L’Afrique a des singes, nous on a Sarkozy !

La rhétorique négrophobe de Nicolas Sarkozy servie sur le plateau de Quotidien, une émission animée par le sémillant Yann Barthès en voie de zemmourisation et d'hanounisation dans sa course effrénée à l'audience.

Nicolas Sarkozy nous revient en pleine forme, souriant, détendu, raciste et fier de l’être sur le plateau de Quotidien, l’émission animée par le sémillant Yann Barthès qui est en train de s’hanounaniser et de se zemmouriser au fur et à mesure de ses audiences records.

« Cette volonté des élites qui se pincent le nez, qui sont comme les singes, qui n'écoutent personne. On a le droit de dire singe ? Parce qu'on n'a plus le droit de dire les... on dit quoi maintenant « les Dix Petits Soldats », maintenant, c'est ça ? », il fait référence aux Dix Petits Nègres, d’Agatha Christie, récemment débaptisés, le titre officiel est maintenant « Ils étaient 10 ».

Et de conclure par un magnifique « Elle progresse la société », on devine un léger soupçon d’ironie, Sarkozy revendique le droit d’appartenir au monde d’avant. Qui en doutait ?

Ah si seulement les singes étaient capables de nous écouter ! et de nous obéir ! la face du monde en eût été changée ! Sarkozy aurait été réélu !

Ces propos sont pleins de subtilités, chez Sarkozy la rhétorique n’est jamais très loin, elle se cache derrière un baobab : puisqu’on peut dire « singe » sans risquer de se faire traiter de sale raciste, pourquoi ne pas traiter les nègres de singes ?

Quelle habilité ! quelle maestria ! Suivez le guide !

Traiter un singe de nègre, voire de sale nègre n’aurait aucun sens, évidemment, Sarkozy le sait.

Imparable !

Mais voilà ! il y a un problème, un très gros problème !

Souvenons-nous de son discours de Dakar « L'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire », l’ancien président explique à Barthès que cette phrase était…était…impossible à comprendre par une grande majorité de gens, qu’il faudrait qu’il s’explique longuement pour qu’on puisse la comprendre, un jour peut-être il s’expliquera, mais pas ici, pas maintenant…

Mais non ! voyons, Nicolas ! tu avais une chance inouïe de faire comprendre, enfin, à cette majorité d’incapables que si l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire c’est à cause des singes ! les singes ont pris la place des hommes africains, c’est eux qui sont entrés dans l’histoire ! À l’insu du plein gré des humanistes et des antispécistes.

Le singe fait de l’ombre aux noirs, non, pardon, aux nègres. Le singe est sournois.

Élémentaire !

Pour comprendre le vrai sens de cette phrase injustement reprochée à Nicolas Sarkozy, il suffit donc de remplacer « « homme africain » par « singe » : « Le singe n'est pas assez entré dans l'Histoire ».

Tout devient clair, limpide : qui oserait contester que le singe ne soit pas assez entré dans l’histoire ?

Personne ! 

C’est une évidence.

Nietzsche avait-il tort en affirmant que « Les singes sont bien trop bons pour que l’homme puisse descendre d’eux » ?

Grâce à Sarkozy, il est maintenant possible d'en douter.

Une chose est certaine pour l'ancien président : c’est le singe qui descend du nègre.

L’Afrique a des singes, nous on a Sarkozy !

À tout prendre…

Bon, je vous laisse, je remonte dans mon arbre.

 

 

 

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