Emmanuel Macron, nouvel adepte de la transe chamanique

Emmanuel Macron, président de la République, suit les conseils d'Anne Méaux, la papesse de la com et consulte un chamane. Voyage au bout de l'ennui.

Depuis la fin de l’année 2018, soit au début du mouvement des gilets jaunes, le président de la République confie à son proche entourage qu’il se sent seul, abandonné, en proie à des « doutes récurrents » qui le rongent, dit-il.

De fait, les mesures dites « sociales » décidées il y a quelques semaines, quelques mois, l’ont été sous la pression de la rue toute de jaune vêtue, à contrecœur puisqu’il parait qu’il en a un.

Insupportable pour un libéral de son calibre.

Depuis six mois, il répète à qui veut bien l’écouter (de moins en moins attentifs, de moins en moins nombreux) « Si je suis battu par Marine Le Pen, ce sera sur le terrain du régalien » et précise « Ce n'est pas sur l'économie qu'on sera jugé, mais sur les questions régaliennes, la sécurité, l'immigration et le communautarisme ».

Il ne sait plus comment faire, l’a-t-il jamais su, d’ailleurs ?

Nicolas Sarkozy déteint dangereusement, on sait comment cela s’est terminé pour lui, une bonne partie des Français préféreront l’original à la copie, bis repetita non placent.

Alors ? Que faire ?

Il a « consulté » nous dit-on, et pas n’importe qui, Anne Méaux en personne, la « papesse de la com » à la tête de l’agence Image 7, c’est elle qui se charge de la communication (de crise) de Crados Ghosn et de François Filons (filons en rang serré, femme et enfants d’abord), de VGE avec ses diams et de Daniel Bouton coincé par l’affaire Kerviel, une affaire Société Générale en fait…c’est dire si l’heure est grave !

« L’année 2020 sera l’année du Général de Gaulle, une année riche en commémorations, sa naissance (1890), sa mort (1970) et l'appel du 18 juin (1940), profitez-en pour faire passer vos messages, tous les Français sont gaullistes, sans bien savoir ce que cela veut dire, d’ailleurs » lui glisse-t-elle à l’oreille, on la devine sarkosiste. Ou chiraquienne, peut-être, en tout cas des hommes politiquement et émotionnellement très proches d'Emmanuel Macron pense-t-elle.

Emmanuel Macron ne se sent pas à la hauteur du bonhomme de Colombey-les-Deux Églises, il est plus à l’aise avec Philippe Pétain.

À bout d’arguments, Anne, ma sœur Anne qui ne voit rien venir, lui conseille le chamanisme.

Tous les jeudis, en fin de journée, Emmanuel Macron s’allonge sur un canapé avec un chamane à ses côtés.

Il a les yeux bandés par un khata (foulard de prières), une pierre ronde dans la main gauche et une pierre anguleuse et râpeuse dans la main droite ; il entend le rythme syncopé d’un tambour, des chants rocailleux dans une langue qu’il ne peut pas comprendre, des cliquetis inquiétants, des cris stridents, des serpents qui sifflent…

L’objectif de cette mise en scène est de désorienter le…le…prési…le chef des ar…Emmanuel Macron qui, l’espace d’une petite heure, n’est plus personne. Une heure seulement…

La séance de transe proprement dite dure 45 minutes environ.

Emmanuel Macron explique ce qu’il a vu :

« Au début je survolais les Champs-Élysées, je voyais plein de monde défiler en chantant…puis j’ai clairement entendu le bruit d’une motocyclette électrique pilotée, curieusement, par un requin, le requin lançait des projectiles fumants et pétaradants qui faisaient boum ! boum ! boum ! J’ai cru reconnaître Christophe Castaner…à cause des dents, je crois. Au milieu de mon voyage, le requin a fini par se noyer, ce qui est un exploit admirable pour un requin, un véritable miracle ! »

« Et après qu’avez-vous vu ? » lui demande le chamane, légèrement inquiet.

« Après je me suis vu au bras d’un…d’une…au bras d’une personne blonde, grande, hommasse, avec un sourire narquois coincé entre les lèvres, nous étions en train de divorcer, le juge m’a condamné à la perpétuité…la perpétuité pour un simple divorce ! sans prendre en compte la présomption d’innocence ! ». Un « voyage » un peu confus, semble-t-il…

Et après ?

« Après…après…plus rien ! le noir ! le black-out total ».

« Pas même une petite reconversion dans le privé ? » lui demande le chamane au bord des larmes.

« Si, mais à la SNCF, j'ai refusé »

« Je crois que votre cas est désespéré, monsieur le président, vous pouvez toujours essayer de prier ».

Respectueux, mais lucide le chamane.

Il m’aurait demandé…je lui aurais dit la même chose.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.