Tragique méprise dans le var, le week end dernier.
Bilan : plusieurs morts dont un homme, un chasseur.
Les chiffres sont terrifiants puisqu'on dénombre pas moins de 350 morts depuis 2000, une moyenne de 20 morts sur toute la période, une quinzaine par an aujourd’hui, un léger mieux.
Au total 1 152 accidents entre 2009 et 2017, selon l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage , l’ONCFS.
Autre accident mortel en Vendée dimanche dernier : un gamin de 13 ans tué d’un coup de fusil en pleine tête tiré par son grand-père !
Horrible, dramatique et triste.
Entre 125 et 150 accidents par an, dans un tiers des cas les chasseurs se sont blessés eux-mêmes…surtout après l’apéro et le déjeuner, statistiquement entre 12 et 14 heures.
Bières, vins, digestifs et maladresses ne font pas bon ménage.
Mauvaises manipulations des armes, tirs aveugles sans identification préalable de la cible, angles de tirs latéraux supérieurs à 30°, trop a gauche, trop à droite, c’est le voisin qui est pris pour un vulgaire cochon…ou pour un lapin.
Il ya quelque chose de tragi-comique dans la « gestion cynégétique », plusieurs cas de figure, parfois plus drôles que dramatiques et souvent, malheureusement, plus dramatiques que drôles.
La variante n° 1 est celle qui aurait dû faire le titre de ce stupide billet iconoclaste et provocateur, lorsque le chasseur confond un homme avec un sanglier, la conclusion est plus tragique qu’autre chose.
Variante n° 2 : un chasseur confond un sanglier avec un homme, le sanglier a la vie sauve et détale à toute vitesse dans les brémailles en se disant qu’il a eu de la chance, en se disant que décidément les chasseurs sont très cons mais qu’il est heureux d’être tombé sur un con. Il parait qu’il en rigole encore…
C’est un cas de figure où la connerie, bien qu’envahissante, a du bon.
Mais c’est très rare, beaucoup trop rare.
Variante n° 3 : un sanglier confond un chasseur avec un sanglier : même cas de figure que le précédent mais cette fois c’est le chasseur qui a la vie sauve ; personne ne dit si le chasseur en question est celui qui avait confondu un sanglier avec un homme comme expliqué dans la variante n° 2, comme un retour d’ascenseur, "tu m'as sauvé la vie, je sauve la tienne".
Il y a une justice tout de même !
Variante n°4 : un sanglier confond un sanglier avec un chasseur. L’un des deux sangliers perdra la bataille, c’est certain, surtout s’il est moins costaud que l’autre.
Il est évident que les sangliers ne consomment ni alcool ni stupéfiant ni calmant ni psychotrope, ni champignons hallucinogènes ce qui est remarquable de leur part compte tenu du biotope où ils vivent ; a contrario nous savons que les chasseurs, eux, sont presque toujours « chargés », voire complètement bourrés.
Dès 9 heures du matin…un petit blanc sec, beaucoup de blancs, en effet, secs au début, imbibés ensuite.
Le sanglier peut bénéficier de circonstances largement atténuantes, lui, puisque c’est une bête après tout, il obéit à son instinct et n’a pas d’autre point de repère.
J’en veux pour preuve qu’on ne voit jamais de sanglier aux assises, c’est parfaitement logique.
Ce qui n’est pas le cas de l’homme même si, il faut le noter, celui qui est assis sur le banc des accusés est souvent pris pour une authentique "bête" ou pour un « animal », on ajoute même « sauvage » pour mieux renforcer la nature inhumaine du prévenu.
Il y a « bête » et bête.
Cela n'aurait aucun sens de dénoncer le caractère inhumain d'un sanglier alors que l'inverse...
Quand le sanglier confond un chasseur avec un sanglier, dans la plupart des cas l’homme s’en tire plutôt bien, les sangliers se respectent entre eux, ou s'ignorent, ce qui n’est pas toujours le cas chez les hommes qui passent le plus clair de leur temps à s'épier, à se critiquer, à se jalouser et/ou à se détester quand ils ne se tirent pas dessus comme on vient de le voir aux USA.
Rien n'est pire qu'un con armé jusqu'aux dents.
Lorsque le chasseur prend un sanglier pour un homme il faut s’interroger sur l’origine des hallucinations du pauvre bougre surtout s’il est sobre, ce qui est rarissime, sa santé mentale serait en jeu, on en voit tous les jours, des gens un peu braques, surtout chez les chasseurs ; attention toutefois à ce chasseur qui canarde son vis-à-vis de gauche ou de droite tout en sachant pertinemment que sa victime appartient à la même race que lui ; il s’agit ni plus ni moins d’un meurtre, avec ou sans préméditation, mais d’un meurtre tout de même, un voisin, un ami que l’on déteste, l’amant de sa femme…les motifs ne manquent pas.
Personnellement je n'ai jamais croisé de sangliers cocus.
Nous sommes en face d’une circonstance aggravante si les gendarmes apportent la preuve que le chasseur était bourré au moment ou il appuie sur sa gâchette ; ce qu’ils (les gendarmes) ne font jamais car vous avez le droit d’être à la fois chasseur et bourré. Même dans le cas où le chasseur roule avec son Duster boueux sur le cadavre encore chaud d’un homme qu’il a confondu avec un sanglier, il ne craint rien ou pas grand-chose.
Alors que vous et moi, choppés Boulevard de la République avec 2 grammes dans le sang, c’est le retrait immédiat avec une amende à plusieurs zéros.
Entre viandards on se respecte, l’automobiliste lambda n’est pas un viandard, il ne s’est pas organisé en force militante non plus, alors forcément, il en prend plein la gueule.
C’est une vision rassurante et prometteuse que de voir gendarmes et chasseurs se comprendre et se respecter, en tout cas à mes yeux c'est cohérent.
Il n’y a pas que les armes qui les rapprochent, une culture, un comportement, la connerie aussi.
Dans le cas des variantes 2 et 3 on est obligé de rester prudent, nous savons que pour la dernière variante le sanglier charge un autre sanglier qu’il a pris pour un chasseur, c’est humain donc excusable car, encore une fois, le sanglier reste un animal sauvage.
Ma grand-mère me disait que « tous les hommes sont des cochons » : je me demande si cette affirmation un rien misanthrope et sexiste n’explique pas la mansuétude dont font preuve les sangliers lorsqu’ils confondent un chasseur avec un de leurs congénères, le sanglier voit en l’homme quelque chose qui lui ressemble, on ne peut pas le lui reprocher, encore une fois c’est humain.
Surtout qu’au bout d’une journée passée dans la boue à transpirer dans des tenues jaunes et rouges en plastique, avec une haleine de coyote alcoolisé, l’odeur du « cochon » versus ma grand-mère arrive à se confondre avec celle du sanglier qui court devant lui, d’ailleurs, sur le même terrain, il n’y a pas de hasard.
L’ADN du cochon serait très proche de l’ADN de l’homme, la science confirme les intuitions de ma grand-mère.
On parle souvent des chasseurs qui se tirent dessus (variante n° 1) jamais des sangliers qui laissent la vie sauve à des chasseurs après les avoir pris pour l’un des leurs (variante n°3), on ne parle jamais des sangliers qui meurent sans rien avoir demandé, c’est bien la preuve d’un complot anti-sanglier fomenté par des chasseurs fanatiques malhonnêtes et assoiffés .
Les chasseurs se prennent pour des Dieux vivants, disposant du droit de vie et de mort sur tout ce qui vit, faune et flore...
De toute façon un sanglier reste un sanglier.
Et un chasseur reste un chasseur.
Comme un con reste un con.