Exemple de demande personnalisée d'entraide à l'attention de Monsieur François Fillon :
« Monsieur le Premier Ministre,
Nous avons été bouleversés par vos récentes confessions, nous sommes encore sous le coup d’une forte émotion après avoir entendu vos explications qui s’accompagnaient d’un mea culpa sincère et d’excuses publiques dont la spontanéité ne peut laisser personne indifférent.
Que celui qui n’a jamais péché vous jette la première pierre !
Ma femme est Auxiliaire de Vie Sociale, AVS, elle gagne entre 550 et 750 € brut par mois, cela dépend du nombre d’heures hebdomadaire effectuées, elle doit déduire une partie de ses frais, c’est toujours compliqué à calculer, un salaire net, même avec un petit salaire ; je suis mécanicien diéséliste, mon salaire est aligné sur le SMIC, 1480 € brut soit 1145 € net.
Comme vous, je veux être le plus précis possible : ce n’est pas la même chose de gagner 1145 € ou de gagner près de 1500 €, la différence représente un peu plus de la moitié du loyer de notre appartement, vous aviez donc parfaitement raison de vous indigner sur l’amalgame entre salaire net et brut, décidemment, les journalistes ne comprennent rien à rien.
Non, ce n’est pas la même chose ! d’ailleurs, c’est à ces petits détails qu’on voit bien que vous êtes très proche de gens comme nous, c’est rassurant !
Nous avons deux enfants, deux jeunes adolescents, vivre avec 1700 ou 1800 € net par mois, pour une famille de 4 personnes, n’est pas facile, facile tous les jours…c’est pourquoi je me permets de vous solliciter.
Même si je ne vous reproche rien, vous avez quand même bien su gérer votre carrière. Avec la formation que vous avez, vous auriez pu gagner beaucoup plus d’argent dans le privé, c’est vrai.
Vous êtes tellement cultivé que vous auriez pu, par exemple, participer au jeu de Jean-Pierre Foucault « Qui veut gagner des millions ? », je suis sûr que vous auriez gagné, sans problème, le million d’euros que personne n’a encore gagné, sûr et certain.
Ou alors vous auriez pu participer aux « Enfoirés » avec Mimie Mathy et Patrick Bruel ! mais c’est plus délicat, il faut savoir chanter et danser ce qui n’est peut-être pas votre cas ; ma femme et moi on se demandait, d’ailleurs, si vous saviez faire des claquettes, on trouve que vous ressemblez un peu à Fred Astaire, on dit cela, on dit rien Monsieur le Premier Ministre…pardonnez-nous nos offenses.
Non, au lieu de cela vous avez décidé de consacrer votre vie aux autres, aux anonymes, à des gens comme moi et ma femme, la précarité et la pauvreté ne nous empêchent pas d'être reconnaissants.
Monsieur le Premier Ministre, notre demande est donc la suivante : sur les 45 000 € d’indemnités de licenciement que votre femme a touché juste après avoir travaillé pour vous et juste avant de continuer à travailler pour vous, on se disait que vous pourriez nous « ristourner » la moitié environ de cette somme, ce n’est pas grand-chose pour vous mais pour nous c’est plus de 22 000 €, c’est plus d’une année entière de travail si on additionne le salaire de ma femme au mien.
S’il vous plait, Monsieur le Premier Ministre, en salaire net, surtout en salaire net, 8000 € d’écart c’est quand même plus de 5 mois de salaire pour moi et ma femme…
Ne vous trompez pas, Monsieur le Premier Ministre, restez logique avec vous-même, en salaire net ! »
L’exemple dont il est question ici et à partir duquel est construit ce petit scénario s’inspire d’un cas réel.