Caviar, champagne et digestifs pour des porcs affamés.

 

Affaire Jouyet ou affaire Fillon ?

Affaire Sarkozy ou affaire Hollande ?

Affaire d'Etat ?

Ces questions qui obsèdent les spécialistes du "domaine", les professionnels du commentaire "à chaud", journalistes, hommes politiques, sondeurs, n'ont, en vérité, que peu d'intérêt et passeront, tôt ou tard, au second plan.

L'objectif de ce faux débat est calculé : en agitant le chiffon rouge, en focalisant l'attention du public sur les sordides coups bas d'une opposition droite-droite, gauche-gauche et enfin, plus classiquement, gauche-droite, il s'agit d'éviter à tout prix d'ouvrir les yeux sur le discrédit qui envahit la vie politique, l'inonde et la noie irrémédiablement.

Les journalistes arrivent encore à surnager, ils surfent sur ces affaires grasses et "nourrissantes" mais ils n'évitent pas les embruns, la tempête souffle, ils seront touchés.

Touchés, coulés ! 

Pas tous, j'ai la faiblesse de croire encore au Canard et à Médiapart, si non je ne serais pas ici, pourquoi ne pas le reconnaître ?

Un être "normalement" constitué, doué d'un minimum de raison et n'ayant pas la mémoire trop courte ne peut pas, ne peut plus accorder le moindre crédit à une classe politique qui passe le plus clair de son temps à se renier, à mentir, à manipuler et à nier ses actes même lorsqu'ils sont filmés, photographies et enregistrés.

Le coupable n'est pas l'homme politique qui commet le délit mais celui qui ose le photographier en train de voler sa banque ou son parti. Le coupable serait la justice qui oserait utiliser ces "preuves" dont on ne conteste pas l'existence mais dont on conteste l'utilisation...

La liste des affaires est interminable, à gauche comme à droite, du "député de base" (Thomas Thevenoud) au sommet de l'Etat (Sarkozy), du simple ministre du budget (Cahuzac) au Secrétaire Général de l'Elysée (Jouyet). Woerth, Balkany, Bygmalion, Takieddine, Kadhafi...il y en a d'autres...

Pris en flagrant délit, la main dans le sac, le réflexe consiste à prendre la justice à témoin pour faire "éclater la vérité" et pour "restaurer un honneur perdu", cette justice à laquelle ils ne croient pourtant plus depuis longtemps mais dont ils espèrent, dont ils savent qu'elle ne tranchera pas entre la parole de l'un et la parole de l'autre.

Cette justice qu'ils ont contribué à torpiller, le Parquet doit devenir indépendant si on veut commencer à reconstruire sa crédibilité.

Nous non plus, nous n'y croyons pas...

Les programmes ne servent à rien, les mots sont vidés de leurs sens, les actes n'existent plus, ceux dont on parle se situent au dessous de la ceinture, ça fait un succès de librairie...

Ne restent que les promesses qui n'engagent que ceux et celles qui y croient encore, l'espace d'une élection, entre les deux tours...de passe-passe.

Ne reste que le futur qu'on veut "meilleur" car le présent est tragiquement creux, vide de tout, d'espoir, de travail, d'argent...qui sait, vide de désir aussi...

C'est ce fond de commerce qui fait la richesse des journalistes, faire croire à autre chose que cet immonde spectacle auquel nous assistons depuis plus de 40 ans maintenant.

Ne pas entretenir cette illusion serait parfaitement suicidaire, la presse est en péril, elle est obligée de puiser son oxygène dans les poubelles de la république, Le Monde de Hubert Beuve-Méry et de Jacques Fauvet est mort depuis longtemps.

Ces poubelles dans lesquelles gauche et droite déversent leurs ordures, il n'y a pas de tri possible...

Il faut donc créer une illusion, l'entretenir, essayer de lui redonner du souffle, la maintenir en vie coûte que coûte, à grands coups de révélations, avec cette surenchère qui donne de la consistance aux faux débats, le sensationnel remplace le "sens".

L'excès, le dérapage et le tête à queue ignorent l'accident, le mouvement remplace la réflexion, il n'y a pas de témoin puisqu'on fait le pari de l'amnésie.

Et puisque les mots n'ont plus de sens, l'Histoire doit accepter d'être violée.

Par Alain Soral, par Dieudonné, par Zemmour, les petits partouzeurs du grand détournement, ils profitent de l'ambiance pour faire du fric, plein de fric.

Affaire Moscovici ou affaire Juncker ?

La commission Européenne à la tête de laquelle on vient de nommer un ancien Premier Ministre Luxembourgeois, ancien Ministre des Finances du Grand Duché qui a organisé le pillage fiscale de la plus part des Etats qu'il est censé représenter aujourd'hui et dont il doit défendre les intérêts économiques. 

Il nous promet de la "rigueur", nous engage dans la voie du redressement économique : il nous fait courir après les milliards d'euros qu'il a détourné en toute légalité.

Il faut savoir que ce gentilhomme, alors ministre des finances, s'était brillamment illustré en s'opposant aux différents projets de "transparence bancaire" il y a de cela quelques mois, quelques années, c'était hier...le plus fervent défenseur de l'opacité bancaire, même les Suisses n'ont pas osés le suivre...

Savoir aussi que ce Monsieur a le soutien officiel d'Emmanuel Macron, notre nouveau Ministre de l'Eco-Fi.

Il n'y a pas de hasard, il a peut être bénéficié des largesses de Juncker lorsque il était à la tête de Rothschild, qui sait ?

Eux !

Affaires Françaises ou Affaires Européennes ?

Libéralisme ou social-libéralisme ?

Journalistes, hommes politiques, commentateurs avisés, experts économiques (à l'exception notable de Thomas Piketty) et autres sondeurs sont en train de dresser le couvert pour la famille Le Pen.

Du caviar pour des porcs.

Avec champagne !

Pour le digestif, c'est le peuple qui vous l'offre, Madame.

 

 

 

 

 

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