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Billet de blog 6 mars 2020

Pénélope me !

Dans un contexte social, économique et politique extrêmement tendu, au beau milieu d’une épidémie de coronavirus, après une réforme des retraites qui va nous appauvrir encore un peu plus, on commence à entendre, ici ou là, un cri, un cri qui vient du cœur poussé par une foule de plus en plus nombreuse, de moins en moins docile, de plus en plus révoltée...

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Le procès de Pénélope et François Fillon en est à sa deuxième semaine, les explications vaseuses et alambiquées du couple n’ont pas l’air de convaincre les juges, ils sont plus que jamais dubitatifs, n'ayons pas peur des euphémismes.

Les « témoins » des Fillon qui se succèdent à la barre creusent inexorablement leurs tombes. Des tombes de plus en plus profondes.

Plus le temps passe et plus la présidente du tribunal et ses assesseurs doutent, la défense des époux Fillon prend l’eau, la noyade est probable si ce n’est inévitable.

Le couple aurait détourné près de 1.5 million d’euros. Beaucoup plus si un certain nombre d’affaires n’avaient pas dépassé le délai de prescription, passé ce délai l’auteur d’une infraction ne peut plus être poursuivi.

De l’argent public aurait été détourné grâce à l’emploi fictif de madame pendant…pendant 30 longues années !

Qu’il soit sénateur, député, ministre, président de région, François Fillon a passé le plus clair de son temps à détourner massivement et continument nos impôts à son seul profit.

Dans un contexte social, économique et politique extrêmement tendu, au beau milieu d’une épidémie de coronavirus, après une réforme des retraites qui va nous appauvrir encore un peu plus, on commence à entendre, ici ou là, un cri, un cri qui vient du cœur poussé par une foule de plus en plus nombreuse, de moins en moins docile, de plus en plus révoltée, on le serait à moins !

Chacun, chacune revendique à juste titre une part de ce gâteau dont les époux Fillon se sont gavés jusqu’à la glotte.

Un cri de ralliement.

Tu es chômeur, sans aucune perspective d’emploi à court terme, tu ne veux pas traverser la rue, car tu ne cherches pas un boulot de merde, tu as le droit, toi aussi, d’exprimer ta colère, à ton tour de crier « Pénélope me ! »

Tu es vieux, tu es vieille, ta retraite fond plus vite que tes pauvres muscles fatigués, tu as le droit, toi aussi, d’exprimer ta colère, à ton tour de crier « Pénélope me ! ».

Tu es jeune, tu as un job précaire, un job de merde, tu gagnes moins que la moitié du SMIC, tu es AESH à tiers temps, tu as le droit, toi aussi, d’exprimer ta colère, à ton tour de crier « Pénélope me ! ».

Tu es pauvre, tes enfants n’ont pas suivi une scolarité suffisamment longue pour obtenir un bon diplôme, tu as le droit, toi aussi, d’exprimer ta colère, à ton tour de crier « Pénélope me ! ».

Tu es une femme, ton salaire est inférieur de 25 % à celui de ton homologue de bureau, pourtant vous avez la même formation, les mêmes diplômes, la même expérience, tu as le droit, toi aussi, d’exprimer ta colère, à ton tour de crier « Pénélope me ! ».

Tu es actionnaire d’une société du CAC 40, tu viens de recevoir ta part des 60 000 000 000 d’euros de dividendes que ces grandes sociétés se sont distribués généreusement fin décembre, tu as le droit, toi et tes copains de fermer votre gueule.

Tu es président de la République, tu détournes discrètement, toi aussi, l’argent de nos impôts en demandant à la BPI de venir soutenir le cours des actions du CAC 40 (cf. l'excellent article de Laurent Mauduit), tu as le devoir de…de…d’aller à Wuhan voir si j'y suis, voir comment ça se passe, là-bas. Et surtout, fais comme tes copains du CAC 40, pas la peine de te faire un dessin, enfin, j'espère !

Mes amis, mes amies, vous avez le droit, vous aussi, d’exprimer votre colère, à votre tour de crier, tous et toutes ensemble, « Pénélope me ! ».

Reprenons tous en cœur « Pénélope me ! ».

Dans la mesure où on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, moi aussi j'ai envie de me faire pénéloper, j'adorerais que l'on me pénélope.

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