carotte de la taxe d’habitation qui, au final, concernera une minorité d’ayants droit.
La réforme du contrat de travail des salariés ajoutée à la baisse des aides sociales va majoritairement profiter aux entreprises, la « barémisation » des indemnités de licenciement est un exemple parmi d’autres qui montre que les entreprises sont nettement favorisées sans aucune contrepartie réelle en espèces sonnantes et trébuchantes pour ceux qui produisent les biens et les services, qui créent, en fait, la valeur ajoutée de l’entreprise qui les emploie.
Comme on a pu le voir dans le rapport OXAM, la distribution de dividendes est devenue hystérique, les patrons français se gavent littéralement, bien plus que leurs homologues allemand ou anglais…des largesses souvent décorrélées des performances réelles des entreprises qu’ils dirigent.
En 2017 la croissance économique - taux des banques centrales, pétrole - a dopé les chiffres, les performances de la France en matière d’endettement s’en sont trouvées nettement améliorées au regard des contraintes réglementaires –artificielles – imposées par l’UE.
En 2018, le ciel s’assombrit, le reprise s’essouffle, le libéralisme opportuniste se glisse dans la brèche, Macron en profite pour lancer un plan de rigueur qui va frapper encore plus durement les classes moyennes et les classes les plus défavorisées, la réforme des retraites, celle de la fonction publique et enfin la réforme des aides sociales vont finir d’appauvrir une bonne partie des Français.
Le 8e président s'abrite sous le parapluie Européen.
Emmanuel Macron, ayatollah ou Empereur du libéralisme, c’est comme on voudra.
Pendant ce temps-là, la droite républicaine n’en finit plus de se disloquer, le PS et le PC se livrent à une course sans fin, c’est à celui qui atteindra le premier le fond de la piscine. L’apnée est un sport risqué, le bouillon n’est pas loin, ils boivent la tasse.
L’extrême droite populiste, fatiguée et schizophrène, inspirée par le modèle autrichien, essaye de s’organiser pour rafler la mise en 2022, Maréchal, la voilà ! L’union des droites fait son chemin, car pour gagner il faut s’unir…elle aussi y pense, pas qu'elle à droite, d'ailleurs, attention danger !
C’est dans ce contexte de dislocation généralisée que Macron oppose les Français les uns les autres, une catégorie sociale, les cheminots pointés du doigt, contre une autre, les salariés du privé contre les fonctionnaires, les retraités du privé contre les retraités de la fonction publique, les agriculteurs et les chasseurs contre les écologistes, les vieux contre les jeunes, les « bons » chômeurs contre les « mauvais », les « bons » pauvres contre les « mauvais » pauvres, les bons migrants contre les mauvais et ainsi de suite.
L’art de la division poussé à son paroxysme, l’art de sa guerre.
Voilà pourquoi il est temps d’unir ces forces qui, aujourd’hui, s’éparpillent à tous les coins de rue, aux quatre vents.
Le discours de Victor Hugo prononcé Place de la République lors de son retour d’exil en septembre 1870 a trouvé un juste écho lors de la cérémonie d’hommage aux victimes des attentats de 2015 qui eut lieu le 10 janvier 2016, discours lu au même endroit, une Place symbolique, une Place historique.
En mai 2017 Macron a réussi un hold-up, avec un talent, un culot incontestable et un sens aigu de l’opportunisme, il a bénéficié d'un exceptionnel alignement des planètes, à commencer par l'affaire Fillon...avec Le Pen au second tour qui joue le rôle de faire-valoir et d'épouvantail.
Un hold-up.
Depuis il se livre à une série d’attentats sociaux, cela risque de durer jusqu’en mai 2022. Sa campagne électorale de 2022 est déjà prête, on connaît l’argument « C’est moi ou elle, c’est moi ou le chaos ».
La ficelle est grosse, obscène, indécente et pour tout dire pornographique.
« Je ne vous demande qu'une chose, l'union. Par l'union, vous vaincrez. »
La résistance organisée et unifiée s'impose !