Perroquets Lives Matter

La rébellion animale planétaire est en route : après les pangolins, après les chauves-souris, voilà que les perroquets s'y mettent !

Éric, Jade, Elsie, Tyson et Billie sont des perroquets gris du Gabon, ils passent leur temps à insulter tous les visiteurs du Lincolnshire Wildlife Park, un parc animalier situé à l’est de l’Angleterre.

« Va te faire foutre », « connard », « imbécile », « débile », l’étendue de leur vocabulaire est impressionnante, chaque visiteur a droit à une insulte personnalisée, quel que soit son grade ou sa qualité, Boris Johnson en aurait fait les frais, dit-on de sources concordantes.

Informée, la famille royale, la reine en personne, refuserait de visiter le zoo en question, « i'm schoking » aurait dit la souveraine.

À leur arrivée, les cinq amis ont passé la quarantaine ensemble avant d’être réintégrés dans la même volière, il est très probable qu’un d’entre eux ait appris ces insultes aux quatre autres. C’est la définition même du psittacisme que certains journalistes français connaissent bien pour le pratiquer tous les jours, du matin au soir, sur les antennes de CNEWS, de LCI et de BFM TV.

Pour mieux comprendre l’origine de la « contagion », le zoo a fait appel aux plus fins limiers européens chargés, notamment, de traquer la Covid-19 selon la méthode bien connue du « tester, tracer, isoler », avec le succès que l’on connait en France.

Ce sont justement des experts français en « tracking » qui ont été sélectionnés, il n'y a pas de hasard ; une autre approche eut été d’identifier des experts en tracking français, mais les Anglais ont refusé, craignant sans doute de ne jamais obtenir le moindre résultat. On peut les comprendre. Par ailleurs, l'expression « des experts français » prête à sourire, c'est vrai aussi.

Quoi qu’il en soit, Olivier Véran et Jean Castex aidé de Jean-François Delfraissy se sont donc portés volontaires, La Connerie Envahissante révèle que c’est sur ordre direct de l’Élysée qu’ils se sont déclarés candidats, Emmanuel Macron voudrait « remonter la chaîne des mensonges et des contrevérités qui pollue le débat républicain et nuit à la bonne visibilité de nos actions ».

À moins qu’il ait voulu s’en débarrasser…déjà qu’avec le virus…

Steve Nichols, le Directeur du parc, est inquiet « Je ne sais pas comment on va se débrouiller s’ils apprennent des grossièretés aux autres et si je me retrouve avec 250 oiseaux en train de proférer des insultes », se tracasse-t-il.

Même son de cloches chez Macron qui redoute plus que tout de faire l’unanimité contre lui, à un an et demi des prochaines présidentielles ; vous aurez noté, au passage, attentifs que vous êtes, l’ajout d’un « s » au mot « cloche », car Jean Castex, Olivier Véran et l’autre monsieur sont partie prenante dans l’opération, il aurait été fâcheux de les oublier, de toute évidence le pluriel s’imposait.

Nous sommes au cœur de l’épineux problème de la contagion : à chaque fois qu’un de ces perroquets insulte un visiteur, le visiteur lui répond sur le même ton, mais en employant une autre insulte… avec 1500 visiteurs par jour en semaine et plus de 5000 en fin de semaine, les perroquets finissent par disposer d’une véritable base de données d’injures…

Le soir, après leur repas, avant de dormir, les perroquets s’échangent leurs insultes, ils ne gardent que les nouvelles, bien sûr, il s’agit d’éviter les doublons comme disent les économistes qui gèrent la santé publique en France.

Toujours est-il que Steve Nichols a proposé un « deal » à Emmanuel Macron : « nous acceptons que votre équipe se charge de remonter la piste de la contagion, mais à condition que vous gardiez les perroquets chez vous, nous vous en faisons cadeau ».

Emmanuel Macron, un rien naïf, a accepté. C’est sans doute ce qui explique la crise de nerfs d’Olivier Véran, avant hier soir, devant des députés ahuris, le pauvre garçon, conscient du piège dans lequel est bêtement tombé le président, est en pleine crise de confiance avec le chef de l’État, il ne sait plus à qui s’en prendre, il avait compris que ce deal allait se retourner contre eux…perspicace Véran ? Ne concluons pas trop hâtivement !

Elsie et Jade, des femelles, se sont échappées du zoo sitôt après avoir été transférées en France : une faute d’inattention de la part des employés ou un problème technique au niveau de la fermeture d’une volière ? Après enquête, nous sommes en mesure de révéler que la tenue des deux jeunes femelles étant jugée « indécente », voire « provocante » par le vétérinaire en chef, le docteur Brisecul – elles portaient un crop top, « une tenue antirépublicaine » d’après le gérant du zoo français – les dirigeants du parc animalier auraient décidé de les isoler dans un centre de rétention administrative, elles auraient profité du transfert pour s’envoler…

Quand ça veut pas, ça veut pas.

Jade, la plus jeune des deux femelles, la plus délurée aussi, se serait réfugiée dans les jardins de l’Élysée, elle serait perchée sur un arbre, un marronnier, juste en face des fenêtres du bureau d’Emmanuel Macron, à moins de dix mètres, « t’as qu’à traverser la rue, connard, ça nous fera des vacances » répéterait-elle plusieurs fois par jour au locataire du palais présidentiel.

Nemo, le chien des Macron, s’est mis à uriner sur la jambe gauche du président dès qu’il s’en rapproche pour le caresser…probablement influencé par le petit oiseau psittaciforme, la coïncidence est troublante.

Les taupes de l’Élysée – il y en a beaucoup – profitent de la moindre occasion pour faire des bras d’honneur au couple présidentiel à chacune de leur promenade.

Quant à Elsie, personne ne sait exactement où elle se serait posée…seul indice, le Premier ministre, Jean Castex, porterait un chapeau à larges bords ainsi qu’un imperméable merdophobe depuis quelques jours…les dates coïncident avec l’arrivée des oiseaux !

De leur côté, Éric, Tyson et Billie chantonnent toute la journée dans leur volière, ils alternent les insultes avec ce drôle de refrain :

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Les aristocrates à la lanterne ;
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Les aristocrates on les pendra ; Et quand on les aura tous pendus,
On leur fichera la paille au c...,

Les perroquets, moi, j’y crois !

 

 

P.-S. – Billet librement inspiré d’un fait divers consultable ici :

https://www.geo.fr/environnement/un-parc-britannique-retire-des-perroquets-qui-ont-appris-a-insulter-les-visiteurs-202310

 

 

 

 

 

 

 

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