Il est interdit de décéder à son domicile le samedi, le dimanche et les jours fériés

Qu'il fait bon vivre à la campagne !

Isabelle Dugelet, maire de La Gresle – département de la Loire, 42 – vient de prendre un arrêté ambitieux, elle interdit purement et simplement à ses administrés de mourir à leur domicile le week-end et les jours fériés.

Installé depuis de nombreuses années sur les bords de la Loire, près de Roanne, entre les Monts du Lyonnais à l’Est et ceux du Massif de la Madeleine au sud, je peux témoigner que nous bénéficions d’un microclimat très protecteur et particulièrement bienveillant. La Gresle est à 23 petits kilomètres de Roanne, nous sommes voisins, amis, frères.

Nous nous comprenons à demi-mot.

Madame Dugelet n’est pas le premier édile à prendre des mesures radicales sur le même sujet, le maire de la commune de Laigneville dans l’Oise, monsieur Christophe Dietrich, avait pris le même arrêté le 17 mai 2017.

Monsieur Marc Ducom, maire d’Ychoux dans les Landes a pris, quant à lui, un arrêté municipal interdisant à ses administrés de tomber malades.

À Cugnaux, en Haute-Garonne, Philippe Guérin, le maire, interdit « à toute personne ne disposant pas de caveau dans le cimetière existant de décéder sur le territoire de la commune », et ajoute, menaçant « les contrevenants seront sévèrement sanctionnés pour leurs actes ».

Le 14 février dernier, Serge Rondeau, le maire de Challans en Vendée, publie un arrêté d’inspiration météorologique qui impose au soleil « de se présenter tous les matins du lundi au dimanche dans la ville de Challans et par extension à tout le département de la Vendée ». La pluie n’étant autorisée que « trois nuits par semaine afin de maintenir à niveau la nappe phréatique ».

Le brave homme !

André Marchand, maire de Briollay dans le Maine-et-Loire, interdit aux moustiques le survol du territoire de la commune.

En 1954 déjà, le conseil municipal de Châteauneuf-du-Pape, dans le Vaucluse, se range, unanime, derrière son maire afin d’interdire aux ovnis, aux « soucoupes volantes » et autres « cigares volants », de survoler ou de stationner sur le territoire de la commune. L’actuel maire, monsieur Claude Avril, a décidé de ne pas revenir sur cet arrêté qui a contribué à la notoriété de son village viticole.

Qu’il en soit sincèrement félicité.

Ubuesques, loufoques, humoristiques, mais parfois désespérés, en tout cas décalés, ces arrêtés municipaux ont, nous semble-t-il, l’immense mérite de replacer l’humain au centre des débats face à la dictature comptable qu’une technocratie ultralibérale prétend nous imposer depuis Paris, Bruxelles, Luxembourg, Francfort ou Strasbourg.

Le sort que voulait réserver le gouvernement aux parents qui ont le malheur de perdre un enfant est révélateur d’un état d’esprit, d’une ambiance et, pour tout dire, d’un écosystème politique inspiré par un homme politique qui compte plus qu’il ne pense.

Muriel Pénicaud a été victime d’un réflexe macronien, le réflexe macronien est aux hommes et aux femmes qui nous gouvernent ce que le réflexe pavlovien est aux clebs.

Combien vas-tu ? demande tous les matins Darmanin à ses proches collaborateurs.

« Ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément », la formule n’est pas d’Emmanuel Macron, mais d’Albert Einstein, un homme pourtant habitué aux formules.

En mars prochain, soyons à la hauteur de ces « Gaulois réfractaires » qui n’ont jamais eu peur ni du changement ni des envahisseurs libéraux qui nous gouvernent.

Les 35 000 « tribus gauloises » doivent faire des prochaines élections municipales la rampe de lancement d’un changement profond, radical, entre dégagisme et refondation.

Comme le dit un proverbe africain, « Pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village ».

 

 

 

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