Rejet de la candidature Sylvie Goulard: Emmanuel Macron «ne comprend pas»…

Par 82 voix contre, 29 pour et une abstention, les eurodéputés rejettent définitivement la candidate choisie par Emmanuel Macron, Sylvie Goulard, éphémère ministre de la Défense, nommée le 17 mai 2017, démissionnaire le 21 juin, soit 1 mois et quatre jours. Madame Goulard briguait un poste important, peut-être le plus important, celui de commissaire européen en charge du marché intérieur.

Par 82 voix contre, 29 pour et une abstention, les eurodéputés rejettent définitivement la candidate choisie par Emmanuel Macron, Sylvie Goulard, éphémère ministre de la Défense, nommée le 17 mai 2017, démissionnaire le 21 juin, soit 1 mois et quatre jours.

Madame Goulard briguait un poste important, peut-être le plus important, celui de commissaire européen en charge du marché intérieur.

« Mme Goulard doit expliquer pourquoi une enquête qui l’a contrainte à démissionner de son poste de ministre en France ne l’empêcherait pas de devenir commissaire européen ».

Ils deviennent tatillons au parlement européen, ces eurodéputés, ils posent des questions simples, directes, évidentes, logiques…franchement cela manque de fairplay.

L'exception française est piétinée.

Nous bénéficions de la présomption d’innocence, c'est dans nos gènes, combien de fois faut-il le répéter ? Là où il n'y a pas de présomption d'innocence il n'y a pas de plaisir, c'est quand même simple !

Sylvie Goulard est sous le coup de deux enquêtes, une diligentée par la justice française, l’autre par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) : elle est suspectée d’avoir participé à un vaste système d’emplois fictifs pour son parti, le MODEM, en rémunérant, en France, un assistant parlementaire sur les fonds européens accordés aux députés européens.

Mais un soupçon, comme un malheur, n’arrive jamais seul, on s’interroge également sur des honoraires qu’elle a perçus entre 2013 et 2016 sur le compte de l’Institut Berggruen : les missions qui lui ont été confiées restent floues voire opaques ; le montant de sa rémunération parait exorbitant ; à ce jour personne n’a la moindre trace de son travail. Un dernier détail quasi insignifiant : elle était « en même temps » députée européenne…mélange des genres, quand tu nous tiens…

Son intégrité, sa probité sont mises à mal…après un grand oral qui n’a convaincu personne, elle a été obligée de répondre par écrit à ses collègues eurodéputés ; cela n’a pas suffi, elle a dû plancher une troisième fois…sans convaincre, apparemment…

C’est la première fois qu’une telle bavure se déroule sous les ors du parlement européen, impossible n’est pas français.

À Lyon, Emmanuel Macron vient de déclarer « Je me suis battu pour un portefeuille, j’ai soumis trois noms. On m’a dit : 'Votre nom est formidable, on le prend' et puis on me dit finalement : 'On n’en veut plus'. Il faut qu’on m’explique » ; il ajoute, au cas où quelqu’un au parlement européen n’aurait pas bien imprimé son message « je ne comprends pas, j'ai besoin de comprendre, il faut qu’on m’explique ».

Gifle, claque, camouflet, désaveu, humiliation ? Simple revers ?

La politique européenne est décidément très compliquée pour un leader politique français normalement constitué.

Je veux bien lui expliquer, à monsieur le Président, ce qu’il s’est passé là-bas, mais suis-je crédible ?

D’après des sources très bien informées, Emmanuel Macron serait victime d’un complot politique ourdi par des ingrats du PPE…

Alors là, je comprends mieux !

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